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 Une autre réalité [Lavi & Reiko]

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MessageSujet: Une autre réalité [Lavi & Reiko]   Lun 3 Sep - 20:39

Voilà un bon moment que Lavi, Bookman et Reiko avaient quitté Piateda. Les jours avaient défilé comme tous les nouveaux paysages inconnus que la jeune fille avait vus passer par les fenêtres des trains qu'ils avaient pris pour rallier la Congrégation. Elle avait même été presque consternée par certains horizons... hé bien, dénués d'horizon justement. À mesure qu'ils s'étaient enfoncés dans les terres du Nord, les montagnes s'étaient raréfiées, ne laissant plus que des tableaux dépouillés du moindre relief. Rei s'était un peu sentie mal à l'aise, après tout elle avait toujours eu l'habitude de voir de hauts sommets se dessiner sur le fond bleu du ciel. Tandis qu'à présent, ce n'étaient que champs à perte de vue, laissant le ciel bizarrement vide, de l'avis de la japonaise.

Au fur et à mesure que le voyage continuait, elle avait posé davantage de questions à Lavi et à Bookman, sur l'Ordre, les exorcistes, l'Innocence, les akumas... en bref, sur ce qui l'attendait une fois qu'ils seraient arrivés à destination. Reiko avait encore un peu de mal à comprendre l'ampleur de la situation et tous les liens qui existaient entre tous ces éléments, mais elle y voyait déjà un peu plus clair depuis cette fameuse soirée et les explications un peu écourtées du lendemain. Et quand bien même elle ne se sentait parfois pas très rassurée par son avenir proche, discuter un peu de tout ça avec le rouquin l'avait aidée non seulement à ne pas se focaliser sur son angoisse, mais aussi sur sa tristesse causée par la disparition de sa famille. Il fallait dire que le jeune homme savait parfois la faire sourire. Elle se demandait aussi si Piateda allait beaucoup lui manquer. Ce n'était pas vraiment le cas pour le moment, mais si cela devait arriver, Rei ne manquerait pas de se rappeler qu'il n'y avait plus rien là-bas pour elle.

Et enfin, au bout de quelques semaines, le petit groupe atteignit enfin la ville la plus proche de la Congrégation. Depuis l'Italie, ils n'avaient cessé de s'enfoncer dans le continent, vers le Nord. Oubliée la chaleur du soleil lombarde, bienvenue fraîcheur de... quoi ? La Pologne ? Oui, ce devait être dans ces eaux-là. Ou plus au Nord encore. Enfin peu importait, à vrai dire. En descendant du train, Reiko regarda tout autour d'elle. La gare ne se situait pas dans une ville important non, c'était même un simple petit village qui aurait pu ressembler à celui où la jeune infirmière avait grandi, si ce n'était que le climat, la langue, et bien d'autres choses encore, étaient tout à fait différents.

    « C'est noir... »


Simple commentaire qu'elle avait murmuré pour elle-même, en constatant les gros et lourds nuages qui s'entassaient au-dessus d'eux. Écoutant les bribes de paroles des passants qui parvenaient à ses oreilles, la jeune fille dit qu'il valait mieux qu'elle se mette rapidement à savoir parler l'anglais... aucune personne dans les environs ne devait connaître l'italien ou le japonais... à part ses deux compagnons. Par ailleurs, souhaitant connaître la suite des événements, elle se retourna vers eux et leur demanda.

    « Et maintenant ? Par où partons-nous ? »


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Lavi
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MessageSujet: Re: Une autre réalité [Lavi & Reiko]   Mar 4 Sep - 16:47

Les jours avaient défilé lentement depuis que Reiko, Lavi et Bookman avaient quitté Piateda. Il était fort possible que les deux bookmen ne remettent jamais les pieds dans ce village, sauf si un évènement important s'y déroulait. Mais c'était également aussi le cas de Reiko, il y avait peu de chance pour qu'elle y revienne un jour. A moins que la guerre ne se termine rapidement et bien entendu, qu'elle y survive. Ca, c'était une autre histoire.
Pendant leur trajet, Lavi avait tenté de répondre à toutes les questions de Reiko, évitant cependant d'être trop précis pour ne pas la noyer sous une masse de détails. Il aimait les précisions, les chiffres et toutes formes de détails mais jugeait que cela ne servait à rien d'en assommer l'italo-japonnaise. Pour la plupart des choses, elle s'en rendrait compte d'elle-même, en les vivant. Tout ce qu'il pouvait lui dire à propos des Akuma et des Noés était dit. Cependant, il y avait certaines choses qu'il préféra ne pas mentionner. Comme le lien d'Allen avec les Noés par exemple. Ils en savaient trop peu pour en parler aux premiers venus, surtout qu'il s'agissait d'un sujet sensible. De plus, Reiko ne connaissant pas Allen, cela lui ferait sans doute une belle jambe d'être mise au courant. Elle était là pour s'occuper des Akuma, le reste était de moindre importance.

Peu à peu le paysage changeait mais Lavi n'y prêtait aucune attention. Il avait l'habitude de voyager et avait vu tant de paysages différents qu'il y était presque devenu insensible. A force de voir des horizons dévastés et ruinés, il avait oublié que la surface de la Terre n'était pas en proie à une guerre permanente et qu'il existait encore des endroits épargnés par ces batailles. Pour une fois qu'il avait de la compagnie autre que celle de Bookman lors d'un voyage, le rouquin comptait bien en profiter et s'intéressait à Reiko. C'était aussi une façon de la mettre à l'aise et de lui faire oublier ses soucis qui, techniquement étaient maintenant loin derrière elle mais qui, au final, n'avaient pas quitté son cœur. Toujours jovial et curieux, le rouquin laissait rarement le temps à Reiko de se perdre dans ses pensées. Cela faisait partit du rôle qu'il jouait de se comporter ainsi et la jeune femme qui l'accompagnait n'en était pas épargnée. Mais même s'il semblait s'intéresser à elle, il essayait de ne plus trop s'attacher à qui que ce soit, trouvant déjà bien douloureux de savoir qu'il devrait un jour prochain se séparer de ceux à qui il tenait. Il ne désirait pas que la liste s'allonge de trop.

Pour une fois, Lavi ne passait pas tout son temps à dormir comme lorsqu'il accompagnait Bookman dans de longues journées de transport. Dès qu'il avait quelqu'un pour discuter, il ne se gênait pas, ne se rendant même pas compte que cela ennuyait parfois les autres. Et lorsqu'il s'en rendait compte, cela ne le dissuadait pas de continuer. Faire l'idiot était l'une des facettes qu'il arborait depuis qu'il avait rejoint la Congrégation et personne n'y échappait. Surtout pas ceux qui détestaient ça, comme Kanda par exemple. Ils pouvaient bien faire ce qu'ils voulaient après tout, ils avaient un compartiment qui leur était spécialement réservé. Aucun risque d'avoir de quelconques gêneurs ou d'oreilles trainantes, ils étaient isolés des autres passagers. Etre exorciste avait bien des avantages et Lavi ne manqua pas d'en faire la liste à la nouvelle recrue. Il était d'ailleurs soulagé qu'elle ait accepté de les suivre. Lavi ne lui avait pas dit mais chaque compatible était forcé de devenir exorciste une fois mis en présence de son Innocence. C'était comme ça. C'était injuste mais il y avait trop peu de compatibles pour laisser filer ceux qui l'étaient. De gré ou de force, ils étaient amenés à la Congrégation et ne perdrait leur statut d'exorcistes qu'à leur mort. Cela équivalait à un grand sacrifice et personne n'avait le choix. Si les compatibles refusaient, ils s'exposaient à devenir des déchus, les rejetés par l'Innocence. Et donc à mourir. C'était inéluctable.

Lavi se demandait d'ailleurs ce qu'il se passerait si Bookman et lui partaient du jour au lendemain sans que la guerre ne soit finie. RIsqueraient-ils leurs vies ? Ils étaient bookmen avant d'être exorcistes mais ils s'étaient avérés par chance compatibles... Un bien heureux hasard au final. L'issue leur était pourtant inconnue mais le rouquin doutait que ce soit si simple. Reiko avait accepté son destin sans rechigner mais si elle n'avait pas voulu, Lavi n'aurait pas insisté. Qui était-il pour obliger ainsi quelqu'un à accepter un futur imposé, à se priver d'une vie normale, tout ça pour soit disant sauver l'humanité ? Bookman avait certes prêté serment à la Congrégation le temps d'une guerre mais Lavi ne se sentait pas obligé d'agir pour eux ou en tout cas de faire leur sale boulot. Il comprenait parfaitement que quelqu'un refuse de se joindre à eux. Il fallait être fou pour accepter consciemment de participer à une guerre suicide. Fou ou seul. Reiko n'avait plus rien. Sans doute se sentait-elle utile en acceptant cette opportunité, quitte à risquer sa propre vie. Elle s'occupait déjà de celle des autres en temps normal, elle devait avoir l'habitude.

Le temps passait et ils arrivèrent bientôt à destination. Le village ne payait pas de mine mais c'était le plus proche doté d'une gare et il faisait très bien l'affaire. Une fois hors du train, Lavi s'étira longuement, pas mécontent de pouvoir marcher ailleurs que dans les allées du train. Il ne restait plus qu'à rejoindre le canal situé un peu plus loin, à l'autre bout du village. Sans l'aide des deux exorcistes, Reiko aurait sans doute eu un mal fou à trouver par où accéder au bâtiment. Celle-ci fit d'ailleurs un commentaire à propos du lieu. Ce fut murmuré mais Lavi qui se trouvait juste à côté l'entendit
.

« Ah ben ça va pas aller en s'arrangeant. En fait, la Congrégation d'l'Ombre porte plutôt bien son nom, tu verra ! C'pas très accueillant, ça fait même plutôt décor lugubre et abandonné mais c'est bien plus chaleureux à l'intérieur ! » affirma-t-il en souriant.

Reiko se demandait par où aller maintenant qu'ils étaient descendus du train, ce qui était bien naturel quand on voyait le peu d'activité qu'offrait le village où ils s'étaient arrêtés. Pas besoin de prendre une calèche, le point d'accès au canal n'était pas si loin que ça même si la route en barque prendrait encore un peu de temps. Il fallait dire que l'entrée était bien dissimulée et qu'à part les membres de l'Ordre, personne ne savait comment y accéder autrement que par l'escalade. Bookman descendit à son tour et ne s'attarda pas, commençant à marcher à travers le village
.

« On suit l'vieux Panda ! » fit-il en joignant le geste à la parole, les bras croisés derrière la nuque tandis qu'il marchait « Tiens, tu vois la montagne là bas ? Le pic qui pointe vers le ciel ? Ben la Congrégation est tout au sommet ! On pourrait avoir une jolie vue si seul'ment les nuages cachaient pas tout. » expliqua-t-il en pointant du doigt l'endroit en question « Mais n't'en fais pas, on ne va pas grimper ! »

De là où ils étaient, on ne voyait encore qu'une partie du pic sans voir le bâtiment. Il y avait eu quelques "courageux" qui s'étaient lancés à l'assaut de la montagne, l'escaladant pour atteindre la Congrégation, certains avec plus de succès que d'autres. Allen et Miranda notamment. Lavi était déçu de ne pas avoir pu assister à leur exploit, en mission au moment de leurs arrivées respectives.
Traversant le village, le groupe d'exorcistes rejoignit une sorte d'embarcadère où se trouvait une petite maison qui ressemblait plus à une cabane qu'autre chose. A voir le décor, nul doute qu'il s'agissait d'une cabane de pêcheur. Cannes et autres filets de pêche se trouvaient là, éparpillés ça et là. Trois barques étaient amarrées au ponton, remuant doucement au gré des flots. Lavi dépassa Bookman et s'avança pour frapper à la porte. La voix d'un vieil homme se fit entendre depuis l'autre côté de la porte
.

« Pour les promenades en barque, r'venez demain matin, on est fermés ! »
« Même pour les habitués ? »


La porte s'entrouvrit, laissant apparaitre un œil inquisiteur qui observa rapidement celui qui se tenait devant la porte. Elle ne tarda pas à s'ouvrir, dévoilant l'homme qui était chargé de fournir l'accès au canal aux membres de la Congrégation. Souriant, il salua les deux exorcistes qu'il connaissait depuis maintenant un moment et s'attarda un instant sur Reiko, visiblement nouvelle.

« En voilà un joli p'tit brin de fille. Nouvelle, j'présume ? Venez mademoiselle, montez la première, vous serez aux premières loges pour votre arrivée. »

L'homme sortit de son habitation et fit signe au petit groupe de le suivre, s'approchant d'une des barques pour aider Reiko à grimper dedans, rapidement suivie par les deux bookmen. Une fois tous installés dans l'embarcation, l'homme détacha la corde et les laissa remonter le canal, les saluant d'un signe de main. Lavi s'empara de la perche servant à diriger leur moyen de transport, restant debout pour mieux manœuvrer et commença à les faire avancer. D'ici quelques minutes, ils seraient à l'intérieur.

« On est bientôt arrivés. Ca fait une trotte pas vrai ? Ca a son charme mais bientôt on pourra voyager à travers les portails de l'Arche. Déplac'ment instantané ou presque ! On pourra intervenir plus rapid'ment, ce sera pratique. Dommage dans un sens, j'aimais bien ces petits voyages. Pas trop fatiguée Rei-chan ? »


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MessageSujet: Re: Une autre réalité [Lavi & Reiko]   Jeu 6 Sep - 20:13

Pour un premier voyage qui l'éloignait considérablement de ce qui avait été son foyer, Reiko ne l'avait pas trouvé très désagréable. Bien sûr, elle avait beaucoup pensé à ses parents et ruminé son chagrin, mais la nuit principalement. Le reste du temps, elle discutait presque tout le temps avec Lavi, et même lorsqu'elle ne lui posait pas de questions à propos de l'Ordre ou d'autres choses qui concernait la guerre ou les akumas, les deux jeunes gens continuaient de palabrer quasiment sans relâche. Le rouquin possédait un humour qui arrivait facilement à faire sourire la petite infirmière, même si au fond d'elle elle ne se sentait pas spécialement l'envie d'étirer la commissure de ses lèvres. D'un autre côté, elle savait bien qu'elle ne pouvait pas se focaliser éternellement sur la perte de ses proches. Quitter Piateda l'avait aidée à remettre les choses au point dans sa tête, toujours était-il qu'elle était encore endeuillée. Pourtant, lentement mais sûrement elle allait de l'avant. Se remémorant tout ce que le jeune homme lui avait appris sur les armes du Comte Millénaire, elle finit par assimiler le fait que, quoiqu'il ait pu arriver elle n'aurait rien pu faire pour sauver ses parents. C'était un peu dur à avaler, mais la vie continuait malgré tout.

Rei prenait toujours le temps de regarder et d'étudier les nouveaux paysages qui s'étalaient sous ses yeux à mesure qu'ils s'enfonçaient dans le continent, ayant pris la direction du Nord. Les montagnes s'étaient raréfiées et la jeune femme n'appréciait pas tellement ce manque de relief. Elle qui avait toujours vécu au pied de la montagne, le ciel lui paraissait terriblement vide. Les quelques fois où elle avait continué de soigner la plaie de Lavi qui était à présent presque guérie avaient constitué en un point de repère nécessaire pour elle : si elle avait quitté son environnement dans lequel elle avait toujours vécu, cet acte de soin lui permettait de lui rappeler qui elle était vraiment. Il y avait eu tant de changements dans sa vie ces derniers temps, que le simple fait de changer un pansement la rassurait et la faisait se sentir utile.

La jeune fille discutait plus largement avec Lavi qu'avec Bookman. Le vieil homme était quelqu'un d'assez taciturne et distant, tout le contraire du rouquin qui, même quand Reiko ne l'embêtait pas avec une nouvelle question intempestive, ne la lâchait pratiquement jamais. Cela ne la dérangeait pas plus que cela, au contraire il lui permettait même de penser à autre chose qu'à tout ce qui avait chamboulé sa vie jusque là. Et puis les idioties du borgne auquel elle portait un intérêt grandissant lui permettaient de rire et de ce fait de se sentir le cœur un peu plus léger que si elle avait pleuré. Rei n'était pas une personne qui s'enfonçait facilement dans la dépression ; à la base, c'était une personne qui aimait beaucoup sourire et qui essayait de ne pas regretter ses actes et ses choix. Elle était compatible avec l'Innocence, ne possédait plus de famille et possédait désormais un nom sur l'assassin indirect de sa mère. Au final, la décision s'était plus imposée à elle qu'elle ne l'avait choisi. Mais elle ne le regrettait pas, et pour le moment c'était tout ce qui comptait.

Le voyage en train se termina finalement dans une petite gare de village. Ça n'avait pas été très contraignant de l'avis de Reiko mais elle apprécia tout de même le fait de fouler à nouveau la terre et d'étirer ses muscles un peu raidis par l'inaction. Levant d'ailleurs les yeux vers le ciel, elle ne put s'empêcher de faire une remarque sur sa noirceur, comme si un couvercle les séparait de la clarté du soleil. Et à entendre Lavi qui avait intercepté ses murmures, l'astre du jour ne risquait pas de pointer le bout de ses rayons chaleureux.

    « Contradictoire jusqu'au bout, pas vrai ? » fit-elle avec un sourire.


Après tout, Dieu à la lumière et le Diable aux ténèbres... un tel inversement était vraiment étonnant. Reiko s'imaginait maintenant une grande bâtisse entièrement noire... elle n'était pas très loin de la vérité. Quand elle leur demanda de quel côté il leur fallait partir, le rouquin lui indiqua simplement de suivre Bookman qui n'avait pas perdu de temps avant de se mettre en route, avant de lui donner quelques précisions quant à la localisation de la Congrégation, qui se trouvait au sommet d'une montagne. Du relief ! Rei se sentit presque soulagée à la mention de la présence d'un tel massif à proximité, ainsi qu'à sa vue quand le jeune homme pointa le doigt vers lui. Le sommet étaient en effet invisible à cause des lourds nuages.

    « Grimper ne me gênerait pas, remarque ! Mais comment on va monter là-haut alors ? La montagne est creuse ? »


La traversée du village ne prit guère beaucoup de temps. Ils s'arrêtèrent en revanche au niveau d'un quai au bord d'un canal auprès duquel s'élevait une sorte de petite cabane ; à priori celle que pourrait occuper un pêcheur, à voir tout le matériel qui encombrait un tant soit peu le passage. Lavi toqua à la porte de la bâtisse, et si Rei avait d'abord cru qu'elle était vide, la voix qui s'en éleva la détrompa bien vite. Le rouquin et la voix échangèrent quelques propos qui aux oreilles de la petite infirmière sembla sonner comme une sorte de code. Et en effet, quand l'homme sortit pour regarder ses interlocuteurs, elle eut la nette impression qu'il n'était pas un simple pêcheur et qu'il connaissait les deux exorcistes. Il salua également la jeune femme, accompagnant ses propos d'un compliment auquel Reiko répondit par des remerciements bredouillés. Elle fut la première à monter dans la barque à laquelle l'homme les mena tous les trois, s'asseyant à la proue. Bookman s'installa au milieu tandis que Lavi empoignait la perche qui servait à les diriger et que l'homme de la cabane les saluait tous d'un signe avant de rentrer dans la petite bâtisse.

    « Les portails peuvent s'ouvrir n'importe où ? Comme tu dis ça doit être pratique. Ça va, t'en fais pas pour moi, dit-elle avec un sourire, je suis juste curieuse de connaître la suite des événements. »


Ainsi que la manière dont elle allait être accueillie. La fatigue se ferai ressentir plus tard. Pour l'instant, elle sentait que l'appréhension la regagnait de nouveau. Elle serra sa main sur le bord de l'embarcation, rivant ses yeux sur le fond du canal éclairé par des lanternes largement espacées.

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Lavi
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MessageSujet: Re: Une autre réalité [Lavi & Reiko]   Dim 9 Sep - 12:42

Depuis qu'il était "Lavi", l'apprenti bookman était devenu des plus bavards. Chose paradoxale lorsque l'on savait que ses 48 autres lui précédents ne parlaient en général pas beaucoup ou en tout cas, n'ouvraient la bouche que pour dire les choses essentielles. Jamais il ne se perdait en bavardage inutile, d'autant plus si cela concernait une tierce personne. Les gens n'étaient rien pour lui mais cette vérité fut modifiée au fil du temps qu'il passait à la Congrégation. Si au départ il faisait semblant afin d'être bien intégré et que personne ne se méfie de lui, il devait avouer qu'il prenait maintenant plaisir à être devenu ce qu'il se contentait auparavant de jouer. Bien sûr, c'était une erreur et il le savait. Mais ce n'était pas pour autant qu'il avait envie de faire marche arrière. Tant que Bookman n'était pas au courant, il n'avait pas à modifier son comportement. Si cela passait pour de la comédie à ses yeux, à quoi bon se priver ?

Reiko n'était au départ pas vraiment des plus bavardes mais son attitude s'améliora au fil du temps passé dans les transports. Elle avait pas mal de questions auxquelles Lavi s'efforçait de répondre mais même si elle souriait, le rouquin se doutait bien qu'elle appréhendait un peu la suite. Qui ne l'aurait pas fait ? Quitter sa ville de toujours pour foncer vers l'inconnu, promise à une mort certaine dans un univers qu'elle connaissait à peine. Drôle de perspective... Pourtant elle n'avait que peu hésité à prendre cette voie, ce qui forçait le respect de l'apprenti Bookman. Certes, elle n'avait plus rien qui la retenait mais elle aurait pu profiter de cette opportunité pour faire sa vie ailleurs. C'était son choix et il ne comptait pas lui dire de faire marche arrière. Avoir des alliés était toujours une bonne chose et plus ils seraient nombreux, plus ils auraient de chances de remporter cette guerre millénaire.

Arrivés au petit village jouxtant le mont qui hébergeait la Congrégation, les bookmen et l'italiano-japonaise se mirent en route pour enfin mettre un terme à leur long voyage. Lavi n'était pas mécontent d'enfin rentrer. Depuis son plus jeune âge il passait son temps sur les routes sans jamais retourner au même endroit. Pourtant, maintenant qu'il avait la Congrégation, il avait un endroit où revenir, un endroit où on l'attendait. Et juste ça lui donnait envie de rentrer en vie afin de retrouver ses amis et pas juste pour pouvoir poursuivre son rêve. Que se passait-il d'ailleurs là-bas ? Komui était sans doute en train de roupiller sur son bureau ou d'inventer une nouvelle catastrophe qui animerait la vie monotone des exorcistes. Kanda et Allen étaient-ils eux aussi rentrés de mission ? Si c'était le cas, l'anglais devait déjà se trouver à la cantine en train de dévaliser les stocks de nourriture pendant que le japonais méditait sûrement dans son coin... La routine quoi. Depuis que Lenalee avait perdu la synchronisation avec son Innocence, elle ne quittait plus le QG, s'occupant de diverses tâches administratives. Elle devait sans doute s'ennuyer et se sentir mal d'avoir ainsi perdu son statut, même temporairement. Lavi espérait qu'il la verrait, comptant bien aller lui remonter le moral ou lui faire penser à autre chose. Mais cela attendrait. Pour le moment, il devait mener Reiko à bon port et s'occuper de son intégration.

Lavi hocha la tête à la remarque de Reiko, un sourire amusé sur les lèvres. Elle n'avait pas tort sur ce point. Ils étaient censés être les "élus" de Dieu, représenter le bien, la lumière... Et pourtant, chez eux tout était sombre, même leurs tenues. Plutôt paradoxal lorsqu'on y repensait. Mais il fallait dire que leur travail ne consistait pas à planter des fleurs sur les chemins ou à prêcher la bonne parole dans les petits villages reculés. Non, c'était la guerre, c'était sale, c'était dangereux, c'était sombre et froid. Ils étaient donc à l'image de tout cela et Lavi s'efforçait donc d'ajouter un peu de couleurs à tout ça
.

« Jusqu'au bout ! Et t'es d'ailleurs pas au bout d'tes surprises ! » affirma t-il d'un air amusé

Elle ne devait pas se douter un seul instant de ce qui l'attendait une fois là-bas. Tout cela était encore très nouveau pour elle malgré les longues discussions qu'ils avaient eu pendant leur voyage. Mais mieux que des paroles, il y avait l'action. Elle le verrait bien assez tôt par elle-même. Ils étaient presque arrivés après tout, il ne leur restait plus qu'à emprunter le canal. Reiko se demandait comment rejoindre la Congrégation s'ils n'avaient pas besoin de grimper. Seuls les membres de l'Ordre étaient au courant et puisqu'elle allait en devenir une, elle avait droit d'être au courant. De toute façon, elle n'allait pas tarder à le voir de ses propres yeux
.

« Sans rire ? C'est une sacrée escalade pourtant ! Peu s'y sont risqués, c'est super dang'reux ! Mais comme tu viens d'la montagne, ça doit pas t'faire peur j'imagine. En tout cas, on passe par autre part, tu vas voir ! Et oui, la montagne est creuse. En fait, toute la montagne est la Congrégation, de son pied jusqu'à son sommet. C'est plutôt grand comme tu peux l'constater ! »

Ils arrivèrent à une petite cabane située juste à côté du canal. Après une courte discussion avec le gardien, ils purent embarquer dans une des barques et commencer à remonter doucement le canal. Lavi dirigeait l'embarcation tandis que Bookman et Reiko avaient pris place devant. C'était un moyen simple d'accéder à la Congrégation bien qu'un peu lent. Mais bientôt, ils auraient l'Arche qui faciliterait leurs déplacements... lorsque les scientifiques auront percé ses secrets. Depuis le temps qu'ils travaillaient dessus, ce n'était sans doute plus qu'une question de temps. Reiko le questionna d'ailleurs à ce sujet.

« Non, faut les créer auparavant, les portails. En fait jusqu'à présent, y a qu'une personne en mesure de le faire. Mais disons qu'on pourra avoir un point d'attache dans chaque pays, ce sera déjà pas mal ! Et en c'qui concerne la suite... on arrive bientôt ! » répondit-il avec le sourire

Effectivement, le trajet n'était pas bien long et ils étaient déjà à l'intérieur de la montagne, se retrouvant dans une demie pénombre. Ils avançaient dans un long tunnel qui débouchait sur un petit ponton de briques un peu plus loin. Au dessus d'eux flottaient discrétement des golems de surveillance, ne bronchant pas à leur passage. Lavi perdit son sourire l'espace d'un instant. Cette entrée via le canal lui rappelait sans cesse sa propre arrivée ici. Pour lui, tout avait changé depuis ce jour. En serait-il de même pour Reiko ? Se reprenant, Lavi pointa du doigt le ponton dès qu'il fut en vue
.

« Nous y voilà ! »

Il stoppa la barque à côté du ponton et attendit que ceux qui étaient avec lui descendent avant de faire de même. Un escalier menait à l'ascenseur un peu plus loin et il y entraina Reiko, l'invitant à le suivre. Une fois à l'intérieur, ils atteignirent rapidement les étages supérieurs, stoppant à l'étage principal, là où se trouvaient la cantine et autres salles de repos. Pour le reste, il faudrait attendre les autres étages via les escaliers. Peut-être que Reiko avait envie de manger avant de faire quoique ce soit d'autre. A moins qu'elle ne préfère directement rencontrer le grand intendant pour savoir à quoi s'en tenir désormais ? C'était à elle de décider.

« Bienvenue chez toi ! » lança t-il en souriant, étendant les bras pour présenter l'ensemble de la zone « Tu veux faire une halte à la cantine pour manger un morceau ? Jerry notre chef cuistot sait préparer tous les plats ! Peut-être qu'Allen y sera d'ailleurs, en train de vider les stocks... Ou sinon on peut aller voir le grand intendant pour l'informer d'ton arrivée ! Il s'attend à ce qu'on lui rapporte une Innocence.. et pas une jolie exorciste, ça va le surprendre ! C'est comme tu préfères. »

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MessageSujet: Re: Une autre réalité [Lavi & Reiko]   Lun 10 Sep - 21:14

Si au départ Reiko s'était montrée assez taciturne et discrète, elle était redevenue peu à peu elle-même lors du voyage avec Lavi et Bookman, tandis qu'elle quittait pour de bon son village. Le fait qu'elle ne connaisse pas encore bien les deux personnes y était bien sûr pour quelque chose, ainsi que le choc et la vitesse à laquelle tous les événements s'étaient succédé, mais la petite infirmière avait reprit contenance le plus vite et du mieux possible, faisant bonne figure auprès des deux Bookmen, l'humour de Lavi l'aidant de même. Malgré tout ce qui s'était passé, la vie continuait, et même si c'était dur il ne fallait pas se laisser abattre.

La jeune femme avait fini d'intégrer les informations données par Lavi qui avait répondu au mieux à ses questions, et de faire les liens nécessaires entre toutes ces connaissances. Elle comprenait donc l'ampleur du conflit qu'elle venait de rejoindre et surtout qu'il s'agissait d'une guerre dont l'issue était totalement incertaine. Pourtant cela ne tourmentait pas tant que cela la jeune femme. Du moment qu'elle pouvait être utile, tout irait. Tant qu'elle serait en mesure de pouvoir sauver des vies, elle le ferait sans broncher. Sa propre vie à elle était secondaire. Il n'y avait personne pour l'attendre, pour se soucier d'elle à présent. Rien ne la rattachait plus à personne, aussi pouvait-elle prendre son futur avec désinvolture. Elle avait sa vocation, et c'était tout ce qui comptait. Si elle pouvait sauver d'autres vies encore avec son Innocence, alors tant mieux.

Le voyage en train se termina dans un village situé non loin d'une haute montagne. Rei fut soulagée de voir de nouveau du relief, alors que les paysages qu'ils avaient traversés s'étaient révélés désespérément plats. Et Lavi se montra bien d'accord avec les propos de la jeune femme, qui soulignait une fois de plus l'omniprésence du noir dans le camp des exorcistes, soldats de Dieu. Décidément, entre la réalité et les stéréotypes, il y avait un sacré fossé. Et l'italo-japonaise croyait volontiers le rouquin quand il lui affirma qu'elle n'avait pas encore tout vu. Quand l'apprenti Bookman lui apprit que la Congrégation se situait au sommet mais qu'un passage existait sous la montagne, elle lui avoua que l'escalade ne l'aurait pas dérangée plus que ça.

    « Je t'assure. Mais tu as raison, j'ai déjà escaladé de nombreuses fois les montagnes, alors non je crains pas les hauteurs. Vraiment, toute la montagne ? C'est gigantesque... »


L'accès à la montagne se fit donc par le canal. Assise à la poupe, Rei continuait de parler avec Lavi qui maniait la barque avec une perche tel un gondolier de Venezia. Il ne manquait plus qu'il se mette à chanter... Rei réprima un sourire à cette drôle de pensée et se tourna vers le tunnel illuminé par quelques lampes à intervalles réguliers. La discussion dériva sur l'Arche qui allait par la suite se révéler être un moyen bien pratique pour voyager. La petite infirmière demanda quelques précisions sur cet élément majeur de la guerre, que Lavi lui donna bien vite. Il indiqua également bientôt un quai de briques qui commençait à se dessiner dans la semi-obscurité du tunnel, le désignant comme point d'arrivée. Quelques minutes et manœuvres plus tard, tous les trois se retrouvèrent sur le ponton avant de gravir un escalier qui les mena à un ascenseur, le tout sous la surveillance de golems noirs pareils à celui de Lavi. L'atmosphère était un peu étrange, le cœur de Reiko se mit à battre un peu plus vite. Qu'est-ce qui l'attendait là-haut, se demandait-elle alors que l'ascenseur les propulsait vers le sommet de la montagne.

Lavi lui souhaita la bienvenue au sortir de l'appareil. L'italo-japonaise regarda autour d'elle, afin de prendre ses repères. Quelques personne encapuchonnées avaient l'air de monter la garde, postées à plusieurs endroits de la pièce et dans le couloir. Son angoisse refit de nouveau surface, mais elle fit de son mieux pour tenter de la battre et s'adressa avec un sourire au rouquin en face d'elle, essayant de parler avec assurance. Hors de question que sa voix se mette à trembler.

    « J'ai pas très faim, ça peut attendre je crois. Et puis... » Reiko se stoppa. Comment expliquer au rouquin qu'elle préférait attendre aussi avant de rencontrer d'autres personnes de la Congrégation ? Aussi choisit-elle la deuxième option que lui proposait Lavi. « Je pense que c'est mieux de voir le grand Intendant tout de suite, enfin s'il n'est pas occupé bien sûr. Et puis comme ça ce sera fait, haha ! »


Tenta-t-elle de terminer sur une note joyeuse, mais son malaise se fit vite percevoir dans la manière dont sa voix trembla. Oh, c'était léger, mais quand même. Reiko redevint sérieuse et se contrôla du mieux possible. Ce n'était pas maintenant qu'il fallait flancher !

    « Désolée, je ne sais pas trop ce qui me prend... »
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Lavi
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MessageSujet: Re: Une autre réalité [Lavi & Reiko]   Mer 12 Sep - 16:30

Il était difficile de faire semblant. Très difficile. Lavi en savait quelque chose. Le quotidien de Reiko n'était sans doute pas émaillé de drames jusqu'à présent. Vu l'endroit où elle vivait, les jours devaient défiler calmement sans qu'aucun problème ne survienne pour ruiner la vie de quiconque. Manque de chance, une Innocence avait choisi la montagne d'à côté pour s'y dissimuler, attendant son compatible... qui n'était justement pas si loin que ça. Même si les Akuma semblaient avoir épargné le village jusqu'à présent, Lavi se rendit bientôt compte que ce n'était pas le cas. Lorsqu'il avait rencontré Reiko, c'était justement pour la protéger d'un Akuma bien qu'au final elle ne se débrouillait pas si mal toute seule. Sans l'oeil d'Allen, il était difficile de démasquer ces horreurs à apparence humaine. Toutefois, Lavi n'enviait pas cette malédiction qui avait été imposé au jeune anglais, vraiment pas. Toujours était-il qu'en une seule soirée, le destin de la jeune italino-japonaise avait changé du tout au tout. C'était le genre de choses que l'on ne choisissait pas. Néanmoins, on pouvait toujours choisir la suite lorsque l'on avait plus rien à perdre.

Et Reiko avait choisi la voie proposée par le rouquin : devenir une exorciste. C'était le choix le plus logique puisqu'elle était compatible mais au final, bien peu d'entre eux l'acceptaient si bien. En fait, c'était plus de la résignation qu'autre chose, parce qu'au fond elle n'avait plus rien d'autre. Peut-être que cela lui permettra de venger la mort de ses parents et de passer à autre chose, mais l'apprenti bookman en doutait fortement. Pour le moment, elle semblait assez bien le vivre, répondant à ses blagues, souriant et riant même parfois. Mais Lavi sentait bien qu'elle se forçait. Pas pour lui bien sûr, mais pour elle-même, pour ne pas sombrer dans un gouffre sans fond où les seules réponses qu'elle aurait eu auraient été qu'elle n'avait plus aucune raison de vivre. Elle était jeune, talentueuse, jolie, elle avait tout l'avenir devant elle. Enfin, tout l'avenir que permettait une vie d'exorciste...

Elle semblait sûre d'elle dans ce choix mais pour le reste, il était évident qu'elle se forçait de faire bonne figure. Difficile d'oublier tout ce qu'il s'était passé quelques semaines auparavant, il faudrait plus de temps que tout ça... si jamais cela guérissait. Lavi faisait de son mieux pour lui changer les idées afin qu'elle l'accepte mieux mais surtout pour qu'elle regarde vers le futur et non vers le passé. L'apprenti archiviste quant à lui, ne pouvait regarder que le passé, au mieux le présent. Le futur était déjà tout tracé d'un certain côté même s'il restait une part d'inconnu qui ne se dévoilerait qu'au fil du temps. Et faire semblant, c'était ce qu'il avait toujours fait jusqu'à présent. Il pouvait donc comprendre que Reiko fasse de même. Sauf qu'elle n'avait pas son expérience et que cela se voyait comme le nez au milieu de la figure qu'elle était encore perturbée par tout ça. A force de jouer la comédie, le rouquin s'était imprégné de son rôle et avait développé une profonde amitié pour certains exorcistes. Ses premiers amis et sûrement ses derniers. Il ne fallait pas qu'il s'attache, il le savait mais c'était trop tard. Alors, tant qu'à faire, autant éviter de trop se lier à d'autres personnes afin de rendre moins difficile le jour de son départ.

Mais il n'était pour le moment pas question de partir. C'était même plutôt une arrivée, celle de Reiko. Voilà qu'elle débarquait dans un univers inconnu, bien que Lavi avait pris le soin de lui expliquer un maximum de choses pour qu'elle ne soit pas trop perdue une fois arrivée à destination. C'était long et compliqué, ainsi, il s'efforçait à répondre à toutes ses questions, ne manquant pas d'y ajouter un ton léger malgré le sérieux de la situation. Cela ne servait à rien de noircir le tableau à part faire regretter sa venue à la jeune femme. Ce n'était pas pour autant qu'il détournait la vérité ou qu'il diminuait les dangers auxquels devaient faire face les exorcistes, mais il était inutile de ne pointer du doigt que les mauvais côtés. Tout n'était pas si noir. Même si l'édifice en question et tout ce qui se rapportait aux exorcistes était aussi noir que le charbon. Un paradoxe que Reiko n'avait pas manqué de remarquer. Soldats de Dieu oui, mais à leur façon. Ce qu'ils faisaient n'avait rien de pur, c'était une guerre sans pitié.

Le voyage touchait à sa fin, les rapprochant de minutes en minutes du quartier général semblant si inaccessible à première vue. Peu de personnes se risquaient à grimper la montagne mais il y avait bien eu quelques courageux. Ces dit courageux n'avaient surtout pas été mis au courant qu'il existait une entrée autre que celle qui se situait au sommet de la montagne. Reiko n'avait pas l'air effrayé ou découragée à la perspective de monter. Elle semblait même presque déçue de ne pas avoir à le faire. Visiblement, l'escalade et les montagnes, c'était son truc. Pas étonnant lorsque l'on savait où elle habitait précédemment
.

« Toute. Du canal jusqu'au sommet, c'est une tour. Elle dépasse du sommet sur 5 étages supplémentaires. Du coup ça donne l'impression d'une petite tour mais il n'en est rien. Faut dire qu'Hevlaska prend d'la place ! » répondit-il en riant

Lavi se souvenait la première fois qu'il avait vu cette exorciste bien particulière. C'était on ne peut plus surprenant mais au fil du temps, lorsqu'on était bookman, on ne s'étonnait plus de rien. Le rouquin était devenu blasé et il n'y avait plus grand chose qui le faisait réagir. Quant à l'émerveillement, il avait fait une croix dessus depuis longtemps. Sans doute Reiko allait-elle lui poser des questions à propos de cette Hevlaska mais il ne voulait pas trop en dire. Mieux valait conserver la surprise intacte !

Maintenant qu'ils étaient à bord de l'embarcation, Lavi se chargea de les mener à bon port. Le trajet n'était pas très long même si l'archiviste prenait son temps. Il était pressé de rentrer mais il ne voulait pas pour autant bâcler l'arrivée de la jeune femme. Il lui fallait le temps de s'imprégner des lieux, de découvrir ce qui l'attendait. Levant la tête vers les golems qui voletaient au dessus de leurs têtes, Lavi fit un signe de la main accompagné d'un grand sourire. Il savait très bien qu'ils étaient observés et préférait leur assurer que tout allait bien, qu'il n'y avait pas besoin de rameuter toute l'infirmerie dès qu'ils auraient posé le pied à terre. De toute façon, ils avaient déjà une infirmière avec eux et grâce à elle, la blessure de Lavi était guérie. Il conservait encore une légère marque qui finirait bien par disparaitre avec le temps. Ce n'était pas comme si il n'était pas habitué à prendre des coups. Même en temps normal, lorsqu'il se cantonnait à son rôle de bookman et ne prenait pas part aux conflits, il n'était pas en sécurité pour autant. Plus jeune, il avait bien faillit se faire tuer à cause d'une balle perdue. Les risques du métier comme on dit.

Pour le moment, à l'intérieur de la tour, ils étaient en sécurité. Plus question de se battre ou de voyager, c'était le moment de faire une pause bien méritée. Après avoir pris l'ascenseur qui les avait mené au bon étage, il ne restait plus qu'au petit groupe à se décider où aller en premier. Toutefois, la première chose que fit Lavi fut de déclarer que la Congrégation était désormais la nouvelle maison de Reiko. C'était à présent son foyer, l'endroit où elle pourrait retourner quoiqu'il arrive, son point de repère, son refuge. Chez soi. Quelle blague. Pour la jeune femme c'était peut-être vrai mais pour lui ce n'était pas le cas. Jamais il n'aurait d'endroit où il pourrait revenir, jamais il n'aurait de chez lui. C'était comme ça et il en avait parfaitement conscience. Les deux ans qu'il avait déjà passé à la Congrégation ne faisait pas exception à la règle. Ce n'était qu'un chez lui temporaire, le temps de terminer cette guerre. C'était juste un peu plus long que les autres enregistrements qu'il avait eu à faire jusqu'à présent.

Reiko pesa rapidement le pour et le contre des propositions et affirma ne pas avoir faim, optant plutôt pour aller voir le Grand Intendant comme si c'était la corvée du siècle. Sans doute était-elle intimidée par ce nouveau lieu, le temps qu'elle prenne ses repères. Cela allait vite s'arranger lorsqu'elle rencontrerait d'autres exorcistes ou membres du personnel. Elle était en tout cas clairement mal à l'aise. Même si elle le cachait au mieux, sa voix finit par la trahir. Elle s'excusa d'ailleurs de son comportement, ce qui surprit le rouquin
.

« J'ai une meilleure idée en fait. On va aller t'installer en premier, qu'tu vois ta chambre et qu'tu puisses avoir ton p'tit coin à toi tout de suite ! Komui peut bien attendre encore un peu, il doit être en train de ronfler de toute façon. » répliqua t-il avec un sourire qui se voulait rassurant
« Dans ce cas, je te laisse te charger de tout ça, Lavi. Je serai à la salle des archives si jamais tu me cherches. N'oublie pas de faire un tour à l'infirmerie. »
« Oui oui, on ira, comme ça Reiko pourra voir des gens d'son métier ! »


Ce n'était bien sûr pas pour cela que Bookman parlait de l'infirmerie au rouquin mais ce dernier n'avait pas spécialement envie de dire à l'infirmière en chef qu'il avait été blessé pendant la récupération de l'Innocence. Celle-ci voudra sans doute vérifier l'état de sa blessure et le garder au moins pour le soir au cas où... alors qu'il n'avait plus rien ! Elle était définitivement trop zélée et inquiète pour ses patients...

**Pourvu que Reiko ne devienne pas comme ça...**

Bookman ne fit aucun commentaire, s'inclina devant Reiko et lui réitérant la bienvenue puis partit de son côté. Lavi fit signe à Reiko de le suivre puis se dirigea vers les escaliers qui menaient aux chambres. Autant que possible, il lui portait ses bagages tant qu'elle ne désirait pas les récupérer. Une fois au bon étage, il jeta un oeil aux numéros des chambres, sachant pertinemment lesquelles étaient occupées ou non. Puisqu'il passait devant sa propre chambre, Lavi en profita pour s'arrêter histoire de se mettre davantage à l'aise et de ne plus avoir à trainer son uniforme partout. Il posa le sac de Reiko devant la porte puis posa la main sur la poignée avant de se tourner vers elle.

« J'vais juste poser ma veste dans ma chambre, j'en ai pour une seconde ! » prévint-il avant de pousser la porte

Le rouquin préférait ne pas faire visiter sa chambre à la jeune femme. Déjà parce que comme toutes les chambres elle était petite et qu'il la partageait avec Bookman mais aussi et surtout à cause du bazard monstre qui y règnait. Ca et là, des montagnes de livres et autres journaux étaient empilés, tapissant presque intégralement le sol. C'était à se demander comment on pouvait vivre là dedans même juste pour y dormir. Malgré tout, puisqu'il avait laissé la porte ouverte, la jeune femme pouvait voir l'intérieur. Retirant sa veste, Lavi la jeta sur son lit puis fit volte face et retourna dans le couloir. Fermant la porte, il récupéra le bagage après avoir adresé un sourire à Reiko.

Ils continuèrent leur chemin et ne stoppèrent que devant la porte d'une chambre inoccupée. Le rouquin ouvrit la porte, dévoilant une grande pièce simplement meublée d'un lit, d'un bureau et d'une chaise. Le mobilier n'était clairement pas très élaboré mais après tout, personne n'y vivait encore. Maintenant c'était à Reiko de décider comment l'agencer selon son goût. Lavi déposa le sac au pied du lit et se tourna vers la jeune femme
.

« Voilà, c'est ta chambre ! Ca paye pas de mine et c'est un peu vide mais on va vite remplir tout ça. Tu n'auras qu'à dire de quoi tu aura besoin, on te le fera apporter. Genre une armoire, une commode, de la décoration, ce genre de choses. T'avais pas l'air bien, mais après tout c'chemin c'est pas étonnant ! Avec le décalage tu dois être fatiguée. S'tu veux, je te laisse te reposer un peu et on reprend la visite plus tard. Ou même demain. La journée est assez avancée je crois ici. L'grand intendant peut attendre, il va pas s'envoler ! »

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MessageSujet: Re: Une autre réalité [Lavi & Reiko]   Sam 15 Sep - 22:15

Il est des blessures que seul le temps peut guérir, ou même qui ne se referment jamais. Et Rei le savait très bien, pour l'avoir déjà expérimenté. Une seule fois, bien sûr, mais cela était amplement suffisant pour rester inoubliable. Après la disparition de son père, elle avait été simplement inconsolable. Et bien que le temps ait passé, les souvenirs qui lui restent de son géniteur lui serrent toujours autant le cœur, comme s'il n'avait rejoint les cieux que la veille. Maintenant, il fallait rajouter à cette douleur celle causée par la perte de sa mère. Oh, bien sûr, le temps aidant, elle finirait par s'y faire, c'était après tout l'ordre des choses que de voir ceux qui vous ont mis au monde disparaître de la surface de la Terre. Mais pas comme ça. Pas si tôt, pas de cette manière. Il lui resterait sans doute un pesant sentiment de culpabilité et d'impuissance pendant longtemps. Reiko en était persuadée, bien qu'elle ne pensait guère à tout cela durant le voyage. À vrai dire, Lavi ne lui en laissait guère le loisir. Il réussissait quelques fois à la faire rire, aussi pour ne pas non plus indisposer ses compagnons de voyage faisait-elle de son mieux pour sourire.

Rei savait qu'elle venait d'entrer dans un monde tout à fait différent de celui qu'elle connaissait. C'était une toute autre réalité, qu'elle n'aurait jamais pensé à soupçonner auparavant. Comment aurait-elle pu de toute façon ? Le monde recelait de milliers de secrets... du jour au lendemain elle était donc devenue une exorciste. Rei ne savait finalement pas grand chose de ce qui l'attendait. Le seul fait de savoir qu'elle avait le pouvoir de sauver des vies grâce à l'Innocence l'avait poussée à choisir cette voie. Que lui restait-il d'autre sinon ? Rien du tout, sinon l'horrible sentiment de n'avoir plus personne pour qui compter, sur qui compter. Maintenant que ce qu'elle redoutait le plus était finalement arrivé, elle était complètement perdue. Rei n'avait pas spécialement peur de la mort, mais à présent que la dernière personne qui lui était réellement chère avait disparue, la perspective de la solitude la terrifiait. Alors, même si participer à cette guerre relevait du suicide, même si elle ne devait pas tarder à disparaître à son tour, au final, ce n'était pas grave. Personne n'en souffrirait ni s'en soucierait. Et elle mourrait utile, au moins. Si elle n'avait pas pu sauver ses parents, elle donnerait tout pour venir en aide à d'autres.

Voilà dans quel état d'esprit était la jeune infirmière. Elle ignorait du mieux possible la douleur que provoquaient de telles pensées en elle, car elle savait qu'elle n'avait pas tellement le choix ; soit elle devait se rendre à l'évidence et accepter sa solitude, soit elle se laisserait à se bercer d'illusions, et la souffrance n'en serait que plus vive quand la réalité la frapperait en plein visage. Autant s'épargner tout de suite cela. Dès lors elle ferait tout ce qui serait en son pouvoir pour sauver des gens et se rendre utile. Rien d'autre ne devait plus compter. Bien que Lavi lui ait affirmé qu'elle ne serait plus toute seule, Rei n'en était pas si sûre. Enfin, pour le moment elle s'en tenait à ce qu'elle avait décidé. Peut-être que tout cela évoluerait, ou peut-être pas. Qui vivrait verrait, n'est-ce pas ?

Pour le moment en tout cas, ce qu'elle voyait était une montagne noire au sommet invisible sur lequel s'élevait la Congrégation. Et à en croire le rouquin, la quartier général des exorcistes ne comprenait pas que ce bâtiment, mais également tout le reste de la montagne, qui en soit était une tour. Ça faisait une sacrée place. Et apparemment, c'était nécessaire, à cause d'une certaine Hevu... Hevla... le nom échappa un peu à Reiko. Elle ne put pas non plus poser de question quant à cette personne – si c'en était bien une – car l'heure était venue de monter à bord de la barque qui allait mener les trois exorcistes au sein de la montagne via le canal. Aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur, tout était sombre. Il n'y avait que suffisamment de lumière pour éclairer leur chemin sur l'eau, jusqu'à arriver au ponton de briques qui conduisait directement à un escalier. Quelques minutes plus tard, après avoir pris l'ascenseur, ils finirent par arriver tous les trois à ce qui semblait être l'étage principal de la Congrégation. Reiko jeta un regard circulaire, avant d'entendre Lavi lui souhaiter la bienvenue dans ce qui allait dès maintenant être sa maison. Une maison... un endroit où revenir, en sécurité, un point de repère capital... peut-être que cela le deviendrait réellement, plus tard. Pour l'instant, cela n'en portait que le nom.

Que faire à présent ? Le rouquin lui proposa deux options qui n'emballèrent pas spécialement la jeune femme. Elle appréhendait de rencontrer les autres personnes de la Congrégation, sans trop savoir pourquoi à vrai dire. Elle choisit l'une des propositions de Lavi, à savoir aller voir directement le Grand Intendant, par défaut car cela non plus ne l'enchantait pas tant. Elle était vraiment mal à l'aise, tellement même que cela finit par se faire entendre, sa voix s'étant mise à trembler, et qu'elle s'excusa. C'en était ridicule après tout, d'éprouver un tel malaise. Personne n'allait la manger. Le rouquin proposa alors une troisième alternative, épargnant ainsi Reiko de devoir rencontrer si tôt des membres de la Congrégation, à savoir la conduire à sa nouvelle chambre. Tant que cela pouvait lui laisser encore un moment de tranquillité avant de rencontrer d'autres personnes, cela allait bien à Rei. Il semblait que l'arrivée au quartier général des exorcistes avait fait surgir sa grande timidité du plus profond d'elle-même...

Avant de prendre congé d'eux, Bookman rappela à son apprenti de ne pas oublier de passer par l'infirmerie. Sans doute dans le but que les soignants de l'Ordre lui fasse un check-up de retour de mission. Ils pourraient se tranquilliser, Lavi n'avait plus rien. Sa blessure au flanc s'était nettement améliorée, ne restait plus qu'une cicatrice qui disparaîtrait avec le temps. Rei avait été soulagée de voir la plaie du rouquin s'effacer peu à peu au fil des jours. Au moins, dans le domaine des soins, elle savait s'y prendre. C'était un petit réconfort, mais il n'effaçait pas son sentiment d'impuissance qu'elle avait ressenti il y a quelques semaines face au vieil homme empoisonné au seigle... alors si l'état du rouquin s'était empiré alors qu'elle aurait pu agir en sa faveur, elle ne se le serait sans doute jamais pardonné.
La petite infirmière s'inclina également devant le vieillard aux yeux d'encre avant qu'il ne s'éloigne dans une direction opposé et ne disparaisse au détour du couloir. Pour sa part, elle emboîta le pas à Lavi qui commençait à grimper les escaliers. Ils parvinrent dans un long couloir incurvé, sur les murs duquel on pouvait voir des portes toutes semblables à intervalles réguliers. Rei suivait le jeune homme en silence, saluant d'un bref signe de tête les personnes qu'ils croisaient et qui s'adressaient à eux, résistant à la furieuse envie toujours croissante de baisser la tête et de détourner le regard. Bon sang, il fallait qu'elle se reprenne ! Elle s'efforça de respirer calmement afin de reprendre ses esprits. Lavi s'arrêtait un moment devant une porte, expliquant à la jeune femme qui l'accompagnait qu'il souhaitait déposer sa veste.

    « D'accord. » lui répondit-elle avec un rapide hochement de tête et un petit sourire.


Cela ne prit guère de temps : le rouquin ôta rapidement son blouson noir qu'il jeta sur son lit un peu plus loin dans la pièce. Enfin... ce qui restait visible de son lit. Car tout le reste du sol et de la pièce était littéralement submergé par une quantité impressionnante de documents, de livres, de papiers, de journaux, qui fit véritablement hausser les sourcils à la jeune fille. Il devait y avoir là plus d'ouvrages que ne pouvait en contenir une petite bibliothèque de village... Elle n'aperçut que brièvement l'intérieur de la pièce mais c'était bien suffisant.

    « Oh... c'est impressionnant... » se permit-elle de commenter.


C'était sans aucun doute lié à son rôle de Bookman... mais Reiko ne posa pas de questions à Lavi. Elle estimait l'avoir assez interrogé ces derniers temps pour au moins les dix prochaines années à venir. Et vu la promptitude avec laquelle il fit volte-face et referma la porte, la jeune femme n'était pas certaine que ses questions auraient été bien accueillies. Le rouquin n'aurait sans doute pas voulu s'attarder sur le sujet, et si elle pouvait éviter de l'incommoder, alors elle le ferait.

Ils reprirent tous deux leur route, avançant dans les escaliers et les couloirs successifs, jusqu'à ce que le rouquin s'arrête devant une porte, sans la moindre hésitation. Il devait vraiment bien connaître les lieux. Les deux jeunes gens entrèrent la pièce, simplement meublée mais à l'air confortable.

    « D'accord, je prends note ! C'est peut-être vide mais c'est joli. Hm, tu as sans doute raison... je crois que je suis un peu intimidée aussi... ça passera quand je connaîtrais un peu mieux les lieux je pense. Et toi aussi tu dois être fatigué alors. Est-ce que tu sais quelle heure il est ? »


Rei était certes un peu fatiguée mais elle pensait avoir encore assez de forces pour suivre Lavi dans les corridors de la Congrégation. Enfin après c'était aussi à lui de voir. Il n'avait peut-être pas très envie non plus de se coltiner encore la japonaise pour le reste de la journée.

    « Et toi, que préférerais-tu faire ?... Quoiqu'il en soit... hontôni arigatô, Lavi-san. Pour tout. Je te dois beaucoup. »


À traduire par ''merci du fond du cœur''. C'était la moindre des choses que de le remercier. Elle lui devait la vie, et même s'ils étaient encore de parfaits inconnus dans le fond il avait beaucoup donné de lui même pour la consoler et la soutenir dans les dernières épreuves qu'elle avait subi. Elle espérait bien à l'avenir avoir l'occasion de lui rendre la pareille.
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Lavi
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MessageSujet: Re: Une autre réalité [Lavi & Reiko]   Mer 19 Sep - 10:18

Il était difficile de consoler quelqu'un lorsque l'on ne pouvait pas ou peu comprendre sa douleur. Quelques années auparavant, Lavi aurait été incapable de la moindre compassion, ne considérant même pas les gens comme quelque chose d'important ou de vivant. Même s'ils l'étaient, ce n'était que temporaire et ils finissaient tous par simplement faire partit de l'Histoire ou être oubliés. Rien n'était éternel, sauf les événements qui faisaient avancer l'histoire. Ca, on ne pouvait le remettre en cause. A force d'avoir vu un nombre si important de gens mourir qu'il avait arrêté de compter, Lavi n'éprouvait plus rien face à la mort. Elle faisait partie de la vie, partie de ces êtres humains qui s'entretuaient pour un oui ou pour un non. A quoi bon verser une larme ou se sentir mal puisque de toute façon ce n'était qu'un éternel recommencement ? Les préceptes des bookmen forçaient ses membres à ne s'attacher à rien afin de ne plus rien éprouver qui les ferait dévier de leur but et le rouquin était heureux d'y avoir été formé. En tout cas jusqu'à présent.

Sans le vouloir, il s'était finalement fait des amis à qui il tenait. Il s'en était rendu compte lorsqu'Allen avait été passé pour mort, acceptant difficilement cette fatalité. Pourquoi avait-il tant de mal à admettre un fait qu'il voyait constamment chez d'autres personnes ? Il avait vu des milliers de gens mourir sous ses yeux alors pourquoi la simple disparition d'un exorciste l'affectait autant ? Pour la première fois depuis longtemps, Lavi s'était sentit triste, découragé et en colère contre lui-même d'être arrivé trop tard. C'était donc ça l'amitié ?

A force de cotoyer certains exorcistes depuis des années, il s'était attaché à eux contre son gré. Leur sort l'inquiétait plus que n'importe quoi d'autre et il comprenait désormais ce que cela faisait de perdre un proche. Dans un sens, il aurait préféré que rien ne change, qu'il soit toujours aussi insensible qu'avant. Mais d'un autre côté, il se sentait plus humain, comme s'il commençait tout juste à vivre pour de vrai. De ce fait, il ne pouvait que comprendre ce que ressentait Reiko à propos de la mort de ses parents. Perdre des gens auxquels on tient est une terrible expérience mais il fallait qu'elle en ressorte plus forte et non qu'elle conserve une fêlure au fond d'elle-même qui la fragiliserait. C'était plus facile à dire qu'à faire mais le rouquin supposait qu'avec du soutien et un but précis, elle ne s'effondrerait pas. Elle devait continuer d'avancer quoiqu'il arrive. Une petite discussion avec Allen lui ferait probablement du bien. Après tout, il avait lui-même transformé son père adoptif en Akuma pour le ramener à la vie, ne supportant pas sa disparition. Pourtant, malgré tout, il continuait son chemin quelques soient les obstacles. Nul doute que Reiko trouverait du réconfort en lui parlant. Lavi avait fait ce qu'il pouvait pour lui changer les idées mais il n'était pas non plus magicien. Seul le temps la guérirait vraiment.

Pour le moment, l'heure n'était pas à la peine mais à la joie. Reiko venait d'arriver à son nouveau chez elle même si l'endroit lui était encore inconnu pour le moment. Puisque Lavi était avec elle, autant qu'il lui fasse la visite. C'était généralement Lenalee qui s'occupait de l'arrivée des nouveaux mais comme il était là, c'était l'occasion de continuer sur cette voie. La chinoise avait sans doute assez de travail comme ça. Bookman ayant pris congé, les deux exorcistes se retrouvaient seuls et pouvaient désormais se rendre où ils le souhaitaient. Même si Lavi tenait à Bookman comme s'il était un membre de sa propre famille, il était toujours soulagé de ne pas l'avoir sur le dos, surveillant ses moindres faits et gestes. Depuis qu'il était à la Congrégation, il avait changé et il ne tenait pas à ce que le vieil homme s'en rende trop compte. Si cela arrivait, ils devraient quitter la Congrégation sans plus tarder et ça, il n'en était pour le moment pas question.

Entrainant Reiko avec lui, Lavi se déplaça à travers les couloirs qu'il connaissait à présent par coeur. Il profita du fait qu'il passait devant sa chambre pour déposer sa veste, inutile à l'intérieur. Même s'il ne s'éternisa pas, l'italiano-japonaise eut le temps de voir le désordre qui règnait à l'intérieur de la pièce. C'était à se demander comment l'on pouvait dormir là dedans sans avoir peur de se retrouver étouffé dans son sommeil à cause d'un éboulement soudain. Ce court aperçu étonna Reiko qui fit un commentaire comme quoi c'était impressionnant. Mais qu'est-ce qui était impressionnant au juste ? La quantité phénomènale de livres et documents ? Ou bien l'absence d'ordre et de rangement ? Dans les deux cas, c'était possible
.

« Comme tu as pu l'constater, on est pas des pros du rangement. Une fois lu, on a un peu la flemme de faire du tri... Enfin je crois qu'il faudrait qu'on s'y mette, on va finir par ne plus pouvoir entrer à force ! » fit-il en riant à demi

Ils se mirent de nouveau en route, continuant d'arpenter les couloirs jusqu'à ce que Lavi se stoppe devant la porte d'une des chambres. Celle-ci était libre et elle n'était pas placée trop loin de celle du rouquin. Ainsi, en cas de besoin, elle n'aurait que quelques mètres à faire pour trouver quelqu'un qu'elle connaissait parmi les nombreuses personnes qui vivaient à la Congrégation, bien que l'archiviste n'était que rarement dans sa chambre. Pour dormir ou lire, rien de plus. Reiko semblait contente de cette nouvelle pièce qui était désormais la sienne même si elle était encore un peu vide et sans personnalité pour le moment. Cela viendrait lorsqu'elle se sera installée convenablement. Pour l'heure, Lavi ne savait pas trop ce qu'elle préférait faire. Elle semblait fatiguée mais rien d'étonnant après un si long voyage ! Le rouquin avait l'habitude de voyager et ne souffrait que rarement du décalage horaire ou d'une fatigue dûe aux déplacements. Cependant, il n'était jamais contre une bonne sieste ou une longue nuit de sommeil. Il n'était pas rare de le retrouver endormi quelque part dans la Congrégation. En tout cas, il n'avait aucune idée de l'heure qu'il était. Il jeta un oeil par la fenêtre pour voir qu'il commençait à faire sombre. Ici, au dessus des nuages, il était facile de deviner plus ou moins l'heure qu'il était grâce au soleil
.

« Aucune idée mais ça doit être le début d'soirée, quelque chose comme ça. Et t'en fais pas pour moi, j'passe mon temps à voyager, j'ai l'habitude. J'voudrais pas te laisser toute seule ici alors que tu viens à peine d'arriver, surtout si tu t'sens pas à l'aise. Cela dit je veux pas non plus que ma présence te dérange, tu as déjà dû m'supporter pendant de longs jours ! » répliqua t-il avec un sourire amusé

Encore une fois, elle lui demandait son avis. Pensait-elle le déranger à ce point ? Cela surprenait Lavi qui faisait en sorte qu'elle se sente à l'aise. Peut-être en faisait-il trop... La jeune femme le remercia néanmoins d'une façon qu'il n'eut aucun mal à comprendre. Il ne pensait cependant pas qu'elle lui soit autant redevable que ça. Sans doute l'estimait-elle plus que nécessaire. Ils étaient désormais collègues et bien qu'il soit plus expérimenté, il ne voulait pas qu'elle le considère comme supérieur.

Lavi s'avança et vint s'asseoir sur le bord du lit, attrapant son bandana qu'il tira vers le bas de sorte à ce qu'il se retrouve autour de son cou, laissant ses cheveux retomber en partie sur son visage. Il n'y aurait sans doute plus vraiment d'action maintenant qu'ils étaient arrivés alors autant prendre ses aises. De sa main libre, il tendit la main et attrapa la clé qui trainait sur le matelas avant de la tendre à la jeune femme. C'était la clé de la chambre, de sa chambre désormais
.

« C'est ta chambre, ton p'tit coin juste à toi ! » fit-il en souriant pour accompagner son geste « T'as pas à m'remercier Rei-chan, c'est normal, va falloir t'y faire. Ici on se serre les coudes ! Tu seras plus seule mais je peux te laisser si tu préfères pour le moment. Sinon ce que je préférerais... c'est que tu te sentes chez toi. Mais j'imagine que ça va pas se faire en un claquement de doigts ! Alors si tu en as l'envie et le courage, on peut simplement visiter les lieux. Pour le reste, on verra demain. Oh au fait, comme tu l'as vu, ma chambre est pas loin de la tienne donc si jamais tu as besoin, hésite pas à venir me voir même si je suis pas tout l'temps là. Alors, on fait ça ? On visite ? »

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MessageSujet: Re: Une autre réalité [Lavi & Reiko]   Dim 23 Sep - 11:32

Le rapport à la mort est toujours très difficile. À quel moment de l'existence comprend-on la signification de ce mot ? Tout ce qu'il englobe ? Rei avait vu bien des gens mourir. À force, elle aurait pu finir par se créer une carapace et en devenir blasée, pourtant ça n'avait pas été le cas. Chaque disparition lui faisait de la peine, que ce soit pour la personne décédée que pour ses proches. Savoir qu'elle était partie dans la sérénité et sans regrets n'était qu'une mince consolation. Pour tous les autres restés vivants, il y aurait toujours un lendemain que jamais celle qui les avait quitté ne connaîtrait avec eux. En tant que soignante, la jeune femme établissait de nombreux liens, et aussi fins étaient-ils, ils n'étaient guère anodins. C'est pourquoi elle ne pouvait rester insensible face à une disparition. Et bien évidemment, quoi de plus normal qu'elle n'en souffre que plus quand il s'agissait de ses proches directs.

Bien sûr, elle s'était faite une raison. Le plus gros du choc était passé, et avec le recul qu'elle avait réussi à prendre ces derniers jours, sa tristesse s'était un peu atténuée. Comme le lui avait expliqué Lavi, il était déjà trop tard depuis bien longtemps pour sa mère. Elle n'aurait rien pu faire de concret pour sauver ses parents, et recourir à la solution « Comte Millénaire » était totalement exclu, même si elle n'avait jamais eu vent de ce rituel avant cette fameuse soirée à Piateda. Quoiqu'il en soit, maintenant qu'elle avait mis les pieds dans un univers tout à fait nouveau et différent, elle se devait de continuer à avancer. Rester bloqué sur le passé n'apportait rien de bon, et Rei avait beaucoup apprécié les efforts de l'apprenti Bookman pour la faire sourire et penser à autre chose durant leur long voyage vers le Nord. Alors qu'elle aurait du se retrouver complètement seule, sinon morte, c'était tout le contraire aujourd'hui, grâce au rouquin.

À présent d'ailleurs qu'ils étaient au sein de la Congrégation, elle suivait le jeune homme qui l'entraînait dans les escaliers et les couloirs qu'il semblait connaître sur le bout des doigts. Comme ce devait faire un bout de temps qu'il était ici, ce n'était pas étonnant. Rei s'employa durant ce laps de temps à regarder autour d'elle pour imprimer dans sa mémoire les décors et les lieux si nouveaux pour elle, ainsi qu'à baisser timidement la tête à chaque nouvelle tête croisée, en un salut silencieux. L'angoisse avait fait resurgir cette timidité qu'elle croyait s'être envolée depuis des années, mais il fallait croire qu'elle était restée ancrée profondément en elle. Sans doute que quelques temps passés au quartier général des exorcistes l'aideraient à retrouver sa confiance en soi.
Quand ils passèrent devant la chambre des deux Bookmen et que Lavi en profita pour y jeter sa veste devenue inutile, Reiko ne put s'empêcher d'ouvrir de grands yeux étonnés face à cette énorme accumulation de documents qui envahissait la pièce. Il devait y avoir suffisamment de pages de livres et de journaux pour tapisser entièrement une bonne dizaine de maisons... en tout cas, elle était fortement impressionnée et ne manqua pas d'en faire part à son camarade. Ses dires l'amusèrent à son tour.

    « Si il vous faut un coup de main, je pourrais vous aider si vous le voulez. »


C'était maladroit mais sincère ; Rei aurait tellement aimé pouvoir aider le rouquin comme il l'avait fait pour elle qu'elle proposait son aide dès qu'elle le pouvait, même si c'était insignifiant. Ils reprirent ensuite leur chemin pour s'arrêter non loin de là, et Lavi ouvrit une chambre vide. La petite infirmière y entra et y fit quelques pas, découvrant son nouveau chez-soi. Un nouveau sentiment de sécurité s'empara d'elle alors qu'elle ne foulait le sol de cette pièce que depuis quelques secondes. La fatigue commençait certes à se faire sentir mais pas assez cependant pour la faire tomber de sommeil sur le lit. Elle pouvait encore bien suivre le rouquin dans les couloirs du quartier général, s'il voulait bien, et surtout si lui n'était pas fatigué non plus, ce qui ne semblait pas être le cas selon ses dires. Il ne sut pas lui donner l'heure exact, mais un coup d’œil par la fenêtre lui suffit pour décréter qu'ils devaient être en fin d'après-midi début de soirée.

    « À vrai dire... si ça ne te gêne pas, je préférerais rester avec toi, je me sens... bien plus à l'aise avec toi. Mais c'est un peu égoïste, désolée... » fit-elle avec un rire gêné. « J'aime beaucoup ta compagnie, Lavi-san. »


En réalité, Reiko craignait que son humeur un peu mélancolique n'ait épuisé la patience de l'apprenti Bookman, à force. Elle espérait qu'elle ne tarderait pas à retrouver sa bonne humeur et son calme habituels dans les jours qui suivraient son intégration à la Congrégation. Elle-même trouvait que son angoisse était démesurée, aussi faisait-elle de son mieux pour la contrôler.
Elle ne tarda pas à l'instar du rouquin à s'asseoir sur le lit, une jambe croisée sous elle tandis que l'autre touchait terre du bout du pied. Elle prit entre ses doigts la petite clé que lui tendit Lavi, le passe qui lui permettait d'accéder à la pièce. Elle sourit en retour au jeune homme. Non vraiment, elle lui devait beaucoup de choses, à commencer par la vie. Elle ne pensait pas qu'elle aurait survécu seule au combat contre l'akuma.

    « C'est bon à entendre ! Ne t'en fais pas... je crois que tous ces événements m'ont un peu déboussolée, mais je m'y ferais vite, c'est promis ! » lui dit-elle en accompagnant ses propos d'un sourire. « C'est noté, merci. Et j'suis partante pour la visite guidée ! On y va ? »


Ce faisant, Reiko fit mine de se lever, mais la position dans laquelle elle s'était assise n'était pas des plus stables, aussi alors qu'elle essayait de se remettre sur pied, elle bascula sur le côté et tomba à moitié sur Lavi, réussissant à arrêter sa chute en se rattrapant sur sa main qui s'enfonça légèrement dans le matelas. Elle se redressa du mieux qu'elle put, l'air gênée.

    « Pardon ! Ça va, je ne t'ai pas fait mal ? L'équilibre me fait défaut parfois... »


Si Rei était douée pour soigner, il lui arrivait parfois d'infliger des blessures involontaires, et le plus souvent sur elle-même. Elle frotta son poignet endolori qui avait reçu tout le poids de son cœur tandis qu'elle se rattrapait dans sa chute involontaire. Elle devrait penser à corriger ce défaut à l'avenir...
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MessageSujet: Re: Une autre réalité [Lavi & Reiko]   Lun 1 Oct - 11:15

Lavi prenait très à coeur son rôle de soutien. Il l'était bien sûr naturellement pour ses amis, même si cela l'étonnait lui-même, mais il tentait de l'être également pour ceux qui travaillaient avec lui. Donc pour tous les membres de la Congrégation. N'était-il pas là pour se fondre dans le décor après tout ? Pour cela, mieux valait se faire apprécier pour faciliter son intégration et ce fut une franche réussite malgré ses réticences au début. Maintenant qu'il faisait parti de l'Ordre depuis plusieurs années, il n'avait plus rien à prouver mais ce n'était pas pour autant qu'il allait cesser d'agir comme il le faisait jusqu'à présent. Tout d'abord parce que cela paraitrait suspect mais surtout parce que, qu'il le veuille ou non, il avait changé. Il s'inquiétait pour les autres, plus principalement ses proches, et avait du mal à contenir ses émotions lorsqu'ils étaient en danger. Lui qui était autrefois impassible se retrouvait désormais à agir de façon passionnée, ce que Bookman ne voyait pas d'un très bon oeil, à raison.

Toutefois, le vieil homme ne fit aucune remarque à propos de son comportement envers Reiko. Déjà parce qu'il ne faisait rien de plus que tenter de lui changer les idées et ensuite parce qu'elle était tout simplement présente. Et lorsqu'il avait des remarques à lui faire, il attendait généralement d'être en privé ou au moins de s'éloigner un minimum avec son élève. Ce dernier doutait cependant qu'il lui fasse la leçon. Ne faisait-il pas simplement ce qu'il faisait d'habitude, bien s'entendre avec les autres et se faire accepter rapidement ? C'était plus simple avec certains que d'autres. Tout le monde n'était pas réceptif à cette façon d'être du rouquin, parfois -souvent- trop envahissant. Malgré tout, on ne pouvait pas dire qu'il faisait semblant en ce qui concernait la jeune femme à ses côtés, marchant en sa compagnie dans les couloirs de la Congrégation. Bien qu'il ne tenait pas à trop se rapprocher d'elle pour ne pas se retrouver davantage blessé par le futur, il ne voulait plus voir sa mine peinée. Elle aussi méritait de sourire malgré ce qui lui était arrivé et même si c'était dur à oublier, Lavi voulait faire en sorte de lui changer les idées, de lui apporter un nouveau souffle. Elle ne méritait pas ce qui lui arrivait... comme trop de personnes sur cette terre.

Pour le moment, puisqu'ils étaient enfin arrivés à destination, c'était l'occasion de lui faire découvrir son nouveau chez elle. Il fallait qu'elle s'imprègne un minimum des lieux pour se sentir à son aise. Puisqu'elle n'avait pas l'air d'avoir envie de croiser trop de nouvelles têtes, Lavi opta pour lui montrer sa chambre en premier. Ainsi, elle aurait son point d'attache, son endroit à elle et pourrait s'y isoler si elle le désirait. Après tout, elle avait été non stop avec les deux bookmen et aimerait probablement passer un peu de temps avec elle-même, histoire de relacher la pression. Sans doute faisait-elle bonne figure pour ne pas montrer sa peine mais Lavi n'était pas dupe. Rester seul était parfois nécessaire même si cela impliquait de ressasser de mauvaises choses. Au moins, elle aurait le choix, il ne comptait pas s'imposer plus que de raison.

Puisqu'ils passaient devant sa propre chambre, le rouquin en profita pour faire une rapide halte afin de se débarasser de sa veste devenue inutile. Il se serait bien changé tout court à vrai dire mais il ne voulait pas prendre trop de temps. Il aurait tout le loisir de le faire une fois séparé de la nouvelle arrivante. Aussi rapide que fut son passage dans la chambre, Reiko eut tout de même le temps de voir l'état de la pièce, ce qui ne manqua pas de la surprendre. Qui cela n'aurait-il pas surprit ? Ce n'était plus des piles mais des montagnes de documents et autres livres qui prenaient place dans la salle. Impossible de poser un pied sur le sol sans écraser une feuille ou un journal. Pourtant, cela ne dérangeait pas les bookmen, habitués à se retrouver au milieu de temps de paperasse. Lavi s'excusa cependant du désordre en expliquant que le rangement n'était pas leur tasse de thé mais que cela leur pendait tout de même au nez. Il fut on ne peut plus surpris que Reiko se propose de leur donner un coup de main et cela se manifesta par l'expression gravée sur son visage : les sourcils haussés bien haut, la bouche entrouverte et cet air figé de quelqu'un qui n'aurait pas compris ce qu'elle venait de dire. Mais cet état ne dura qu'un instant même s'il conservait cette expression étonnée
.

« D'habitude, les gens repartent dans le sens opposé sans demander leur reste quand ils voient ça... Enfin si tu t'ennuies, j'dis pas non à un coup de main ! Ca ira toujours plus vite à plusieurs. Puis je peux pas trop compter sur le vieux panda... L'est si petit qu'il doit faire le double du nombre d'allers-retours nécessaires. Enfin va pas lui répéter hein ! L'est assez susceptible à ce sujet... En tout cas merci d'ta proposition, j'y penserai ! Si d'ici là, tu as toujours le courage de le faire ! »

Il n'y avait plus à s'attarder devant la chambre du rouquin et le duo reprit la direction des autres chambres. Quelques mètres plus loin, Lavi stoppa de nouveau pour ouvrir une chambre vide et entrer à l'intérieur, déposant la valise de Reiko. C'était désormais sa propre chambre bien que pour le moment elle était encore un peu vide. Le rouquin lui indiqua comment faire pour l'aménager si elle le désirait mais il doutait que ce fut sa préoccupation première. Néanmoins, maintenant qu'elle avait son endroit à elle, elle préférerait sans doute rester tranquillement là à se reposer après ce long voyage. Lavi ignorait ce qu'elle désirait faire exactement et ne voulait pas lui imposer quoique ce soit. La règle voulait que la nouvelle arrivante aille se présenter à Komui et Hevlaska mais Lavi n'était pas un grand fan des règles. Et puis la fatigue primait sur le reste. Cependant, la décision finale revenait à Reiko.

Celle-ci l'informa qu'elle préférait rester avec lui, se sentant plus à l'aise ainsi. Cela n'étonna pas spécialement le rouquin. Après tout, il était la première personne de la Congrégation qu'elle avait croisé et été resté avec elle depuis de longues semaines. On pouvait aisément dire qu'il était celui qu'elle connaissait le mieux pour le moment. Il ne fut donc pas surpris de sa demande mais le fut davantage qu'elle se trouve égoïste. Pensait-elle imposer sa propre présence au rouquin ? Pour lui prouver l'inverse, Lavi lui offrit un grand sourire. L'italiano-japonaise disait apprécier sa compagnie, ce qui agrandit le sourire de l'archiviste. A vrai dire, c'était réciproque. Il s'avança et posa sa main sur l'épaule de la jeune femme
.

« C'est pas égoïste, c'est sincère, nuance ! Puis j'aime bien être avec toi aussi, alors c'est parfait ! Va pas croire que tu m'déranges ou que j'en ai marre hein, te prend pas la tête pour ça. Si j'suis là c'est parce que j'en ai envie alors toi aussi, fais comme tu as envie ! Et puis tu peux compter sur moi au cas où, ma chambre est pas loin comme t'as pu le remarquer, donc hésites pas à y passer si besoin est, vraiment. Enfin, puisque tu m'supportes, j'vais rester encore avec toi dans ce cas. » affirma t-il en pressant légèrement l'épaule de Reiko avant de retirer sa main

Il se déplaça vers le lit et se posa dessus, comme s'il était chez lui, pas gêné pour un sou. Retirant son bandana, il se mettait à l'aise sans vraiment demander l'autorisation -il n'était pas dans sa chambre après tout- et tendit la clé de la chambre à sa propriétaire. C'était officiel : c'était chez elle. Il ne lui restait plus qu'à décider ce qu'elle désirait faire de la suite de la journée qui était déjà bien avancée. Lavi proposa de faire une simple visite rapide afin qu'elle sache se repérer par elle-même lorsqu'ils seraient séparés. Le but n'était pas de la perdre dans les longs couloirs de la Congrégation. Ils croiseraient sûrement d'autres personnes dans les couloirs mais les présentations attendraient. De toute façon, il commençait à être tard et il n'y avait jamais beaucoup de monde au quartier général hormis l'équipe scientifique.

Reiko semblait reprendre du poil de la bête et était partante pour la visite guidée. Lavi allait se lever à son tour et répondre mais il fut coupé avant. La jeune femme avait glissé et venait de tomber à demi sur lui, l'entrainant dans sa chute. Heureusement, elle retrouva l'équilibre et se stoppa avant de tomber complétement. Ce ne fut pas le cas de Lavi qui, surpris par ce geste soudain alors qu'il se levait, bascula complétement sur le matelas à cause de l'absence de support. Reiko s'excusa aussitôt, craignant de l'avoir blessé à cause de son geste involontaire. S'il avait encore la blessure qu'il avait lors de leur rencontre, il aurait sans doute eu mal mais grâce aux bons soins de l'infirmière, il n'avait plus rien et à part la surprise, il n'avait ressentit aucune douleur.


« J'ai été soigné par une très bonne infirmière alors pas d'souci, je suis encore en un seul morceau, ça va, t'en fais pas. » fit-il avec un sourire rassurant

Après tout, le matelas ne risquait pas de lui faire bien mal et Reiko n'était pas du genre encombrante malgré sa visible maladresse. Etait-ce dû à la fatigue ou à un manque de confiance en elle ? Elle avait juste probablement glissé, rien de plus, mais Lavi doutait que ce soit la seule raison. Depuis qu'ils avaient quitté Piateda, la jeune femme semblait troublée. Quoi de plus normal ? Elle avait sûrement juste besoin de se poser, de se laisser aller, de souffler pour de bon. Plus que ce qu'elle avait eu le loisir de faire jusqu'à présent. Lavi se redressa un peu, l'attrapa par le bras et se laissa retomber sur le matelas, l'entrainant avec lui. Posée ainsi contre lui, il l'entoura d'un bras qu'il passait doucement contre son dos tandis qu'il regardait le plafond
.

« Puisque ton équilibre t'fait parfois défaut, de cette façon il ne risque plus de se manifester. Puis tu sais, si t'es crevée, on peut tout simplement rester là à discuter, c'est bien aussi. Bientôt, t'aura des obligations, des ordres... Autant en profiter tant que tu es libre d'tes mouvements. On est pas bien là comme ça ? » fit-il doucement en baissant le regard vers elle

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MessageSujet: Re: Une autre réalité [Lavi & Reiko]   Mar 2 Oct - 21:52

Toujours, Rei avait fait de son mieux pour consoler, redonner le moral aux autres, les soutenir et les conseiller lorsqu'ils n'allaient pas bien. Cela faisait partie de son métier en plus de sa personnalité. Elle aimait donner, plus que recevoir. Elle ne pensait jamais qu'elle-même pourrait avoir besoin, à son tour, d'être accompagnée, soutenue, consolée, pour la simple raison qu'elle ne l'avait jamais demandé, et surtout, qu'elle n'osait pas le demander. Comme si cela était une preuve d'égoïsme. Tout comme elle demandait bien rarement à ses collègues de travail de l'aider dans une tâche ou un soin quelconque ; elle préférait vraiment savoir se débrouiller seule, au risque de se sentir incompétente si jamais elle venait à échouer. Et pourtant, Dieu sait combien on lui avait répété d'apprendre à demander aux autres si elle avait besoin de quoi que ce soit.
C'était pareil pour ses parents disparus. Reiko pensait que, quand bien même serait longue sa période de deuil, elle pourrait s'en sortir seule. Pleurer n'aidait que bien peu à vrai dire, même si cela permettait d'évacuer la tension, ça ne remplaçait pas pour autant une présence. Une présence... à qui donc la jeune femme pouvait quémander pareil service ? Pourtant, elle n'eut pas à demander, grâce à Lavi et à sa sympathie dont il fit profiter la petite infirmière chaque jour durant leur long voyage. Elle souriait sincèrement au rouquin, n'arrivant pas à exprimer correctement sa reconnaissance. Sa présence lui était plus salutaire qu'elle ne l'aurait pensé.

Mais c'est justement parce qu'elle se sentait bien avec lui qu'elle craignait de trop le déranger. Elle avait peur de devenir trop envahissante. Il fallait comprendre après tout qu'elle n'avait jamais eu d'amis à proprement parler et que jamais l'on ne s'était occupé d'elle d'une telle façon. D'habitude, c'était elle qui soutenait, qui était empathique et pleine de sollicitude. Jamais l'inverse. Cela lui faisait donc bizarre mais à la fois du bien de voir que pour une fois, les rôles étaient échangés. Par ailleurs, le fait de savoir que Lavi la soutenait l'empêchait plus ou moins de se laisser complètement aller au chagrin, quand bien même elle n'était pas faible à ce point. La présence et la sollicitude du rouquin l'aidaient beaucoup, aussi faisait-elle à son tour des efforts pour rester à peu près la même que d'habitude.

Ou presque. Après ce long voyage et bien que ses sombres pensées s'étaient éclaircies grâce à l'humour de l'apprenti Bookman, Reiko ne se sentait pas encore très sûre d'elle pour déjà affronter la nouveauté que représentait la Congrégation et ses membres. Il lui fallait encore un peu de temps pour se faire à tant de nouveautés d'un seul coup, et pour le moment elle préférait rester autant que possible avec le rouquin, sans oser l'avouer. Heureusement il était enclin à l'accompagner jusqu'à sa nouvelle chambre ; auparavant elle eut l'occasion d'entrapercevoir celle de Lavi et Bookman, jonchée d'une inimaginable montagne de documents et de livres Et quand le jeune homme évoqua le fait qu'il leur faudrait bientôt faire le ménage – il était grand temps, vraiment – Rei proposa son aide, ce qui sembla étonner grandement le rouquin, ainsi qu'en témoignait sa brève expression de stupeur, qui fit sourire la petite infirmière.

    « Plus il y aura de monde pour vous aider et plus vite ça ira ! J'imagine bien que ce doit être plus laborieux pour Bookman... bien qu'il ait l'air encore assez solide ! Ne t'en fais pas, je ne compte pas aller lui rapporter. Vous pourrez compter sur moi. »


Ils arrivèrent à destination quelques mètres plus loin à peine. Une jolie pièce, vide encore mais que Rei pourrait aménager comme elle le souhaitait comme le lui précisa Lavi. Mais cela viendrait plus tard, pour le moment le souhait premier de Rei était de ne pas rester seule. Elle le serait suffisamment lors de la nuit qui tomberait dans quelques heures. Aussi fit-elle part de ses préférences au rouquin quand ce dernier lui demanda ce qu'elle voulait qu'ils fassent, finissant même par avouer qu'elle aimerait rester avec lui, soulignant bien pourtant le caractère égoïste de cette demande. Le contact de sa main sur son épaule la fit relever ses yeux baissés au sol, la faisant découvrir de même le sourire amical du rouquin, qui lui affirmait qu'elle pouvait compter sur lui et le plaisir quant à sa compagnie était partagé.

    « Arigato, Lavi, je tâcherais de m'en souvenir. » fit-elle avec un sourire timide. « Te supporter, ce n'est pas le bon mot. Apprécier plutôt ! »


Elle ne tarda pas à s'asseoir à côté du jeune homme qui s'était installé sur le lit, contemplant la petite clé dans sa main. Un refuge... un endroit où retourner. Voilà une pensée réconfortante. Tellement réconfortante même que Rei sentit se rallumer en elle la flamme de l'enthousiasme, bien que faible encore. Aussi accepta-t-elle l'excellente idée de Lavi qui lui proposa de lui faire visiter la Congrégation. Les présentations avec les autres membres de l'Ordre attendraient encore un peu. Seulement, l'un des défauts proéminents de la jeune femme se manifesta, à savoir sa maladresse. Elle perdit l'équilibre tandis qu'elle cherchait à se relever, et quand bien même elle avait réussi à se stabiliser, ce n'était pas le cas de Lavi sur lequel elle était tombée et qui lui se retrouvait maintenant complètement affalé sur le matelas. Reiko craignit de l'avoir blessé ou cogné trop fort – c'est le genre de chose qui arrive aisément – mais le jeune homme la rassura bien vite, affirmant qu'il avait été bien soigné. Ces paroles firent sourire la jeune femme.

    « Ça fait très plaisir à entendre... je suis heureuse que tu ne souffres plus. »


Voir que son travail portait ses fruits comblait Rei au plus haut point. C'était ce qu'elle savait faire de mieux, la trame principale sur laquelle elle avait décidé de filer sa vie, même si une autre voie s'était ouverte à elle et qu'elle l'avait prise sans résister. Voyant Lavi se redresser, Rei avança la main, pensant qu'il la prendrait pour s'aider à se relever complètement, mais au contraire le rouquin s'empara de son bras et la tira avec lui tandis qu'il se rallongeait de nouveau sur le lit. C'est avec grande surprise que l'infirmière sentit sa joue atterrir sur son buste et le bras de l'apprenti Bookman passer dans son dos pour la garder contre lui.

    « Ma foi, ça me va tout aussi bien, au moins je me ridiculiserais en m'étalant dans le couloir... fit-elle en souriant, posant ses mains au niveau des clavicules de Lavi. Tu es drôlement confortable, je peux te garder comme oreiller ? » finit-elle sur le ton de la plaisanterie, avant de se mettre à rire doucement. L'humour n'était pas spécialement son fort, après tout.
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MessageSujet: Re: Une autre réalité [Lavi & Reiko]   Mer 3 Oct - 16:47

Comment serait le moral des troupes sans soutien ? L'être humain était parfois capable de supporter beaucoup de choses mais il y avait toujours un moment où il finissait par baisser les bras, accablé par trop de malheurs, surtout en temps de guerre. Lavi n'avait déjà que trop vu de guerres et il savait bien que c'était loin d'être fini. Il n'avait après tout que 18 ans et lorsque l'on voyait les 88 ans de Bookman, on pouvait aisément supposer qu'il vivrait encore longtemps et aurait donc l'occasion d'être le témoin de futures atrocités engendrées par l'être humain. Ayant déjà été sur de nombreux champs de batailles, le rouquin avait bien vu comment se déroulaient les choses. Et sans soutien moral, même avec le meilleur équipement, une armée pouvait rapidement être défaite. Même si l'avenir était noir, il fallait conserver un minimum d'optimisme. Sans quoi, la guerre était perdue d'avance.

C'était pour cette raison que Lavi, en plus de jouer les fanfarons en continu, s'efforçait de réconforter ses partenaires en pointant du doigt les côtés positifs des événements ou de leur donner une raison de continuer de se battre. Allen aussi était plutôt doué à ce jeu là mais il était bien plus réservé que l'apprenti bookman. Lavi ne se gênait pas pour dire les choses et savait généralement trouver les mots qu'il fallait pour redonner courage à quelqu'un. C'était sans doute grâce à son sens aigü de l'analyse, lui permettant de comprendre facilement les gens et donc trouver la solution qui leur convenait le plus. Si au départ, il ne faisait ça que pour se faire bien voir, désormais, il le faisait par pure envie. Parce qu'il ne voulait plus voir ces traits malheureux et démotivés sur les visages de ses coéquipiers. Ce n'était pas une guerre simple qu'ils menaient là et toute source de soutien était bonne à prendre.

Lavi ne connaissait pas Reiko depuis très longtemps mais la seule chose dont il était sûre était qu'elle serait l'une de ses futurs partenaires. Il savait ce qu'elle avait vécu et même s'il n'était pas à sa place, il imaginait facilement qu'elle ne devait pas voir la vie en rose actuellement. C'était un nouveau départ, une nouvelle vie mais était-ce si facile de le considérer de la sorte ? A bien y réfléchir, elle n'avait pas eu le choix. Ce n'était pas par choix qu'elle avait rejoint les exorcistes mais tout simplement parce qu'elle n'avait plus rien. Dans ces conditions, il était naturel de se rabattre sur quelque chose de solide, de concret et non sur un avenir flou. Bien qu'elle ne connaissait pas encore vraiment le travail des exorcistes, elle avait préféré se joindre à eux plutôt que de se retrouver seule. C'était facilement compréhensible et Lavi ne pouvait qu'essayer de lui confirmer qu'elle avait fait le bon choix. Pour se faire, il n'hésitait pas à l'encourager et à la rassurer dès qu'il en avait l'occasion. Ce n'était pas une vie en or qu'elle avait choisit mais c'était sa décision.

Maintenant qu'ils étaient au quartier général, l'incorporation de la jeune femme chez les exorcistes n'était plus qu'une question de temps. Elle ne semblait pas vouloir tout de suite être projetée dans l'univers professionnel des soldats de Dieu et Lavi comprenait bien son souhait. C'est pour cette raison qu'il préféra lui montrer tout d'abord sa chambre afin qu'elle s'installe et se sente plus à l'aise. En passant devant sa chambre, en profitant pour y faire un rapide saut, Reiko pu apercevoir le capharnaum qui y règnait. Plutôt que de prendre peur ou de se dire que les bookmen étaient dingues de vivre au milieu de tant de livres, elle proposa naturellement son aide, à la grande surprise du rouquin. Elle ne semblait pas démordre de son offre et Lavi fut soulagé de trouver quelqu'un d'assez courageux pour l'aider. Un jour
.

« Oh solide il l'est, crois moi. Il a pas l'air comme ça, mais c'est l'plus fort d'entre nous en arts martiaux ! En tout cas, c'est gentil d'ta part de te proposer Rei-chan, merci ! Plus qu'à espérer que le jour où on s'y mettra, on ne se retrouvera pas enfouis sous une avalanche de documents ! » répondit-il en riant

Le temps de faire quelques mètres de distance et ils atteignirent la nouvelle chambre de Reiko. C'était forcément bien plus petit que la maison dans laquelle elle vivait précédemment, mais au moins c'était une pièce qui lui était réservée. Juste à elle. Et la Congrégation offrait tout ce que l'on pouvait désirer. Lavi ne s'inquiétait donc pas trop de son bien-être de ce point de vue là. Nul doute qu'elle finirait par se sentir ici comme chez elle. Pour le moment, il fallait déjà qu'elle s'adapte à son nouvel environnement. L'archiviste la questionna donc sur ses préférences pour la suite, voulant savoir ce qu'elle voulait faire et si elle voulait qu'il la laisse un peu seul. Etrangement, elle n'était pas contre sa compagnie. Il fallait dire qu'il avait toujours été là depuis leur rencontre et que cela aurait été la première fois qu'ils se sépareraient. Bon, ils étaient toujours au même endroit au final, mais séparés. Et cette perspective n'avait pas l'air de la réjouir. Sans doute faisait-il office de point de repère pour le moment, de seule tête connue de tout le paysage hormis Bookman. Mais on ne pouvait pas dire que le vieil homme était quelqu'un de très chaleureux.

Lavi était ravi d'entendre Reiko lui dire qu'elle appréciait sa compagnie et qu'elle n'avait pas à le "supporter". Elle ne faisait pas partie de ses gens que le rouquin agaçait à force de toujours être dans leurs pattes et à faire connerie sur connerie. C'était déjà ça. Il désirait d'ailleurs qu'elle ne prenne pas de gants avec lui et qu'elle se comporte naturellement, sans crainte de l'ennuyer dès qu'elle posait une question
.

« Hé bien pourvu qu'ça dure ! T'as pas à m'remercier, sois juste toi. C'est aussi simple que ça. Même si chacun à son p'tit caractère, nul doute que les autres membres de l'Ordre t'apprécieront ! T'es une chouette fille ! » affirma t-il en répondant à son sourire cependant bien plus sûr de lui

Installé sur le lit, Lavi faisait comme chez lui, comme s'il s'agissait de sa propre chambre. C'était une façon de montrer à la jeune femme qu'elle pouvait faire comme lui et ne plus hésiter davantage. Il lui tendit d'ailleurs la clé de la chambre pour lui confirmer qu'elle était à elle. Reiko semblait songeuse, probablement avait-elle du mal à incorporer le fait qu'il s'agissait désormais de son chez elle. Pas forcément très accueillant mais cela s'arrangerait avec le temps... et son goût pour la décoration. Certaines chambres faisaient froid dans le dos, il n'y avait qu'à voir celle de Kanda par exemple... On aurait pu la confondre avec une cave inhabitée.

A présent que Reiko était "installée", il ne leur restait plus qu'à poursuivre la visite guidée proposée par le rouquin. Mais le rouquin ne put aller bien loin, stoppé par l'infirmière qui lui était en partie tombée dessus alors qu'il se levait. Résultat, il se retrouva affalé sur le matelas. Retour à la case départ. L'italiano-japonaise s'inquiéta de la santé du rouquin, craignant l'avoir blessé alors qu'il n'en était rien. Les soins qu'elle lui avait prodigué avaient été efficaces
.

« Bah c'est la vérité. T'fais un excellent travail, faut dire ! Quand Bookman me soigne, j'ai plus mal qu'autre chose au final. Toi au moins t'es douce et ça fonctionne tout aussi bien voire mieux ! Mais bon tu sais, on a l'habitude d'être salement amochés alors t'inquiète pas pour nous. On fait pas un métier d'bureau après tout. »

Plutôt que de se redresser à nouveau, il attrapa la jeune femme à ses côtés par le bras et l'attira contre lui. C'était une bonne opportunité de se reposer un peu après tout. Reiko n'avait de tout façon pas l'air de bien tenir sur ses jambes depuis leur arrivée. Il était donc inutile de la forcer à aller quelque part. Rester là et discuter suffisait aussi pour une première journée. Il ne la forçait bien sûr à rien mais ce simple geste lui prouvait qu'elle pouvait bien se reposer, cela lui allait tout aussi bien à lui. Reiko s'installa et ne sembla pas plus gênée que ça. Ce n'était pas plus mal, cela évitait à Lavi d'avoir à se justifier ou de la rassurer. L'infirmière fit même une petite plaisanterie à propos du fait qu'elle le trouvait confortable, ce qui amusa le rouquin.

« D'accord mais interdiction de me lancer à la tête de quelqu'un ! » répondit-il en évitant de rire trop fort pour ne pas la déranger

Puisqu'ils n'étaient que tous les deux, ils pouvaient parler tranquillement sans personne pour jouer les intrus ou se mêler de la conversation. Reiko semblait aller mieux, mais Lavi se doutait bien qu'à la seconde où elle serait seule, ses doutes et son chagrin reviendraient de plus belle. Alors, plutôt que de l'abandonner là dans sa tourmente, il préféra en parler tout de suite, quitte à l'attrister sur le coup. Au moins, ce serait dit. La technique de l'autruche n'était de loin pas une bonne méthode
.

« J'suis pas à ta place mais j'imagine ton chagrin. Faut t'dire que t'as pas tout perdu. Que c'était nécessaire pour qu'tu puisses avancer. J'sais que c'est horrible, on peut pas voir la mort d'un oeil positif, mais crois moi, c'est mieux pour eux. Ca les a libéré. Et ça t'a libéré toi aussi d'un certain côté. Parce que tu as pu prendre ta vie en main, passer à autre chose. Et qu'à présent, tu s'ra plus seule, jamais. C'est pas forcément la voie la plus facile que tu as choisi mais au moins tu te bats pour tes convictions et on a de la chance de t'avoir à nos côtés. Ils t'connaissent pas encore mais ça va venir et nul doute que tu sera une alliée de choix. Alors j'espère qu'à l'inverse, on saura te soutenir de notre mieux ! On veillera sur toi. Puis même si on r'vient encore amochés, on sait qu'on a une infirmière de talent pour prendre soin d'nous ! Tout ça c'est encore une grande place inconnue pour toi malgré tout ce que je t'en ai dit mais plus pour longtemps. C'est ici qu'j'ai rencontré les premières personnes à qui j'tiens vraiment. 'Fin tout ça pour dire que malgré la guerre qui plane au dessus de nos têtes, on a toujours une zone sans nuages quelque part où on attend notre retour. Ben c'est ici. »

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MessageSujet: Re: Une autre réalité [Lavi & Reiko]   Sam 6 Oct - 18:51

Autant que possible, il fallait vivre sa vie comme on l'entendait. Il y avait pourtant des moments où, fatalement, on n'avait pas forcément le choix. C'était un peu ce qui s'était passé pour Reiko. Jusqu'à aujourd'hui, elle n'avait pratiquement jamais rien fait qui lui avait valu d'insoutenables regrets. À vrai dire, le seul remords qui la rongeait consistait en son impuissance face à ce qui s'était produit quelques semaines plus tôt, à savoir la disparition de sa mère transformée en Akuma. Avec l'intervention de l'Innocence, de Lavi et ses explications, deux nouveaux chemins s'étaient ouverts devant elle. Soit accepter ce nouveau rôle de soldat de Dieu et suivre les deux Bookmen à la Congrégation, rejoindre les exorcistes et tout ce qui s'ensuivait, soit rester à Piateda, continuer à vivre comme elle l'avait fait jusqu'à présent mais détentrice d'un nouveau savoir, et plus seule que jamais. La question, au final, ne s'était pas vraiment posée, le choix s'était imposé de lui-même. Rejoindre l'Ordre ou ne plus rien avoir d'autre, la décision était vite faite. Quoiqu'il en était, Rei ne regrettait rien, d'autant plus que Lavi s'efforçait de la mettre à l'aise autant que possible à grand renfort de sourires et d'humour. La jeune femme n'y était pas restée insensible et avait fait de son mieux pour être elle aussi d'aussi bonne compagnie que possible.

Pourtant, une fois arrivés à la Congrégation, la petite infirmière se referma un peu sur elle-même. La crainte de ces nouveaux lieux peut-être. Elle accepta donc la proposition de Lavi de l'accompagner jusqu'à sa chambre, ne préférant pas rencontrer d'autres personnes pour le moment. Avant cela, elle put apercevoir rapidement la chambre des deux Bookmen, où régnait un incroyable désordre, principalement composé de livres et de documents. Jamais Rei n'avait vu pareille quantité d'ouvrages dans une si petite pièce, et proposa tout naturellement son aide quand le rouquin évoqua la possibilité qu'un jour ils doivent « nettoyer » un peu tout ce bazar. Elle haussa les sourcils aux propos de Lavi.

    « En arts martiaux, vraiment ! Remarque, après l'avoir vu te coller son pied dans la tête, ça ne devrait pas m'étonner... y'a des chances pour que ça arrive ! » fit-elle en riant.


La petite chambre avait l'air confortable. Quand Lavi lui dit qu'elle pourrait l'aménager comme elle le souhaitait, Reiko pensa à ses plantes qu'elle n'avait pu emporter. Heureusement elle avait pris avec elle son gros manuscrit qui comportait toutes ses connaissances. Elle espérait que peut-être elle pourrait faire venir quelques végétaux et ustensiles qui lui permettrait de fabriquer ses remèdes. Et peut-être qu'elle pourrait recréer l'atmosphère qu'elle avait réussi à instaurer dans la petite pièce de son ancien chez elle, en Italie. Enfin, elle n'encombrerait pas non plus sa pièce de plantes autant que celle de Lavi qui était pleine de livres ! Pour le moment en tout cas, elle préférait rester en compagnie de l'apprenti Bookman qu'elle appréciait beaucoup. Son humour la faisait rire et l'aider un peu à oublier ses tracas, et de surcroît il était son seul point de repère pour le moment au sein de la Congrégation. Elle lui fit de nouveau un sourire en guise de réponse à ses paroles.

    « J'espère... c'est gentil à toi, vraiment. »


Le mieux à faire était de laisser le temps faire son œuvre... la petite clé dans la main, la jeune femme sembla regagner un peu d'entrain et accepta avec joie la visite guidée que lui proposait le rouquin. Mais elle s'était si mal assise qu'en voulant se relever, elle tomba à moitié sur Lavi, qui s'écroula sur le matelas de tout son long tandis qu'elle même réussissait à se rattraper sur son poignet. Le retour de la maladresse... il y avait longtemps tiens. Elle s'enquit cependant de la bonne santé de Lavi. Elle était bien capable de lui avoir fait du mal sans le vouloir, heureusement cela ne sembla pas être le cas, le rouquin précisant qu'il avait bien guéri grâce aux soins de l'infirmière. Reiko sourit : rien n'aurait pu lui faire plus plaisir.

    « C'est justement parce que ce n'est pas un métier de bureau qu'il faut vous garder en bonne santé ! Partir au combat avec de graves blessures peut être fatal... je n'aimerais pas qu'il vous arrive quoi que ce soit... enfin, je raconte n'importe quoi... »


Un peu idéaliste sur les bords, la petite infirmière. Forcément qu'ils leur arriveraient des choses en allant se battre contre des akumas. Ais bon, pour le moment, elle ne préférait pas trop penser au futur. Elle s'attendit à ce que l'exorciste se redresse, mais au contraire il lui attrapa le bras et l'attira contre lui. Rei s'installa confortablement sur le torse de Lavi, et lança une plaisanterie comme quoi elle aimerait bien le garder comme oreille. Le rouquin rit à son tour, plaçant comme seule condition l'interdiction de se servir de lui dans une bataille de polochons.

    « Promis, juré ! Je n'aimerais pas t'amocher de cette manière ! »


Puis Lavi reprit la parole. Et Rei chercha ses mots. Elle pensait comprendre ce que souhaitait l'apprenti Bookman : que la jeune femme parvienne à extérioriser ses sentiments, sa tristesse, qu'elle ne reste pas sur ce qu'elle voyait comme un échec. Il fit de son mieux pour mettre en exergue les bons côtés qui accompagnaient son entrée à la Congrégation.

    « Je comprends cela. Je comprends qu'à présent ils sont libres. Ça reste... difficile. Et ça aurait pu tomber sur n'importe qui d'autre. Et c'est tellement dur d'accepter le fait qu'il n'y avait rien à faire pour les sauver, pour qu'elle retrouve son âme, son humanité... son intégrité. »


L'irréversibilité de la chose faisait monter en elle à la fois la tristesse et la rage. Si elle avait pu, elle se serait battue comme une forcenée pour que les choses redeviennent comme avant ! Malheureusement ce n'était pas si simple que ça.

    « J'espère. Tu sais, tant que j'avais encore mes parents, la solitude ne me pesait pas tant. Maintenant j'ai l'impression qu'elle peut me tomber dessus à n'importe quel moment. Je... j'ai peur, avoua-t-elle à voix plus basse, je ne la craignais pas autrefois, je ne veux pas qu'elle devienne ma bête noire non plus... alors, j'espère sincèrement que tu as raison. Et que la Congrégation sera pour moi... itsuka kaeru tokoro. »


Rei luttait contre les larmes. Maintenant qu'elle avait formulé enfin sa plus grande angoisse, qu'elle avait mis un nom dessus, il lui semblait qu'elle s'était amplifiée deux fois, dix fois, cent fois. Inconsciemment, elle s'accrocha à Lavi, la tempe posée sur son sternum, ses mains agrippant son habit au niveau des flancs, comme si elle redoutait de tomber dans de profondes abysses si d'aventure elle venait à le lâcher.
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MessageSujet: Re: Une autre réalité [Lavi & Reiko]   Dim 7 Oct - 12:15

Beaucoup de gens sous-estimaient Bookman à cause de son apparence. Déjà, il était vieux. Oh il ne faisait pas son âge, peu de gens s'imaginaient qu'il avait 88 ans. Il fallait dire que c'était déjà très rare de vivre si vieux alors en plus en pleine forme... c'était plutôt exceptionnel. En fait, pas tant que ça pour un bookman. Grâce à leurs entrainements un peu particulier et à leur style de vie, il n'était pas rare de voir la longévité du clan augmenter. Pourtant, ce n'était pas un métier sans risque. Lavi avait d'ailleurs faillit mourir à l'âge de 7 ans à cause d'une balle perdue sur un champ de bataille. Même s'ils ne prenaient jamais part au combat, être simplement à proximité pouvait se révéler dangereux. Et contre toute attente, pour cette guerre un peu particulière, Lavi et Bookman avait rejoint un des camps. Une première pour Lavi qui, au fond, espérait que ce soit la dernière. Tout cela l'avait profondement changé même s'il le cachait de son mieux à Bookman. Après tout, faire semblant était son plus grand talent. Mais le vieil homme n'était pas facile à duper, il connaissait trop bien son apprenti. Quoiqu'il en était, pour le moment, Bookman avait laissé Reiko aux bons soins de Lavi. A moins que ce ne soit l'inverse...

La jeune femme avait eu la gentillesse de se proposer pour aider à ranger leur chambre. Ranger leur chambre. Une première depuis leur arrivée à la Congrégation. Depuis qu'ils y avaient mis les pieds, ils n'avaient jamais songé à faire un peu de rangement. Plus de deux ans de documents, livres et autres papiers s'étaient entassés au fil du temps dans la petite pièce qui leur servait de chambre. Cela ne les dérangeait pas de se retrouver parmi tant de papiers, c'était leur domaine après tout et Lavi s'y sentait mieux que s'il avait eu un grand lit douillet dans une chambre parfaitement rangée. Après tout, ce n'était pas comme s'il avait eu l'habitude d'avoir une chambre à lui et pendant une longue période. Mieux valait qu'il ne s'habitue pas trop d'ailleurs
.

« Crois moi, faut pas le sous estimer, Panda ! Enfin de toute façon, c'est pas comme si je dormais souvent dans ma chambre. J'ai la fâcheuse tendance de m'endormir un peu n'importe où et de faire ma nuit là. L'habitude d'pas avoir de lit sans doute ! Enfin, en échange d'ton aide, je t'aiderai à aménager ta chambre et à placer les meubles si tu veux ! »

En parlant de chambre, ils s'y rendaient justement. Pour le moment elle était basique et très peu aménagée, d'où l'aide proposée par le rouquin qui lui précisa qu'elle pourrait y faire apporter ce qu'elle voulait, il suffisait de demander. Reiko n'avait pas l'air d'être du genre à exiger quoique ce soit. Elle semblait même être l'inverse, du genre à se priver pour en laisser davantage aux autres. Lavi s'imaginait que s'il ne lui assurait pas qu'elle pouvait bien demander ce qu'elle souhaitait, elle n'oserait pas se lancer d'elle-même. Pas qu'elle ne savait pas s'imposer ou quoi mais simplement que, plongée si vite dans un univers qu'elle ne connaissait pas, elle risquait de mettre du temps à oser faire les choses. Quoi de plus normal après tout ? Il fallait toujours un temps d'adaptation. Tout le monde n'avait pas la faculté des bookmen de s'adapter rapidement à n'importe quel milieu. Pour l'encourager, Lavi ne manquait pas de lui faire quelques compliments en toute sincérité.

« Qu'est-ce qu'est gentil ? De dire la vérité ? Ca fait du bien d'pouvoir compter sur quelqu'un et t'as l'air d'être ce genre de personne. C'est pas le cas de tout le monde ici mais on se serre les coudes autant qu'on peut. J'dis pas que tu t'entendra avec tout le monde mais surtout ne change pas ! Ta fraicheur peut nous faire que du bien. Puis avec toi, on sera rapidement d'attaque grâce à tes connaissances en matière de soin ! En plus, entre nous, c'est plus agréable que les aiguilles de Bookman ! »

Maintenant que Reiko avait pu voir sa chambre, Lavi lui proposa de faire le tour des lieux, en tout cas de suffisament d'endroits pour qu'elle puisse se débrouiller seule au besoin. Le reste attendrait le lendemain, histoire que la jeune femme puisse souffler et se reposer un peu. Et visiblement, du repos, elle en avait besoin. Elle chuta sur Lavi qui se levait alors qu'elle voulait faire de même, obligeant ce dernier à retomber sur le matelas mais allongé cette fois, n'ayant pu se retenir après l'impact. Reiko s'excusa bien vite mais Lavi n'avait rien, seulement surprit. L'italiano-japonaise précisa qu'elle s'inquiétait pour les exorcistes qui justement, ne faisaient pas un métier des plus calmes d'après ce que disait l'apprenti bookman. Il comprenait son désir de ne voir personne être blessé ou même tué mais c'était tout bonnement impossible. Ils avaient peut-être de quoi se défendre mais cela ne faisait pas d'eux des surhommes pour autant.

« Ce n'est pas n'importe quoi. Tu n'as pas envie de voir d'autres gens blessés ou mourir et j'le comprend bien. C'est ce qui fait d'toi quelqu'un d'bien et ça se fait un peu trop rare dernièrement. On peut difficil'ment faire la guerre en restant indemmes mais heureus'ment, on a des gens comme toi pour nous réparer après. C'est grâce à vous si on est encore en vie. Sans ça, on serait morts d'puis longtemps ! Faudrait plus de gens comme toi, assurément ! »

Estimant que la visite attendrait car Reiko semblait fatiguée au point d'en perdre l'équilibre assise, Lavi l'attrapa par le bras pour qu'elle s'allonge avec lui. Se reposer ne faisait de mal à personne et quelque chose disait au rouquin que c'était la meilleure des solutions pour le moment. Rien ne pressait pour le moment. Tant que Komui ignorait qu'une nouvelle exorciste était présente, autant en profiter. Il ne restait plus qu'à espérer que Bookman ne dise rien à ce sujet pour le moment. Allongé l'un contre l'autre, Lavi regardait le plafond mais baissait le regard de temps à autre vers celle qui lui parlait, lui affirmant qu'il faisait un bon coussin. Amusé, le rouquin ne manqua pas de répliquer. Reiko en remit une couche, signe qu'elle s'en amusait et donc se détendait. C'était une bonne chose.

« Bah... Du moment que tu me répares si tu m'amoches, ça m'va ! Attention, je suis un coussin sensible, y a que les bisous et les calins qui m'font effet de réparation ! » répliqua t-il en riant

Mais après les rires, Lavi opta pour un sujet un peu plus sérieux. Il fallait bien mettre les choses sur la table une bonne fois pour toute afin que Reiko soit plus apte à accepter cette nouvelle vie. Pour se faire, il fallait faire une croix sur l'ancienne. Chose plus facile à dire qu'à faire bien sûr, surtout après une double perte. "Pourquoi moi ?" C'était fatalement la question que l'on se posait lorsque l'on faisait face à un malheur et Reiko n'y fit pas exception. Mais difficile d'apporter une réponse à ça. A défaut d'en apporter une, Lavi lui donnait son soutien inconditionnel. Ils avaient déjà eu une petite discussion le soir même du drame mais cela n'avait clairement pas suffit à soulager la jeune femme
.

« Peut-être, mais grâce à toi, leurs âmes sont sauvées. On n'peut pas choisir ce genre de choses mais au moins t'as choisis de ne pas rester sans rien faire face à tout ça. Faut une sacrée force de volonté pour ça, crois moi. Plus on sera nombreux, plus on pourra éviter qu'à nouveau ce genre de drame se produise. L'passé, on peut pas le changer mais on peut encore changer le futur et faire en sorte qu'il soit pas si noir. » affirma t-il avec un sourire encourageant

Puis, comme si elle avait laissé tomber son armure, Reiko parla d'une voix plus basse, plus hésitante. Comme si elle ne réalisait que maintenant ses peurs actuelles. Elle doutait. Mais quoi de plus normal ? Elle n'avait pas encore de point de repère sur lequel se focaliser et il faudrait forcément du temps. Un claquement de doigts ne suffirait pas à tout arranger et Lavi le savait bien. Doucement, il passait sa main dans le dos de Reiko d'un geste rassurant comme pour lui assurer sa présence
.

« J'comprend et c'est normal. Mais justement, tu ne sera plus seule, Reiko. Faut que j'te présente Lenalee, elle saura te le confirmer mieux que moi. Pour elle, c'est sa maison et nous on fait parti des meubles. Enfin, façon de parler hein ! Ce que je veux dire c'est qu'on est une sorte de grande famille. On vit ensemble, on a le même but et on peut compter les uns sur les autres. T'es une des notres Reiko et si la solitude te tombe dessus, on sera là pour la repousser ! »

Sentant que Reiko s'accrochait à lui comme à une bouée, Lavi l'entoura de son autre bras pour la prendre complétement dans ses bras. Il ne pouvait pas faire grand chose d'autre et s'étonnait d'ailleurs lui-même d'être aussi calin avec une fille qu'il connaissait à peine au final. Même Lenalee, il ne la touchait pas autant, comme si elle était trop sacrée pour ça. C'était sans doute mieux ainsi, de la sorte, il n'éveillait pas les soupçons. Mais il n'avait même pas besoin de se forcer pour soutenir Reiko. Il avait décidément changé mais ce n'était pas pour lui déplaire.

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MessageSujet: Re: Une autre réalité [Lavi & Reiko]   Mar 9 Oct - 20:01

Les clichés, les jugements... autant d'éléments qui empêchaient les gens de raisonner correctement et d'analyser avec justesse ce qu'ils avaient sous les yeux. Pour Bookman par exemple, les gens devaient s'attendre à un honorable vieillard à la santé ravagée et soumis à une certaine dépendance ; et pourtant, c'était tout à fait loin d'être le cas. Sous ces profondes rides se cachait une vitalité surprenante, ainsi que Reiko avait pu le constater à l'auberge de Piateda, quand le « panda » avait asséné un vigoureux coup de pied à Lavi. Mais elle ne se rappela cela qu'après que le rouquin lui ait confié que le vieil homme était un expert en arts martiaux. Quoiqu'il en était, Lavi faisait bien de préciser qu'il ne fallait guère se fier aux apparences en ce qui concernait Bookman, et que mal en prenait à celui qui pourrait le sous-estimer, même pour une tâche aussi simple que de débarrasser leur chambre commune avec son apprenti, pour laquelle Rei avait proposé son aide.

    « Je note. On dirait pas comme ça quand même... Mais dis donc si ça t'empêche à ce point de dormir dans ton lit, vous devriez vite y remédier. Merci à toi en tout cas ! »


À l'inverse de la chambre des Bookmen, la nouvelle pièce de Rei était vide, mais elle pourrait apparemment la meubler avec ce dont elle aurait besoin et qu'elle pourrait demander. Elle pensa à ses plantes, avoir de quoi créer ses remèdes sous la main la ferait se sentir tout de suite un peu mieux. Après tout, elle passait toujours beaucoup de temps dans son « laboratoire » quand elle était encore chez elle. Plus que de meubles, si elle avait besoin de quelque chose, c'est à cela qu'elle penserait en premier lieu. Mais déjà la sympathie de Lavi la mettait à l'aise. Il était gentil avec elle.

    « J'espère être digne d'une telle confiance. Et être utile. Comme j'ai pu l'être avec toi, fit-elle en pointant son ventre, avant de sourire. Ça me va droit au cœur. »


Reiko, rassérénée, était encline pour la visite guidée proposée par Lavi. La Congrégation avait l'air d'être grande, et avoir une idée générale des lieux l'aiderait sans doute à s'y retrouver dans un premier temps avant de la connaître de manière plus approfondie. Mais dans sa maladresse, elle bascula sur le matelas et fit tomber Lavi en même temps qui, au lieu de se redresser, attira la jeune femme contre lui. Ils en profitèrent alors pour continuer leur discussion. Le rouquin affirmait que les exorcistes étaient habitués à être blessés, mais Rei pensait autrement. Sauf que ses idées impliquait une certaine utopie qui, évidemment, n'existait pas. La guerre était la guerre, et des blessures étaient forcément commises.

    « La vie c'est précieux. Tellement précieux. On en a qu'une, il faut en prendre soin et la mener comme bon on l'entend. La guerre... hum, ce n'est pas une guerre ordinaire que mène la Congrégation. Mais celles qui déchirent les hommes sont... tellement inutiles. Pourquoi n'apprennent-ils pas de leurs erreurs ? Pourquoi ils ne peuvent pas juste... vivre en paix ? Enfin... on peut pas y changer grand chose j'imagine. »


Elle était un peu sortie du sujet, mais comme Lavi avait évoqué la guerre en terme générale, c'est cette petite tirade qui l'avait inspirée et qu'elle avait eu envie de faire partager.

    « En tout cas... j'veux aider la vie. La préserver autant que possible. Alors si j'peux vous préserver, j'en serais heureuse. »


Elle fit ensuite une plaisanterie quant au fait que l'apprenti Bookman ferait un oreiller tout à fait confortable, bien qu'elle n'oserait pas l'utiliser pour une bataille de polochons sous peine de lui causer des blessures. Le rouquin renchérit, affirmant qu'il ne dirait pas non à une câlino-thérapie si d'aventure il devait être amoché. Avec un sourire, Rei redressa la tête et déposa un léger bisou sur sa joue.

    « Ça, c'est pour la chute ! »


Puis elle écouta Lavi, avant de lui faire part peu à peu du fond de sa pensée. De ses sentiments, quant à cette nouvelle situation qui avait surgi de nulle part dans sa vie. Elle avait déjà parlé avec de lui de cela, mais pourtant elle n'avait pas réussi à tout formuler et à vider son sac. Lavi lui offrait une occasion de s'exprimer à nouveau, et Rei n'aurait jamais abordé la question d'elle-même, ayant trop peur de l'embêter avec ça. Mais puisqu'il remettait ça sur le tapis...

    « C'est ma seule consolation. Je regrette... de ne pas avoir pu leur dire à quel point je les aimais. J'espère que je vais pouvoir tout recommencer de zéro ici... même si de toute manière on ne peut pas oublier le passé. Tu as raison... j'espère que tout ira pour le mieux... »


Espérer, espérer. N'y avait-il donc que cela à faire ? Reiko détestait ce sentiment d'impuissance, pourtant elle ne pouvait rien faire d'autre qui soit concret. Elle sentit la main du rouquin se glisser sur son dos d'une manière rassurante, réconfortante. Peut-être avait-il raison, peut-être qu'elle ne serait plus seule... mais il n'y avait que l'avenir qui pourrait le lui dire. Comme si elle recherchait davantage de protection, la jeune femme logea son front dans le creux du cou de Lavi, comme pour s'y cacher et ne pas regarder l'avenir devant elle. À l'heure qu'il était, elle le craignait encore.

    « Je... j'ai hâte, enfin... j'espère que j'arriverais à en faire partie... c'est... je serais vraiment heureuse... et je ferais en sorte que vous puissiez compter sur moi aussi. »


Sa voix se faisait de plus en plus hésitante. Elle ne s'était pas rendue compte qu'elle s'accrochait aux vêtements de Lavi, et ne le comprit que quand il passa ses bras autour d'elle, l'enlaçant doucement. Le rouquin était vraiment gentil avec elle, aussi ne chercha-t-elle pas à repousser son étreinte amicale. À vrai dire, elle ne l'avoua pas à haute voix, mais elle en avait terriblement besoin en ce moment. C'est pour cela qu'elle lui dit une deuxième fois :

    « Hontôni arigato... »


Avant de se laisser aller confortablement contre lui sans trop s'en apercevoir et de finir par s'endormir, plus fatiguée qu'elle ne l'aurait cru. La visite attendrait le lendemain finalement...

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Lavi
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MessageSujet: Re: Une autre réalité [Lavi & Reiko]   Mer 10 Oct - 9:40

Lavi s'entendait si bien avec Reiko qu'il avait tendance à oublier qu'ils ne se connaissaient que depuis assez peu de temps au final. Bien qu'ils aient été forcés de voyager ensemble et donc de se cotoyer pendant plusieurs semaines, ils en savaient au final assez peu l'un sur l'autre. La plupart des discussions avait tourné autour de la Congrégation et de cette guerre qu'ils menaient bien que le rouquin changeait parfois habilement de sujet pour leur changer les idées. Il ne prenait donc pas la peine de trop rentrer dans les détails lorsqu'il s'adressait à Reiko. Résultat, elle ne comprenait pas toujours ce qu'il voulait dire. Il fallait dire qu'à par sur certains sujets, l'apprenti bookman détestait parler de lui. Après tout, il n'était personne alors il valait mieux que les gens n'en sachent pas trop sur lui. Quoi leur dire de toute façon ? "Lavi" n'était même pas vraiment son nom.

« Ah non non, ça ne m'empêche pas d'y dormir. J'veux dire, avant d'arriver à la Congrégation, j'restais jamais aussi longtemps au même endroit. Du coup, j'dormais rarement dans un lit. Les voyages, tout ça, tu vois ? Et puis comme j'm'endors facilement n'importe où ben... j'utilise que rarement mon lit au final. Enfin, si jamais il arrive que j'peux plus atteindre mon lit pour vouloir y dormir... j'viendrais squatter le tien ! » fit-il en riant « J'plaisante. Si jamais ça arrive ben... vu que j'ai une coéquipière de ménage, ça devrait faciliter grandement les choses ! » confirma t-il en souriant

Dans la chambre de Reiko au moins, ils avaient de l'espace. Mais plutôt que de rester plantés debout, ils s'installèrent sur le lit, rare meuble de la pièce encore vide. L'acquisition de cette chambre était un bon point de départ pour Reiko, preuve qu'elle avait enfin mis les pieds dans sa nouvelle carrière d'exorciste. Elle semblait avoir du mal à le réaliser mais quoi de plus normal ? C'était comme franchir une frontière, découvrir le monde sous un autre angle... Ce qu'elle venait d'apprendre, peu de monde le savait et voilà qui allait changer sa vie. Tout ce qu'elle semblait souhaiter pour le moment était d'être utile mais Lavi ne doutait pas une seconde qu'elle puisse l'être. Lorsqu'elle évoqua son ventre, le rouquin passa instinctivement sa main sur l'endroit
.

« J'vois pas pourquoi soudain'ment tu le serais plus ! Tu sais garder ton sang froid et on a b'soin de gens comme toi. Tu pourras compter sur nous pour protéger tes arrières ! »

Pour Lavi, il n'y avait pas besoin de faire de suppositions à ce sujet. Reiko était compétente et bien qu'elle était novice sur le champ de bataille, elle avait les nerfs nécessaires pour être présente sur le terrain. Toutefois, il lui faudrait un véritable combat pour prendre conscience de tout ce que cela engendrait. Ce n'était en tout cas pas le moment et l'apprenti bookman proposa plutôt une visite guidée avant qu'elle ne soit projetée pour de bon dans l'univers sans pitié des exorcistes. Mais à cause d'une perte d'équilibre de l'italiano-japonaise, les deux exorcistes restèrent allongés sur le matelas, aidés par un Lavi qui n'avait plus tellement envie de se lever.

Tout en parlant des capacités de la jeune femme, il évoqua également la guerre et les nombreux blessés et morts que cela engendrait. Pas une seconde, il ne pensait que Reiko rebondirait sur le sujet. Mais pourtant, elle donna son avis qui résonnait étrangement comme le sien. Jusqu'à présent, les rares fois où le sujet de la guerre avait été évoqué avec les membres de la Congrégation, tout le monde avait fait en sorte de changer de sujet ou se contentait de parler de futur, quitte à se voiler la face. Lavi, grâce à ses compagnons, avait vu les choses d'une autre façon, moins pessimistes et convaincu qu'il existait des personnes qui valait la peine d'être connue, que tous les humains n'étaient pas similaires...Que l'on pouvait faire la guerre sans forcément être des monstres et souhaiter à tout prix le chaos. Reiko se posait les mêmes questions que lui visiblement, ce qui laissa le rouquin silencieux, songeur, presque choqué d'entendre ça. Même s'il ne parlait pas, cela se voyait à l'expression de son visage, à la fois étonnée et renfermée
.

« Parce que l'homme est profondement stupide. Comme tu le dis, il n'apprend pas de ses erreurs... Il ne vit que pour la destruction, pour s'imposer face aux autres... On critique le Comte Millénaire mais beaucoup d'hommes ne valent pas mieux que lui et ne mériteraient même pas d'être sauvés... » fit-il d'une voix monocorde et un peu sèche, ce qui tranchait avec son entrain habituel « Mais... malgré tout, tout le monde n'est pas comme ça. Il existe des gens qui en valent la peine, des gens sur qui on peut compter et qui, quoiqu'il arrive, ne changeront pas d'objectif. C'est pour ces gens là qu'il faut se battre et terminer cette guerre au plus vite. » ajouta t-il d'une voix plus douce comme s'il essayait d'effacer son commentaire précédent

Face à un tel sujet, Lavi ne pouvait rester de marbre et faire comme s'il n'avait rien entendu. Mais puisqu'il était d'accord avec Reiko, il estimait ne pas avoir à insister là dessus et préféra passer à autre chose. Ce pessimisme n'était pas censé être dans ses traits de caractère et il valait mieux revenir sur un sujet plus important : Reiko. Toutefois, celle-ci s'en chargeait très bien toute seule, comparant le rouquin à un oreiller dont elle voulait prendre soin. Lorsqu'elle l'embrassa sur la joue comme pour le guérir de la chute qu'elle avait causé, Lavi se mit à rougir légèrement, ne s'attendant pas à un tel geste. C'était plutôt paradoxal pour lui mais il n'était pas habitué à ce genre de geste d'affection même s'il n'était présentement motivé que par le jeu. Jamais il n'hésitait à prendre quelqu'un dans ses bras mais l'inverse était déjà bien plus rare
.

« Arrête hein... J'vais faire exprès d'tomber après ! » fit-il remarquer en riant à demi, tentant de faire disparaitre sa gêne

Bien qu'ils avaient déjà évoqué sa situation lors de leur rencontre, l'infirmière n'était jamais revenue dessus, comme si elle avait déjà tout oublié. Mais on oubliait pas ce genre de choses si facilement. Et son comportement un peu hasardeux l'avait prouvé à plusieurs reprises. Lavi, sous le couvert d'un bilan du présent de la jeune femme, lui proposait d'en reparler, de vider son sac et de raviver sa motivation quant à sa nouvelle vie. Il l'écouta donc, la laissant dire ce qui lui passait par la tête et évacuer la pression qu'elle pouvait ressentir. Il était plutôt mal placé pour donner des conseils sur l'avenir mais cela ne voulait pas dire qu'il ne pouvait pas essayer
.

« On oublie jamais rien. C'est c'qui nous construit, nous modèle. C'qui s'est passé hier fait d'toi qui tu es aujourd'hui et celle de demain s'ra différent de celle de maint'nant. On peut pas changer l'passé c'est vrai mais on peut changer l'futur par nos actions présentes. C'est pour ça qu'on est là, c'est pour ça qu'les exorcistes se battent. Même si t'as pas pu leur dire, ils le savaient sans doute. Même transformés, ils en avaient sûr'ment conscience, t'étais toujours là, près d'eux, jusqu'à la fin. Puis même si physiqu'ment ils sont plus là, ils vivront toujours à travers toi tant que tu les oublies pas. C'est c'qui doit faire ta force et non ta faiblesse. Et même si tu flanches, on t'aidera à t'reveler Rei-chan. »

Au moins désormais, elle savait plus ou moins à quoi s'attendre de leur part. Lavi faisait de son mieux pour la rassurer et lui donner des points de repère dans ce nouvel univers mais il ne pouvait pas non plus agir à sa place. C'était à elle de trouver sa place et de se trouver un but. Installée contre lui, il sentit Reiko se serrer un peu, comme si elle avait besoin de s'accrocher à quelque chose de tangible pour être certaine qu'elle était bel et bien là. L'entourant de ses bras, Lavi pensait lui offrir ainsi ce qu'elle recherchait. Il était inutile de parler davantage de tout ça, elle savait désormais à quoi s'en tenir. Un nouveau merci s'échappa des lèvres de la jeune femme mais sa voix trahissait une certaine fatigue. Pas étonnant après ce qu'elle venait de traverser. Lavi trouva inutile de lui dire qu'il n'y avait pas de quoi. Après tout, si elle voulait le remercier, pourquoi l'en empêcher ?

Peu à peu, il sentit l'étreinte de Reiko devenir plus faible comme si elle n'avait plus assez de force pour continuer de s'aggriper à ses vêtements. Redressant un peu la tête, il constata qu'elle avait fermé les yeux. Sa lente et régulière respiration laissait penser qu'elle s'était finalement endormie dans ses bras
.

« Rei-chan... ? » murmura t-il pour ne pas la réveiller si jamais elle dormait vraiment

Devant l'absence de réponse, Lavi dû se rendre à l'évidence : le sommeil l'avait rattrapé. Seulement, dans cette position, il ne pouvait pas bouger sous peien de la réveiller. Il était donc coincé là jusqu'à ce qu'elle daigne rouvrir les yeux. Puisqu'il ne pouvait pas rejoindre sa propre chambre, autant passer la nuit ici. Tendant le bras lentement, il attrapa la couverture du bout des doigts et la ramena sur eux, en couvrant Reiko doucement. Une fois fait, il reposa la tête sur l'oreiller et ferma les yeux à son tour. Le sommeil ne tarda pas à le gagner rapidement lui aussi
.

~~~~
Un trait de lumière émanant de la fenêtre encore dépourvue de rideaux réveilla Lavi. Ouvrant lentement l'oeil, il constata que Reiko n'avait pas bougée et semblait toujours dormir. Quelle heure était-il ? Ils avaient dû pas mal dormir mais c'était qu'ils en avaient bien besoin. Le rouquin se passa une main sur le visage puis passa ses bras derrière sa nuque pour s'y appuyer, regardant l'infirmière dormir. La visite n'ayant pu être faite la veille, ils avaient à présent toute la journée qui venait pour s'y mettre. Serait-elle plus disposée à rencontrer d'autres membres de la Congrégation cette fois ? Il n'y avait plus qu'à attendre qu'elle se réveille.

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MessageSujet: Re: Une autre réalité [Lavi & Reiko]   Sam 13 Oct - 17:35

Reiko était, au fond, quelqu'un d'assez réservé. Et bien qu'elle se montrât toujours gentille, polie, respectueuse avec les autres, elle n'avait jamais pu se lier vraiment d'amitié avec quelqu'un dans son village. Certes, il y avait toujours eu de la bonne camaraderie, mais ça s'arrêtait là. Soit parce que ça réserve décourageait les autres personnes à lui parler un peu plus, soit parce qu'étant la seule asiatique dans un petit village de montagne italien, cela l'ostracisait plus ou moins. C'était comme ça. Mais tant qu'elle avait ses parents sur qui compter, la seule amabilité des gens lui suffisait. Sauf qu'à présent tout avait changé. Et si suite à ces événements Reiko avait failli se montrer davantage renfermée sur elle-même, Lavi lui avait grandement changé les idées et avait outrepassé son silence, l'encourageant au contraire à lui parler plutôt que de la laisser seule dans son coin. La jeune femme avait vraiment apprécié ses efforts et avait fait de son mieux pour en faire à son tour, si bien qu'à présent on avait l'impression qu'ils s'entendaient à merveille, ce qui n'était pas spécialement faux. En vérité, ils ne savaient pas grand-chose l'un de l'autre.

    « Ah, je comprends, tu as vraiment du beaucoup voyagé alors... haha, raison de plus pour débarrasser un peu la pièce ! Au pire des cas, je te ferais une place comme tu l'as fait pour moi à Piateda, en attendant. » fit-elle sur le ton de la plaisanterie.


La nouvelle pièce de la jeune femme était encore vide pour le moment, à part le lit et le bureau, mais nul doute qu'elle deviendrait un refuge pour elle, tout comme l'avait été son laboratoire dans son ancien chez-elle. Pourtant elle ressentait une émotion étrange, comme si elle était passée d'un monde à un autre sans possibilité de retour... au fond, c'était le cas. D'où la nécessité pour elle que la Congrégation devienne vite pour sa maison, ce qui était apparemment le cas pour nombre personnes au quartier général, et surtout de se sentir utile, comme elle s'était toujours débrouillée pour l'être. Elle ne voulait surtout pas devenir un boulet, que ce soit à la Congrégation ou sur le champ de bataille. Cela risquait d'être un peu plus dur pour le deuxième cas de figure... tout ce sur quoi elle pouvait compter en toute certitude pour le moment était ses compétences en matière de soin.

    « Garder mon sang-froid, certes... j'espère que ce sera aussi le cas sur le champ de bataille. Merci... »


Le seul combat qu'elle avait mené pour le moment s'était déroulé dans sa maison, contre un seul Akuma. Qu'en serait-il lorsqu'ils seraient une dizaine ? Rei se dit qu'il allait vite lui falloir apprendre à maîtriser son Innocence... mais ce n'était pas au programme pour le moment. Lavi lui proposa de visiter le quartier général, ce qu'elle accepta tout de suite mais qu'ils ne purent finalement entamer, à cause de la maladresse de l'infirmière. Plutôt donc de se relever, ils se retrouvèrent tous deux allongés sur le matelas et ne se redressèrent pas ; la conversation put donc continuer.

Le sujet dériva donc sur la guerre. La jeune femme lui fit part de ce qu'elle pensait de cette ignoble invention des hommes, quand bien même la Congrégation ne menait pas exactement ce genre de combat contre d'autres hommes ou patries. Pourquoi le monde ne pouvait-il pas être qu'harmonie ? Parce que rien n'était parfait ? Parce que cela faisait partie de la nature de l'homme de créer le chaos ? Tout un tas de questions auxquelles Rei n'avait pas de réponses, pas plus que d'autres gens n'en avaient. C'était peut-être juste... comme ça. Lavi avait l'air à la fois surpris et sombre d'entendre les paroles de la petite infirmière, comme s'il ne s'était pas attendu à ce qu'elle venait de dire. Elle écouta à son tour son opinion sur la chose. Sa voix enjouée s'était refroidie sur ce sujet qui semblait lui tenir à cœur. Mais il termina avec des propos plus doux, plus optimistes.

    « Tu as sans doute raison... dommage que ces personnes-là soient si rares... »


Les derniers mots de Lavi frappèrent la jeune femme. Bien sûr, la guerre devait se terminer, il ne devait plus y avoir de morts d'innocents, d'âmes arrachées et de corps d'humains possédés sous l'emprise du Comte Millénaire... bien sûr que tout cela devait finir. Mais après ? Que se passerait-il ? Si le Comte venait à disparaître et les exorcistes à remporter la guerre, qu'adviendrait-il d'eux ? Devraient-ils tous se séparer ? Non... pourquoi donc pensait-elle à ça ? L'issue de la guerre n'était pas prête d'arriver, et il ne pouvait y avoir de certitude quant au vainqueur... effrayée, elle repoussa violemment cette pensée dans un coin de son esprit.

Elle préféra donc continuer sur le ton de la plaisanterie en comparant Lavi à un oreiller bien confortable dont il fallait prendre soin avec des câlins. Et pour se faire pardonner de l'avoir fait tomber, elle lui fit un bisou sur la joue. Un comportement plutôt audacieux auquel elle ne se serait d'habitude pas livrée, mais elle dissimula sa gêne soudaine derrière un rire. Le rouquin quant à lui rougit un peu, gêné, tandis que Rei identifiait la raison pour laquelle elle se trouvait soudainement plus entreprenante ; sans doute était-ce le propre comportement de Lavi sur lequel elle prenait un peu exemple. Mais vu sa réaction, elle avait du aller trop loin.

    « Ah non, va pas te faire mal... » fit-elle en éloignant son visage du sien.


L'apprenti Bookman enchaîna ensuite sur un sujet dont ils n'avaient guère reparlé depuis Piateda. Ce fut là l'occasion pour Reiko de vider une nouvelle fois son sac et surtout de mettre en lumière ses appréhensions. Elle eut du mal à les formuler, n'ayant guère l'habitude de ce genre d'exercice, mais plus elle parlait, et plus elle se sentait un peu plus légère, libérée. Elle écouta Lavi, accrochée à son haut comme une huître le serrait à son rocher. Il avait raison. Après tout, la vie c'était ça, se battre pour le futur, pour ce qui était bien, et ne pas oublier d'où on venait ni de quelle façon on avait changé, les personnes qui avaient participé à nous faire changer. Rei l'écouta, sentant la fatigue la rattraper. Elle eut simplement le temps de remercier une dernière fois le rouquin avant de céder à la lourdeur de ses paupières et de passer des bras de Lavi qui la maintenaient toujours contre elle à ceux de Morphée. Elle n'eut même pas la présence d'esprit de se décaler sur le matelas pour libérer le jeune homme...

Quand elle se réveilla le lendemain, la lumière du soleil lui chatouilla les paupières et elle ouvrit les yeux lentement, se demandant brièvement où elle était. Le plan sur lequel elle reposait bougeait bizarrement, comme s'il respirait... et se souvenant de la soirée de la veille, Reiko comprit sur qui elle avait dormi. Elle se redressa subitement.

    « Lavi ! Je suis désolée de m'être endormie sur toi... »


Elle se détacha aussitôt de lui et se redressa pour s'asseoir au bord du lit, étirant ses muscles raidis. Elle n'avait pas bougé de la nuit tellement elle avait dormi profondément.

    « Ça fait longtemps que tu es réveillé... ? »
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MessageSujet: Re: Une autre réalité [Lavi & Reiko]   Lun 15 Oct - 16:32

Reiko n'avait pas tort lorsqu'elle disait que Lavi avait dû pas mal voyager. Depuis qu'il avait choisi de devenir Bookman et qu'il avait été accepté par le vieil homme pour devenir son apprenti, le rouquin n'était jamais resté bien longtemps au même endroit. La seule constante de son univers était les guerres qu'il voyait sans cesse partout. A croire qu'aucun pays n'était épargné, comme si chaque nation faisait un concours sur le plus grand nombre de morts. A bien y réfléchir, le Comte Millénaire devait se régaler de voir les autres s'entretuer de la sorte. Quoiqu'il en était, le statut de Lavi à la Congrégation était exceptionnel. Déjà parce qu'il avait rejoint l'un des deux camps au lieu d'être neutre comme à son habitude mais aussi parce qu'il resterait aussi longtemps que la guerre durait. Ou bien s'il se passait un événement qui contrariait le plan des bookmen. Mais ça, même Lavi n'était pas au courant, son maitre restant assez secret sur leur mission exacte. Au moins, on ne pouvait pas dire que le jeune homme n'avait pas de quoi s'occuper à la Congrégation. Il n'y avait qu'à voir leur chambre où s'entassaient livres et documents. Mais désormais, si l'envie lui prenait de remettre de l'ordre, il avait quelqu'un sur qui compter.

« J'voyage depuis mes six ans, j'suis allé un peu partout à vrai dire. J'tiens plus du globe-trotter que de l'archiviste sédentaire au final. Heureusement que je ne traine pas avec moi toutes les notes qu'on a récoltées depuis toutes ces années, sinon il me faudrait plus qu'une simple chambre pour tout stocker ! Si un jour j'arrive plus à ouvrir la porte de la pièce, j'viendrais réclamer un abri pour la nuit chez toi. Mais promis, ce sera qu'une nuit puisque j'ai trouvé quelqu'un d'adorable pour m'aider à ranger ! » souligna t-il tout en la regardant, souriant

Jouer les intrus était tout à fait son genre, aimant s'inviter un peu partout, surtout quand on ne l'y attendait pas. Une caractéristique des Bookman un peu poussée chez lui. Toutefois, il ne comptait pas non plus imposer sa présence à Reiko la nuit, l'ayant déjà fait une fois. Bien qu'à bien y réfléchir, c'était elle qui avait insisté pour qu'ils partagent le lit, Lavi préférant le lui laisser. Quoiqu'il en soit, le rouquin ne comptait pas attendre d'être complétement envahi par ses livres bien que d'une certaine façon, c'était déjà un peu tard. Si l'envie lui prenait, il pouvait désormais compter sur Reiko. Il supposait également qu'il pourrait compter sur elle sur le champ de bataille. Il ne la connaissait pas encore vraiment mais il sentait qu'elle était une personne de confiance et qui serait déterminée lors des combats même si elle devait craquer à la fin. Dans un sens, elle lui rappelait un peu Lenalee. Forte mais tellement fragile aussi. Bien que pour le moment, elle semblait manquer de confiance en elle, encore perdue dans ce tout nouvel univers dans lequel elle venait de mettre les pieds.

Lavi aussi était passé par là. Son arrivée à la Congrégation s'était plutôt bien passée grâce à l'accueil de l'équipe scientifique et entre autre, de Lenalee. Il n'y avait eu au final qu'avec Kanda que cela avait failli mal tourner. Le rouquin espérait qu'entre japonais, le courant passerait mieux. Reiko ne s'aventurerait sans doute pas à l'appeler par son prénom contrairement à Lavi qui ne s'était pas gêné pour le faire. Cette petite mésaventure ne l'avait pourtant pas dissuadé de cesser de le faire, s'attirant à chaque fois les foudres de l'asiatique ronchon. Il songerait d'ailleurs à prévenir Reiko d'éviter de le faire si toutefois il lui arrivait de parvenir à échanger plus de deux mots avec Kanda. Puisque l'italiano-japonaise était infirmière, elle aurait sans doute la patience requise pour endurer une mission avec lui. C'était en tout cas ce que lui souhaitait Lavi.

Cette même patience serait fortement utile pour qu'elle conserve son sang-froid et prouve son utilité sur le champ de bataille. Il fallait dire que le combat n'était clairement pas la discipline fétiche de la jeune femme, n'ayant même probablement jamais combattu. Toutefois, elle avait eu de bons réflexes lors de son premier combat contre un Akuma, même si celui-ci était sa mère... et son père à la fois. Plutôt que de se terrer de peur ou de se laisser tuer de désespoir, elle avait lutté. Juste à cause de ça, Lavi ne doutait pas qu'elle puisse devenir une exorciste accomplie. Elle faisait ce qui devait être fait, quitte à en souffrir une fois que tout était fini
.

« Quoiqu'il en soit, on sera là pour t'épauler. Ca marche pas que dans un sens ! On s'protégera les uns les autres ! Mais j'te laisserai faire les soins, tu es plus douée ! » affirma t-il en riant à demi

A présent allongés sur le matelas du lit de la jeune femme, les deux exorcistes continuaient de discuter comme si de rien n'était. Le contact physique ne semblait pas déranger Reiko puisqu'elle n'avait pas fait mine de vouloir bouger. Si jusqu'ici la conversation était plutôt joyeuse, ce fut très vite l'inverse lorsque le sujet de la guerre fut aborder. Mieux valait ne pas lancer Lavi là dessus, blasé de l'attitude des hommes. Il ne pu s'empêcher de donner son point de vue mais termina par une petite note optimiste, chose rare chez lui lorsque l'on abordait ce thème. Les exorcistes l'avaient convaincu qu'il y avait aussi du bon dans l'Homme et que tout ceci n'était pas juste une vaste tuerie sans but réel. Il y avait en effet des gens qui, à eux seuls, faisaient la différence
.

« Tu fais partie de ces gens là, j'en suis sûr. » murmura t-il sans vraiment la regarder

Même si la guerre en général ne disparaitrait pas tant qu'il y aurait des hommes pour la faire, cette guerre-ci finirait bien par se terminer un jour. L'un des deux camps finirait bien par l'emporter sur l'autre. Dans un sens, il n'y aurait peut-être plus de guerre du tout suite à celle-là si c'était les Noés qui gagnaient. Avec la destruction de l'humanité à la clé, plus de risque de guerres puisqu'il n'y aurait plus d'hommes ou presque sur terre. Lavi voulait croire à la victoire des exorcistes. Pas parce qu'il en faisait parti mais parce qu'il estimait qu'en unissant leurs forces, ils seraient plus forts. Ils s'étaient déjà sortis de maintes situations désespérées alors pourquoi pas de la guerre en elle-même ?

Le sujet redevint plus joyeux lorsque Reiko le compara à un oreiller. Cela se solda par un bisou sur la joue, censé le "réparer" suite à la chute de la jeune femme qui avait entrainé la sienne. Habitué à donner des marques d'affection mais peu habitué à en recevoir, Lavi ne pu s'empêcher de rougir légèrement, ne s'attendant pas à un tel geste. Reiko dû croire qu'il n'appréciait pas ça puisqu'elle se recula presque aussitôt, lui disant de ne pas se faire mal volontairement pour avoir des bisous supplémentaires. Il ne voulait pas qu'elle se méprenne néanmoins
.

« Bah... avec un tel traitement, on oublie vite qu'on s'est fait mal ! Méfie toi, tu risques d'avoir beaucoup de patients si tu les soignes tous de la sorte ! Moi le premier ! »

Un sujet un peu plus sérieux revint sur le tapis. L'apprenti bookman avait estimé que c'était l'occasion ou jamais de lui reparler des événements qui avaient donné lieu à leur rencontre : la mort de ses parents. Le but n'était pas de lui rappeler de mauvais souvenirs mais plutôt qu'elle en fasse une force, qu'elle se libère de cette peine et qu'elle retrouve pied. L'idée avait plutôt bien fonctionné même si Reiko semblait peinée. Mais à cause de toutes ces émotions et de la fatigue du voyage, la jeune femme finit par s'endormir sur le rouquin qui n'avait pas bougé plus que pour l'entourer de ses bras. Se rendant compte de la somnolence de sa collègue, Lavi se contenta de la couvrir pour la nuit avant de s'endormir à son tour.

Le rouquin se réveilla en premier, gêné par le soleil mais fit l'effort d'éviter de bouger pour ne pas perturber le sommeil de Reiko qui dormait toujours contre lui. C'était une sensation étrange de sentir quelqu'un contre lui en train de dormir. En tout cas habillé. Ce n'était pas la première fois bien sûr mais cela lui faisait toujours un drôle d'effet. Il ne fallu cependant pas longtemps à Reiko pour émerger à son tour et se... propulser loin de lui, au plus grand étonnement de l'archiviste. Etait-il devenu soudainement inconfortable ou brûlant pour qu'elle s'en éloigne ainsi ? Il l'aurait frappé qu'elle n'aurait pas réagit différement. A ce qu'elle finit par dire, Lavi comprit qu'elle n'avait pas voulu s'endormir contre lui. Mais de là à se croire indésirable à ce point, il y avait tout de même une limite. Il fallait la rassurer
.

« Bonjour Rei-chan. Pourquoi tu t'excuses ? Je fais mon rôle non ? » fit-il en souriant, se tapotant le torse en évoquant son rôle d'oreiller

Puisqu'il n'était plus entravé, Lavi se redressa à son tour, s'asseyant un bref instant pour s'étirer avant de quitter le lit pour se mettre debout, face à Reiko. Aujourd'hui était une nouvelle journée et ils avaient toute la journée pour faire le tour de la Congrégation et présenter la jeune femme à qui de droit. Et aux autres aussi. Mais puisqu'ils venaient de se lever, un petit tour à la cantine était un bon point de départ. Lavi tenait à son café matinal
.

« J'ai bien dormi ! Toi aussi j'espère ? En forme ? On va pouvoir la faire cette visite finalement ! Et si on commençait par la cantine ? Comme ça on pourra manger et boire un peu, histoire d'se mettre en de bonnes conditions ! On ira voir Komui par la suite, tu verra, il est gentil. Bizarre parfois... mais gentil. Tu veux p't'être te changer avant ? Tu veux que j'te laisse quelques minutes ? Ou alors j'te montre où sont les salles d'eau ? »

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MessageSujet: Re: Une autre réalité [Lavi & Reiko]   Dim 28 Oct - 10:08

Voyager... ce terme était synonyme pour Reiko de grandes découvertes d'horizons inconnus, d'aventures, d'émerveillements au bout d'un long trajet à travers l'inconnu. Grandiloquente idée pour une jeune fille qui n'avait jamais foulé autre sol que celui de son petit village italien. Certes, elle était née au Japon, mais elle n'avait aucun souvenir de son pays natal. Son seul horizon n'avait jamais rien été d'autre que le sommet des montagnes de la Lombardie, ses « voyages » se résumant aux seules escapades qu'elle entreprenait seule sur les versants ensoleillés, à la recherche de plantes la plupart de temps, mais aussi de distraction. Au fil des années cependant, elle s'était mise à connaître par cœur les sentiers... la montagne n'avait au final plus grand chose de nouveau à lui offrir.

Maintenant que tout avait changé, c'était une autre paire de manche. Rei, en compagnie des deux bookmen, n'avait jamais voyagé aussi loin vers le Nord. Mais comme plus rien ne la rattachait vraiment à Piateda maintenant qu'elle y avait perdu ceux qui lui étaient si chers, la traversée du continent ne la fit pas souffrir du mal de pays. Elle était certes un peu effrayée – qui ne le serait pas ? - mais ce n'était pas en rapport avec le voyage, plutôt avec son devenir.

    « Ça alors... tu as du en voir du pays. Vous notez vraiment tout ? Mais après, vous les conservez ? Pas étonnant alors que tu puisses plus dormir dans ton lit... sois sans crainte, tu pourras squatter le temps que tu puisses de nouveau te reposer dans ta chambre. » fit-elle en souriant.


Discuter ainsi faisait paraître la situation normale... tellement normale que Rei en aurait presque oublié où elle se trouvait à présent. Pour le moment, elle discutait simplement avec Lavi, dont elle appréciait grandement la sympathie et la sollicitude dont il faisait preuve envers elle, et ce depuis le début. Elle ne regrettait pas d'avoir demandé à Lavi de rester avec elle plutôt que de lui faire visiter tout de suite la Congrégation. En compagnie du rouquin, la petite infirmière sentait ses angoisses commencer à disparaître doucement. Si les autres membres de la Congrégation se montraient aussi patients que lui à l'avenir, la jeune femme ne tarderait peut-être pas à s'intégrer comme il le fallait... mais ça, seul le temps pourrait le dire. En attendant, elle se posait aussi des questions sur ce qu'il allait en être sur le champ de bataille. Il fallait du sang froid pour faire face à de terribles blessures, il en fallait certainement davantage pour assister au moment où elles étaient infligées. Elle hocha cependant doucement la tête en souriant alors que Lavi lui affirmait qu'elle pourrait compter sur le soutien de ses futurs collègues.

    « Un vrai travail d'équipe en somme. Pas de soucis en ce cas, je m'occuperais bien de vous tous après la bataille ! Ça au moins, je suis certaine d'en être capable. » prononça-t-elle avec un sourire sûr et franc.


La maladresse de Rei les avait amenés à se retrouver allongés sur le lit, la jeune femme au dessus de Lavi, ce dernier l'ayant attiré contre lui. Ça n'était pas spécialement dérangeant, après tout ils avaient déjà été aussi proches que cela lors de la dernière nuit de Reiko à Piateda. C'est donc ainsi qu'ils continuèrent à discuter, le sujet dérivant sur l'imbécilité de l'humanité qui continuer à se noyer dans le conflit et à se déchirer en permanence, n'apprenant jamais de ses erreurs du passé. Contrairement à Lavi, auquel ce sujet semblait fortement tenir à cœur, Rei ne se faisait que de simples réflexions, exposant simplement les conclusions qu'elle avait déduit de ses analyses de l'histoire passée, bien qu'elle déplorât tout autant que le rouquin l'attitude des hommes les uns envers les autres. Oui, les bonnes personnes étaient rares, très rares... elle sourcilla aux paroles de l'apprenti bookman.

    « Alors toi aussi... »


La jeune femme le pensait sincèrement. S'il disait vrai, qu'il avait vu suffisamment de conflits et de guerres pour perdre totalement foi en l'humanité mais que malgré il persistait à croire qu'il existait tout de même encore de bonnes personnes dans ce vaste océan de chaos et de mal que formaient les hommes, c'était que lui même avait un très bon fond aussi. Du moins, elle en était persuadée.

Désolée ensuite d'avoir fait basculer Lavi sans le vouloir et craignant de lui avoir fait mal, Rei eut la rare audace de lui faire un bisou sur la joue, comme si cela pouvait le soigner. En termes de marques d'affection, généralement, la petite infirmière se limitait aux sourires et aux bonnes paroles. Sans doute que le contact rapproché avec le rouquin avait encouragé ce geste inhabituel de sa part. Mais il lui sembla que le rouquin était gêné, aussi ne s'attarda-t-elle pas aussi près de lui, bien qu'elle ne cherchât pas non plus à se redresser complètement. Lavi était vraiment confortable après tout... elle se mit à rire doucement à son discours.

    « Oh non, je ne soigne pas tout le monde comme ça ! Seulement ceux qui le méritent. » argumenta-t-elle, toujours souriante.


Car oui, Lavi le méritait. Il avait été si patient et gentil avec elle, lui réitérant sans cesse qu'elle ne serait plus toute seule à l'avenir, la remotivant, lui faisant voir le bon côté des choses alors qu'elle-même se laisser plutôt aller à s'enfoncer dans la mélancolie. Il n'hésitait pas non plus à ramener sur le tapis des sujets qui avaient besoin d'être discutés, comme par exemple ce que ressentait la jeune femme quant à la disparation de ses parents et qu'il venait d'aborder. Ce fut dur pour Reiko, mais elle finit par réussir à extérioriser ses émotions, et surtout ses peurs, qu'elle n'avait plus osé reformuler. L'effort lui en coûta cependant, et plus fatiguée qu'elle ne le pensait, la jeune femme finit par s'endormir, confortablement allongée sur le rouquin.

Le réveil en revanche fut plus dynamique. Le soleil lui chatouillant les paupières et elle finit par ouvrir les yeux, se redressant brusquement en se rendant compte qu'elle était affalée sur Lavi et s'excusant auprès de lui. Sa réaction un peu exagérée sembla étonner le rouquin, qui lui demanda pourquoi elle demandait pardon, et qu'il n'avait fait que jouer son rôle d'oreiller. Rei eut un petit rire, se rappelant de sa comparaison.

    « Oui, mais j'espère du coup que je ne t'ai empêché de te reposer non plus. Bonjour à toi aussi. » ajouta-t-elle en s'approchant de lui pour l'embrasser sur la joue, ne se stoppant pas assez rapidement pour se rendre compte de ce qu'elle faisait. Voilà que ça la reprenait... elle avait grand intérêt à retrouver ses esprits au plus vite.

    « Oui, j'ai très bien dormi. J'étais plus fatiguée que je le pensais... et puis l'oreiller était vraiment confortable ! » fit-elle en riant. « Ma foi, je suis pas contre le fait de me changer et de manger un bout, réfléchit-elle en sentant son ventre commencer à protester un peu. Les salles d'eau sont communes ? Attends, je prends juste... » elle s'interrompit pour ouvrir son sac et attraper de quoi se changer et se laver un coup. « Voilà, je te suis ! Komui est le chef de la Congrégation c'est ça ? T'entends quoi par « bizarre » ? » l'interrogea-t-elle.
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Lavi
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MessageSujet: Re: Une autre réalité [Lavi & Reiko]   Lun 29 Oct - 18:14

A force de parler avec elle, Lavi ne savait plus trop quoi comprendre. Continuait-elle simplement la plaisanterie ou était-elle sincère ? Il devait y avoir un fond de vérité même si elle supposait que tout cela n'arriverait pas. Pour le moment, le rouquin n'avait jamais eu trop de problème à accéder à sa chambre et de toute façon, dormir dans son lit n'était pas sa priorité. Il n'était pas rare de le retrouver endormi dans un coin de la bibliothèque ou affalé sur le canapé d'un des nombreux salons dont disposait la Congrégation. Mais la jeune femme avait tort sur un point, point qu'elle n'aurait pu deviner. Même si Lavi n'était pas censé parler de tout ce qui concernait les bookmen, il pouvait bien apporter une petite précision sur le sujet... il n'y avait pas mort d'homme.

« Oui, plutôt. Mais en fait, on ne note que très peu de chose au final. On a pas vraiment besoin d'écrire pour se souvenir, on mémorise tout. » répondit-il non sans une pointe de fierté « Par contre, on consulte beaucoup de notes, d'archives, de journaux... et on a tendance à les entasser, comme tu peux le constater. Merci de la proposition en tout cas mais ne je ne voudrais pas empiéter sur ton nouvel espace vital d'entrée de jeu ! Déjà que je te suis partout depuis plusieurs semaines... » ajouta t-il d'un air amusé

A les écouter, on aurait pu croire qu'ils étaient collègues depuis un moment déjà. Pourtant, Reiko était novice dans le métier, ne connaissant que ce que Lavi avait pu lui dire et le peu qu'elle avait vu lorsqu'elle était encore chez elle à Piateda. Mais leur entente ne laissait aucun doute. Le rouquin ne doutait pas un seul instant qu'elle s'adapterait rapidement à ce nouvel environnement et à ses futurs collègues. Elle était ouverte et agréable, désireuse de prendre soin des autres et elle avait également le potentiel de tenir tête même aux plus têtus. Il n'y avait plus qu'à espérer que tout ça se cumulerait bien et qu'elle ne serait pas laissée de côté. De toute façon, Lavi ne comptait pas l'abandonner là alors qu'elle avait besoin de points de repère. Au moins, même si elle doutait encore de ses capacités en tant qu'exorciste, elle était sûre d'elle en ce qui concernait les soins. C'était déjà ça
.

« C'est rassurant de savoir ça. Pour le reste, ça viendra tout seul, tu verra ! » assura t-il avec un sourire

La visite avait tournée court. Restés finalement dans la nouvelle chambre de Reiko, ils étaient allongés l'un sur l'autre sur le lit à cause d'une maladresse de la part de l'italiano-japonaise. Il fallait dire que le rouquin avait aussi grandement aidé à ce qu'ils se retrouvent ainsi positionnés. Cela ne les empêchait pas du tout de discuter, au contraire. Toutefois, la visite des lieux était donc remise à plus tard. Un peu de repos n'allait pas les tuer, au contraire. Et cela laisserait à Reiko le temps d'apprivoiser sa nouvelle chambre. La discussion dériva sur la guerre, sujet épineux qui fit perdre toute bonne humeur au rouquin. Toutefois, il n'était plus aussi pessimiste qu'avant sur le sujet. Il y avait des gens capables d'inverser le cours des choses... ou tout du moins pour qui il y avait une raison de se battre. Et cela changeait tout. Reiko était une bonne personne, cela se sentait et Lavi lui fit la réflexion. Mais il ne s'attendait pas à ce qu'elle lui renvoit le compliment. Comment pouvait-il se qualifier de bon, lui qui jouait la comédie ? Bien sûr il avait progressivement changé mais il ne se voyait pas se comparer à quelqu'un de bien. Encore une fois, il allait décevoir tout le monde. Mais pour l'heure, il n'avait pas envie de lire cette déception sur le visage de ses amis. Que devait-il répondre ? Même être sincère aurait été une mauvaise répondre. Il opta finalement pour le silence. Cela évitait tout malentendu. Un faible sourire éclaira son visage mais il continua de fixer le plafond. Il était temps de changer de sujet encore une fois.

Comme il avait eu droit à un bisou sur la joue pour se faire "réparer" après cette petite chute de rien du tout, Lavi en profitait pour en rire et ainsi cacher sa gêne. Malheureusement, il était difficile de camoufler le rouge qui montait doucement à ses joues. Il espérait qu'en riant de la situation, Reiko n'y verrait que du feu. Cette dernière affirma toutefois qu'elle ne soignait de la sorte que ceux qu'elle estimait le mériter. Par définition, Lavi le méritait donc bien qu'il ignorait tout à fait pourquoi. Mais puisque c'était dit, autant continuer de jouer sur le sujet
.

« C'est grâce à mon moelleux et mon confort, avoue ? »

Mais à force de rester allongés et après tout ce long voyage, Reiko finit par s'endormir, laissant Lavi seul avec lui-même. Il n'était pas plus surpris que ça à vrai dire et puisqu'il était coincé, il passa la nuit avec elle, l'ayant auparavant recouverte d'un drap pour lui éviter d'avoir froid et de passer une mauvaise nuit. Lui-même ne tarda pas à s'endormir, plus fatigué qu'il ne l'aurait cru.

Reiko devait être réellement épuisée car c'est Lavi qui se réveilla en premier, restant immobile le plus possible pour ne pas la réveiller. Malheureusement, l'infirmière ne tarda pas à bouger à son tour, se propulsant presque hors du lit une fois qu'elle eut constaté où elle était allongée. Apparemment, elle avait oublié certains détails pendant la nuit, s'excusant aussitôt, ce que le rouquin ne comprenait pas. Il en profita pour se redresser à son tour, lui confiant qu'elle n'avait pas à se sentir gênée pour ça, plaisantant même sur le sujet
.

« Non non, j'ai bien dormi. Et même si ce n'était pas le cas, je n'aurais qu'à faire une sieste, un peu plus tard, c'n'est pas grave. » assura t-il en souriant

Il n'eut pas le temps d'ajouter autre chose que la jeune femme s'approcha pour l'embrasser à nouveau sur la joue comme la veille. Seulement là, il n'était même pas question de le "soigner". Sur le coup, Lavi ne s'y était absolument pas attendu et resta comme paralysé avant de rougir soudainement. Etait-ce là une façon de le remercier ? Ou de lui souhaiter le bonjour tout simplement... ? Ne sachant pas trop le pourquoi du comment, le rouquin lui offrit simplement un sourire suite à ce bisou soudain, passant une main derrière sa tête, gêné. Par chance, l'infirmière enchaina la conversation, ce qui permis à l'apprenti bookman d'avoir quelque chose sur lequel se raccrocher et dissiper sa gêne
.

« J'ai fait mon boulot alors ! A ton service, Rei-chan ! Satisfait ou remboursé ! » fit-il en riant à demi « Alors passons par les salles d'eau puis on s'arrêtera à la cantine manger un petit quelque chose avant de commencer la visite. Oui, elles sont communes, enfin... dans le sens où elles sont sur tout un étage. Bien évidement, elles sont séparées, chacun sa cabine, son endroit. Ca reste commun dans le sens où c'est ouvert sur le dessus, que l'on peut communiquer. Il y a même des bains chauds, tu sais, comme une source. C'est typiquement japonais d'ailleurs, tu connais peut-être ? Là par contre, hommes et femmes sont séparés même si ça reste communautaire. » expliqua t-il en la regardant s'emparer de ce dont elle avait besoin

Songeur un instant, il estima que puisqu'il devait de toute façon l'attendre, il allait lui aussi prendre une bonne douche après ce long voyage. La question sur Komui le fit rire. Pour quelqu'un qui ne le connaissait pas, cela ne sautait pas forcément aux yeux. Mais avec le temps -et généralement bien plus rapidement qu'on ne le voudrait-, on se rendait compte à quel point le chef de la Congrégation était farfelu, se révélant parfois même dangereux. Il ne fallait pas non plus effrayer Reiko, ce n'était pas le but. Cherchant ses mots, le rouquin fit signe à la jeune femme de le suivre alors qu'il sortait de sa chambre, se dirigeant vers la sienne
.

« Comment dire... Hmm... Oh, je m'arrête juste à ma chambre trente secondes, le temps de prendre moi aussi de quoi me laver. Tant qu'à faire ! »

Sur ces mots, il ouvrit la porte de sa chambre doucement et se faufila à l'intérieur. Bookman dormait et mieux valait ne pas le déranger. Quelques secondes plus tard, Lavi ressortait avec son matériel dans les mains, rejoignant Reiko avant de se diriger vers les escaliers, descendant les marches pour se rendre à l'étage adéquat.

« Il est excentrique. C'est un bon dirigeant mais il a parfois des idées complétement saugrenues... Son passe temps favori, en dehors de remettre toujours son travail à plus tard, c'est de concocter des potions aux effets étranges... ou de construire des robots géants totalement inutiles. Mais c'est un type bien malgré tout. De toute façon, tu pourras bientôt te faire ta propre opinion. Mais avant, place à la détente ! »

Justement, ils arrivaient à l'étage en question. Lavi s'avança, suivi de Reiko, et pénétra à l'intérieur d'une salle d'eau, lui indiquant l'endroit.

« Voilà, c'est ici. Là il y a les douches, ici des baignoires... là bas des lavabos... Les bains chauds sont au fond si jamais ça te tente. »

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MessageSujet: Re: Une autre réalité [Lavi & Reiko]   Mer 7 Nov - 21:40

Lavi devait mener une drôle de vie. C'est en tout cas ce que pensait Reiko, alors que le rouquin lui expliquait un peu le genre de vie que menaient les Bookman, toujours à parcourir le monde et à archiver les événements auxquels ils assistaient. Du coup, la jeune femme comprenait mieux pourquoi son camarade avait pris l'habitude de s'endormir un peu n'importe où, du moment que le sommeil le gagnait. Cela devait être assez compliqué d'être Bookman... en plus d'exorciste. Le vieil homme et son apprenti ne devaient pas vivre facilement. Rei haussa les sourcils aux propos du rouquin par ailleurs.

    « Vous mémorisez tout ? Ça alors... c'est super pratique ça ! Vous devez avoir plein de connaissances alors ! Oui c'est ce que j'ai pu apercevoir, fit-elle avec un rire léger, t'en fais pas en tout cas, si ça peut t'aider en attendant, ça me dérange pas. Heureusement que t'étais là ces derniers temps... » termina-t-elle avec une voix sérieuse.


En effet, grâce à sa présence elle ne s'était pas laissée aller au chagrin pu et simple. Reiko n'était certes pas une mauviette qui craquait à la moindre petite épreuve, mais la mort d'un être cher était sa peur la plus grande. Et elle s'était produite pour la deuxième fois. La première, elle avait su la surmonter avec sa mère, chacune soutenant l'autre... du moins au début. La disparition du père avait réellement porté atteinte à sa femme qui, le temps passant, avait fini par se laisser ronger par le chagrin... jusqu'à ce que l'irréversible se produise et qu'elle se transforme en Akuma en ayant souhaité la résurrection de son mari. Rei avait bien compris qu'il n'y avait rien eu à faire pour la sauver, que sa mort était inévitable, il n'empêchait... elle avait perdu la dernière personne à qui elle tenait réellement. Et cette fois, elle aurait été complètement seule à se noyer dans son chagrin, s'il n'y avait pas eu Lavi. Il faisait maintenant figure de principal point de repère pour la petite infirmière, maintenant que tout avait changé pour elle.

En tout cas, elle appréciait énormément l'exorciste, même si cela ne faisait que quelques semaines qu'ils se côtoyaient et qu'au final, ils ne savaient guère grand chose l'un de l'autre. Mais tout viendrait naturellement avec le temps. Reiko n'était parfois pas patiente du tout... mais là, elle n'avait guère tellement le choix. Tout ce qu'elle espérait à présent, c'était que tout se déroulerait bien pour la suite et qu'elle réussirait à trouver sa place... elle sourit à Lavi et hocha doucement la tête pour répondre par l'affirmative à ses paroles.

Dans la nouvelle pièce attitrée de la jeune femme dont ils ne sortirent plus de la soirée, les deux jeunes gens discutaient tranquillement, Reiko allongée confortablement sur Lavi, position résultant d'une maladresse de l'une et des gestes de l'autre pour la conserver contre lui. La petite infirmière n'était guère réticente à ce contact très proche ; après tout elle aimait beaucoup le rouquin, et de toute manière ils avaient déjà dormi ensemble lors de la dernière nuit à Piateda. Elle se rappelait bien qu'au matin elle s'était retrouvée dans les bras de son camarade. Alors la position dans laquelle ils se trouvaient à présent n'était pas si dérangeante qu'elle aurait pu en avoir l'air.
À partir du sujet de la guerre, ils dévièrent sur l'existence de personnes qui avaient encore le sens de la bonté à travers le monde. Un peu surprise, Rei entendit Lavi la placer d'emblée dans cette catégorie, avant qu'elle-même ne fasse de même en ce qui le concernait. Elle n'obtint guère de réponse, mais après tout, ce genre de propos n'en attendait pas vraiment.

En terme de soins, il n'existe pas seulement que les pansements et les médicaments. Reiko déguisa le bisou qu'elle avait déposé sur la joue de Lavi en outil de « réparation » après l'avoir accidentellement fait basculé sur le matelas. Sauf que le rouquin en parut gêné, à voir ses joues qui se coloraient de rouge. La jeune femme crut qu'elle était allée trop loin, et affirma à son camarade que c'était là un traitement de faveur et que seuls ceux qui le méritaient en bénéficiaient. Lavi mit son mérite sur le compte de son confort, ce qui fit rire doucement Reiko.

    « En partie on va dire ! Et puis, j'ai rarement vu un oreiller aussi gentil que toi... tout bien réfléchi, je n'en avais même jamais vu ! » fit-elle en riant doucement, se calant de nouveau confortablement contre le rouquin.


La fatigue cependant refit bientôt surface et la jeune femme finit par s'endormir, plus paisiblement que ces derniers jours étant donné qu'elle avait enfin mis des mots sur ses angoisses et qu'elle avait pu les expliquer à Lavi, lequel l'avait encouragé à se décharger de ce fardeau qui pesait sur ses épaules et dont ils n'avaient plus parlé depuis le jour de leur départ d'Italie.
Au réveil le lendemain, Reiko se redressa avec une certaine stupeur en se rendant compte qu'elle avait passée toute la nuit allongée sur Lavi, craignant d'avoir perturbé son sommeil en le condamnant à rester avec elle. Mais le jeune homme la rassura bien vite, lui rappelant son rôle d'oreiller qu'il avait bien rempli durant la nuit. La petite infirmière rit doucement à ce souvenir, avant de le saluer avec un bisou sur la joue. Le geste était accompli avant même qu'elle ne puisse s'arrêter pour se rendre compte de ce qu'elle avait fait. Tant pis, ce qui était fait était fait. Le rouquin parut gêné une fois de plus, comme il rougissait et souriait simplement en guise de réponse. Ne laissant pas le silence s'installer davantage, Rei reprit la parole pour confirmer le programme que lui proposait son camarade, avant d'aller piocher dans sa valise le nécessaire pour se laver et se changer. Une bonne douche lui ferait du bien... elle écouta l'apprenti Bookman décrire les salles d'eau de la Congrégation, et hocha vaguement la tête quand il parla des bains japonais.

    « Ah oui, des onsen... j'en ai déjà entendu parler oui, mais je n'en ai jamais vu. Ça n'existe pas en Italie, fit-elle en souriant, je serais curieuse de voir à quoi ça ressemble... »


Une fois ses affaires rapidement fourrées dans un sac, elle suivit Lavi au dehors, fermant derrière elle la porte de sa chambre. Tandis qu'ils prenaient le chemin vers la salle des bains, Reiko attendait la réponse de Lavi à sa question : en quoi Komui, le chef de la Congrégation, était une personne bizarre ? Le rouquin cherchait ses mots tandis qu'ils avançaient, jusqu'à ce qu'ils s'arrêtent devant la porte de sa chambre afin que lui-même prenne de quoi se changer. Rei ne put dissimuler un sourire.

    « Tu vas t'y retrouver avec toutes ces piles de journaux ? » rit-elle gentiment.


Elle l'attendit dehors, et quand il revint avec ses affaires, marcha à ses côtés, le suivant dans les escaliers et les étages inférieurs, puis l'écouta décrire le Grand Intendant. À priori, même s'il s'agissait d'une bonne personne, ce n'était pas non plus quelqu'un de très rigoureux... Reiko hocha doucement la tête.

    « Je vois... j'imagine que ça doit être assez spécial parfois, si ce qu'il fait a des conséquences imprévisibles... vous devez pas vous ennuyer ! » fit-elle avec un sourire.


Ils finirent pas arriver à une des salles indiquées par Lavi, et ce dernier se chargea de lui montrer où Rei pourrait trouver les différentes structures qu'elle pourrait utiliser. Avec un sourire, elle remercia son camarade.

    « Merci ! Je vais me limiter à la douche pour aujourd'hui... c'est par là c'est bien ça ? On se retrouve par ici après ? »


Une fois qu'il lui eut répondu, Reiko s'éloigna en direction d'une cabine, déposa ses affaires à l'abri de l'eau et retira ses vêtements avant d'ouvrir le robinet qui laissa bientôt couler l'eau chaude. La jeune femme profita bien de ce moment de détente, avant de refermer le robinet et de s'emparer de sa serviette pour s'enrouler étroitement dedans ; mais tandis qu'elle faisait quelques pas pour aller rechercher ses affaires propres... zwiiiiiip boum ! Le sol mouillé pouvait être synonyme de patinoire parfois, et la petite infirmière se retrouva bientôt douloureusement les fesses sur le sol.

    «  WAAH ! Itaaaaai... »


Elle frotta vigoureusement son coccyx endolori. La souffrance n'allait certes pas durer, il n'empêchait que ce n'était vraiment, vraiment pas agréable...
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Lavi
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MessageSujet: Re: Une autre réalité [Lavi & Reiko]   Lun 12 Nov - 10:10

Fier de ce qu'il était et surtout de ce qu'il allait devenir, Lavi ne manquait pas de dire quel était son travail principal en dehors du fait d'être exorciste. Après tout, devenir exorciste avait été pour lui un peu un hasard, tout comme pour son maître. Il faisait ce qu'on lui demandait sans jamais perdre de vue son travail de base. Il était après tout là pour collecter des informations en priorité et était censé ne s'attacher à rien ni personne, comme d'habitude. Mais ça, c'était devenu bien plus compliqué à la longue. Et s'il préférait être exorciste au final ? Non, il ne pouvait pas, c'était trop loin de son but initial. Mais tout cela lui plaisait tout de même, surtout à cause de l'influence de ses amis. Mais dès qu'il était question de son avenir de bookman, il était capable d'en parler pendant des heures. Seul bémol : il n'était justement pas censé en parler. Du coup, il en parlait... sans souligner le plus important, restant assez évasif sur la plupart des choses au final.

« On est un peu comme des bibliothèques vivantes, on oublie rien de ce qu'on a pu lire ou voir. On sait aussi ce que la grande majorité des gens ne savent pas. C'est not' boulot après tout. Un jour, j'prendrais la succession du vieux Panda, j'ai vraiment hâte ! Mais ne va pas lui dire que j'ai dis ça, sinon il a pas fini d'me rouspéter dans les oreilles en me disant que je n'suis pas prêt et blablabla... Enfin bref. J'étais là et j'serai encore là à l'avenir maintenant. Alors si jamais un jour tu sens quelqu'un s'incruster pendant ton sommeil, tu saura qu'c'est moi ! » fit-il avec un sourire

Lavi était novice en ce qui concernait les relations humaines. Depuis qu'il avait endossé le rôle de Bookman, il avait mis de côté ses sentiments pour qu'ils ne soient pas des obstacles à sa future carrière. Son maître le lui avait répété à maintes reprises : il leur fallait être impartial et en aucun cas ne ralier la cause de qui que ce soit. Ils n'étaient que des observateurs, rien de plus. Et tout s'était bien passé jusqu'à présent avant qu'il ne devienne un autre pour la 49ème fois : Lavi. Comme lorsqu'il devait se mêler à d'autres personnes, il avait endossé le rôle d'un type joyeux et amical, un peu gamin sur les bords et dont personne ne se méfiait au final. C'était parfait, personne ne pouvait deviner ses réelles intentions. Seulement, à force de jouer, il avait changé sans vraiment le vouloir. L'attachement aux autres l'avait transformé et il ne savait plus trop quoi faire vis à vis de ça. Il ne fallait surtout pas que Bookman l'apprenne. Le vieil homme devait encore penser que son comportement n'était qu'un mensonge... et il fallait qu'il continue de le penser longtemps. Lavi appréciait Reiko mais il valait mieux qu'il ne s'y attache pas trop s'il ne voulait pas la décevoir un jour ou l'autre. Pour le moment il n'y avait pas de problème et il comptait bien ne pas la laisser tomber, surtout peu de temps après son arrivée. Son apparente timidité finirait par s'effacer mais pour le moment il était le seul qu'elle connaissait.

Afin qu'elle ne soit pas contrainte d'être confrontée aux autres d'entrée de jeu, Lavi s'occupa donc de son arrivée, l'accompagnant jusqu'à sa nouvelle chambre. Il était tard mais ils avaient encore un peu de temps pour visiter si Reiko le voulait bien. Seulement, sa maladresse les fit rester allongés sur le lit l'un contre l'autre. La visite attendrait... Leur position actuelle ne les empêchait pas de discuter, continuant comme si de rien n'était. Malheureusement elle dévia sur la guerre, sujet on ne peut plus délicat pour le rouquin. Cependant, Reiko partageait le même point de vue que lui, ce qui le calma assez rapidement. D'autant plus qu'à force de fréquenter les exorcistes, Lavi avait légèrement modifié sa façon de voir les choses. Désormais, il y voyait un espoir... aussi mince soit-il. Reiko faisait partie de ces gens qui aideraient l'humanité à aller mieux, il le savait. Mais il ne s'attendait pas à ce qu'elle lui retourne le compliment. Elle se trompait lourdement sur son compte mais il préféra ne rien dire.

Le soudain bisou sur la joue que lui offrit Reiko le fit rougir, ne s'y attendant pas et n'étant pas vraiment habitué à ce genre de chose. Généralement, lorsqu'on l'embrassait, c'était dans des circonstances beaucoup plus charnelles que ça. Là c'était simplement pour plaisanter même si c'était à moitié affectueux. Ne sachant pas trop comment réagir, Lavi se contenta de plaisanter, essayant de faire disparaitre sa gêne. Reiko rebondit sur la plaisanterie non sans y ajouter un compliment qui fit sourire le rouquin. Elle avait dû être souvent seule ou avoir assez peu d'amis pour penser ainsi. Néanmoins il était temps désormais de rectifier le tir et de l'habituer à avoir du soutien
.

« C'est parce que j'suis un modèle spécial, prévu juste pour toi ! Mais attention, je m'habitue vite à ce genre de traitement et je risque d'en redemander ! » prévint-il comme une menace même s'il riait

Mais à force de parler, surtout de sujets angoissants rapidement libérés, Reiko finit par s'endormir, aggripée à Lavi. Ce dernier n'eut d'autre choix que de rester là à dormir lui aussi, n'ayant pas le coeur de la réveiller pour pouvoir bouger. Ce fut le rouquin qui ouvrit les yeux en premier, rapidement imité par l'italiano-japonaise qui fit carrément un bond en arrière après avoir remarqué où elle dormait. Lavi lui affirma qu'elle ne l'avait pas dérangé et il eut même droit à un autre bisou sur la joue comme si c'était devenu tout à fait normal. Changeant rapidement de sujet pour ne pas s'attarder sur ce geste, il expliqua à Reiko les différents choix qui s'offraient à elle. Elle opta plutôt pour une bonne douche, ce que le rouquin avait secrêtement espéré. Il voulait se détendre sous l'eau chaude, surtout après leur long voyage
.

« Hé bien comme ça, t'aura l'occasion d'en voir... et même de t'y plonger ! Ca détend, c'est super agréable. » affirma t-il en sortant de la pièce

Tandis qu'ils passaient devant les autres chambres, Lavi réfléchissait à quoi répondre à la jeune femme à propos de Komui. Comment lui dire la vérité sans lui faire peur ? Leur chef était pour le moins excentrique mais c'était pour Lenalee que cela devait être dur, obligée de supporter les gamineries de son grand-frère. Puisqu'ils passaient devant la chambre du rouquin, celui-ci s'y arrêta pour prendre de quoi se laver aussi. Reiko fit une plaisanterie au sujet de l'état de la chambre. Une fois que Lavi en sortit, il pu lui répondre
.

« Oh oui, pas d'souci. C'est un bordel organisé en fait. Mais pour les profanes, il faudrait presque une carte pour s'aventurer là-dedans ! » fit-il en riant

Se dirigeant vers l'étage des bains, Lavi prépara sa réponse à la précédente question de Reiko. Elle finirait bien par se faire sa propre opinion sur Komui mais il valait mieux la prévenir pour qu'elle ne soit pas trop surprise. Le rouquin tenta de faire un portrait du Grand Intendant le plus réaliste possible sans toutefois oublier les bons côtés. En tout cas, l'infirmière avait raison sur cette constatation
.

« Ah ça... Sûr qu'on ne s'ennuie pas avec ses inventions tordues. Ca doit être un point commun à tous les scientifiques faut croire... »

A présent à l'étage des bains, Lavi détailla l'endroit et les différents moyens mis à dispositions pour se laver. On ne pouvait pas dire qu'il n'y avait pas de choix mais Reiko se contenta de la solution la plus simple pour le moment avant de s'éloigner pour choisir sa cabine.

« Ouep, toute cette rangée. Ca marche, prends ton temps, je t'attendrais là de toute façon ! »

Lavi la suivit des yeux puis entra dans la première face à lui histoire de se doucher également. Retirant rapidement ses vêtements, il les suspendit en hauteur avant de se mettre sous le jet d'eau chaude, savourant la température. Cela lui faisait du bien et le délassait après ce long voyage qu'ils avaient effectué. C'était un peu comme une renaissance. Il profita un bon moment de l'eau, restant simplement dessous sans rien faire, l'oeil fermé, l'autre toujours masqué par son cache-oeil. Peu importe s'il prenait l'eau ou pas, jamais il ne le quittait.

Alors qu'il se rinçait, il entendit un cri, un peu plus loin, et reconnu la voix de Reiko. Pas besoin de comprendre le japonais pour savoir qu'elle s'était fait mal. Mais comment ? Sur le coup, Lavi n'y réfléchit pas et se précipita hors de sa cabine de douche, inquiet, mais non sans avoir attrapé une serviette au passage, l'attachant autour de sa taille tandis qu'il se rendait vers la source du cri. Puisqu'il avait vu dans quelle cabine la jeune femme était entrée, il se stoppa devant et ouvrit la porte à la volée, se demandant ce qui arrivait à l'exorciste. La vapeur ayant pris possession des lieux, Lavi ne distinguait pas très bien Reiko mais la devinait, au sol. Il se pencha aussitôt pour se rapprocher d'elle et s'enquérir de son état
.

« Rei-chan, tu t'es fait m... » s'interrompit-il

Maintenant qu'il était accroupi juste à côté d'elle, il pouvait constater qu'elle était nue. La serviette sous elle devait probablement la recouvrir auparavant mais la chute avait dû la faire glisser, dévoilant ainsi la totalité de son corps à l'oeil du rouquin. Surpris d'un tel spectacle, il fallu plusieurs secondes à Lavi pour détourner le regard et arrêter de la mâter bêtement. Se râclant discrétement la gorge, il fit l'effort de la regarder dans les yeux pour éviter de regarder autre chose
.

« T'es blessée ? Ca va ? T'as mal où ? T'veux aller à l'infirmerie ? » proposa t-il à la fois, ignorant où elle s'était fait mal

Tout en parlant, il avait ramassé la serviette et la repositionnait autour de la jeune femme tout en l'aidant à se relever, veillant à ce qu'elle ne glisse plus.

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MessageSujet: Re: Une autre réalité [Lavi & Reiko]   Mar 20 Nov - 20:06

Attentive aux propos du rouquin, Reiko était admirative quant au travail de Bookman et de son apprenti. Cela avait l'air d'être très difficile, cependant l'idée qu'ils puissent emmagasiner des centaines d'informations et de connaissances sans jamais les oublier la laissait rêveuse. Cela devait être vraiment bien d'avoir tellement de savoir à sa portée, sans avoir recours aux livres, seulement à sa mémoire éléphantesque... peu de monde possédait cette capacité. En tous les cas, la petite infirmière était vraiment impressionnée.

    « Je vois ! C'est vraiment étonnant ! Tu dois connaître tellement de choses du coup ! Non, ne t'en fais pas, je ne vais pas aller répéter ça à qui veut l'entendre, fit-elle avec un rire léger. J'en prends bonne note, je ne m'étonnerais donc pas. Tu auras peut-être même droit à un câlin, qui sait ? » continua-t-elle sur le ton de la plaisanterie.


Il était assez rare que la jeune femme fasse autant d'humour. Elle n'était spécialement forte dans ce domaine et préférer rester authentique et souriante, comme elle l'était toujours, même si ces derniers temps son sourire s'était affadi... qui aurait pu lui en vouloir de toute manière ? Encore aurait-il fallu que quelqu'un s'en soucie, mais cela c'était une autre histoire. En compagnie seule du rouquin pour le moment, dans cet univers qui lui était encore totalement inconnu, Reiko faisait en sorte de faire taire ses angoisses, le plus rapidement possible. La sympathie dont faisait preuve son compagnon l'aidait beaucoup à vrai dire. Le temps aidant, il ne ferait plus aucun doute que la jeune femme retrouverait vite son entrain habituel.

Cela commençait bien à vrai dire, comme Lavi la menait dans la pièce encore vide qui serait à partir de maintenant sa chambre, point de repère primordial. Ils y discutèrent un bon moment, projetant de visiter le reste de la Congrégation mais l'objectif ne put être entamé ; maladroite comme à son habitude, Rei les avait fait basculés tous les deux sur la couche et ils y étaient restés, confortablement installés, la conversation poursuivant son cours. Toutes sortes de sujets furent abordés, notamment celui de la guerre, fléau que perpétuaient les hommes, n'apprenant jamais de leurs erreurs passées... même si cette guerre d'un autre genre opposait les humains à d'autres créatures diaboliques, Reiko désapprouvait, même si elle savait qu'ils luttaient pour le bien. Qui disait guerre disait mort, et pour elle qui consacrait son existence à préserver la vie... mais elle pouvait le faire d'une autre manière maintenant, pouvant prendre part à des combats bien différents de ceux qu'elle menait chaque jour en tant que soignante.

En parlant de soin, Rei ne se priva pas d'embrasser doucement Lavi sur la joue, apportant là une nouvelle façon de le « réparer » suite à sa bousculade qui lui avait valu sa chute sur le matelas. Le jeune homme en rougit un peu, ce qui fit que l'infirmière accentua le côté simplement humoristique de la chose. Loin d'elle l'idée de le gêner, mais elle tenait à lui faire comprendre qu'elle l'appréciait grandement. Elle continua d'ailleurs à rire aux propos du rouquin, son nouvel oreiller humain.

    « Mais je compte bien prendre soin de toi ! T'es unique et en plus ce n'est pas désagréable du tout de t'administrer de tels soins ! »


La suite fut bien moins drôle pour la jeune femme, qui réussit néanmoins à faire ressortir ses angoisses malgré de grandes difficultés. Il fallait dire qu'elle n'avait guère l'habitude de ce genre d'exercice, mais comme toujours depuis qu'elle le connaissait, Lavi prêta une oreille attentive à ses aveux et la réconforta du mieux qu'il put. À la suite de cela, plus épuisée qu'elle ne le pensait, elle finit par s'endormir dans les bras de son nouvel ami. Au réveil, un peu surprise de l'endroit où elle avait dormi et surtout craignant d'avoir perturbé le sommeil de l'apprenti Bookman, elle se redressa vivement ; il lui assura cependant que ce n'était pas le cas, et d'une manière tout à fait normale, elle vint l'embrasser sur la joue pour lui souhaiter le bonjour. Après cela vint les propositions du rouquin sur le déroulement de la journée, et la jeune femme jugea préférable de commencer par une bonne douche. Tandis qu'elle prenait ses affaires, elle écouta Lavi lui décrire tout ce qu'on pouvait trouver dans la salle de bains, y compris des onsen, des bains japonais dont la jeune femme avait déjà entendu parler mais qu'elle n'avait jamais vus. Elle sourit à l'opinion de son camarade, le suivant hors de sa chambre qu'elle verrouilla derrière elle. Ce devait être très agréable en effet, quand bien même elle n'était pas habituée à ça.

Reiko attendit en dehors de la chambre de Lavi, qui y était entré pour prendre ses affaires, et lorsqu'il en ressortit, elle en profita pour plaisanter gentiment au sujet de l'étrange capharnaüm qui régnait dans la pièce qu'il partageait avec Bookman, en attendant qu'il l'informe à propos de Komui.

    « Ah vraiment ? Et une boussole ne serait pas de trop non plus ? fit-elle avec un sourire amusé. Oh, le Grand Intendant est un scientifique ? Il se spécialise dans un domaine particulier ? Quel genre de choses invente-t-il ? »


Ils arrivèrent bientôt au niveau de la salle de bains, Lavi lui décrivit rapidement les endroits où l'on pouvait trouver les lavabos, les douches, les bains... il y avait un large choix, mais pour le moment Reiko préféra se contenter d'une simple douche. Peut-être qu'elle essaierait les onsen un peu plus tard, quand elle aurait tout son temps devant elle, mais comme ce n'était pas le cas et qu'en plus Lavi l'attendrait, mieux valait s'en tenir à un rapide passage sous le jet d'eau chaude. Prenant place sous la cascade brûlante, la jeune femme poussa un soupir de bien-être, la chaleur détendant ses muscles et la revigorant tout à la fois. Elle en profita un maximum avant de se décider à fermer le robinet et à s'envelopper dans sa serviette pour aller s'habiller... cependant le sol ne semblait pas être de cet avis. En effet, la petite infirmière glissa sur le carrelage humide et atterrit lourdement sur les fesses, lui arrachant un cri de douleur. Elle se frotta vigoureusement le coccyx pour faire disparaître la désagréable sensation, ne se préoccupant pas pour le moment de sa serviette qui était tombée sous elle et qui la dénudait complètement. Après tout personne n'allait la voir ici... ou presque...

Elle ne s'était pas attendue à voir Lavi débarquer et se pencher sur elle, sortant d'un nuage de vapeur et vêtu d'une simple serviette autour de la taille, ayant entendu son cri et étant venu à son aide. Reiko eut un énorme bug. Le rouquin pouvait voir l'entièreté de son corps. Passées les quelques secondes de stupeur, partagées par son camarade, qui ne s'était certainement pas attendu à une telle vision, le visage de l'infirmière vira à un rouge soutenu.

    « N-N-N... Ie, daijobu desu... »


Elle était troublée et terriblement gênée, bredouillant un japonais assez incompréhensible pour dire qu'elle allait bien pendant qu'elle se dépêtrait de sa serviette et qu'elle essayait tant bien que mal de l'enrouler autour d'elle une nouvelle fois, aidée de Lavi qui ne la quittait pas des yeux, l'aidant à se redresser.

    « Ça... ça ira, ce n'était qu'une simple chute, pas de quoi aller à l'inf... aaaaah ! »


Et c'était reparti ! Sur quoi avait-elle marché cette fois ? Elle n'eut pas le temps de le découvrir, puisqu'elle avait basculé une nouvelle fois. Sauf que ce n'est pas le sol dur et froid qui la réceptionna pour le coup, mais bien Lavi lui-même, puisqu'il ne l'avait pas lâchée et qu'elle s'était empressée de trouver quelque chose à quoi se retenir – quelqu'un, en l'occurrence... sentant qu'en plus sa serviette se dénouait de nouveau, Rei eut le réflexe de la coincer sous son bras, l'empêchant de retomber mais pas de dévoiler une partie de son corps une nouvelle fois, d'autant plus qu'elle se était contre l'apprenti Bookman... la pauvre japonaise ne savait décidément plus où se mettre.

    « Dé-dé-déso... gomenasai Lavi-kun, je te demande pardon... »


Elle ne tenait vraiment pas sur ses jambes... Reiko ne comptait plus le nombre de fois qu'elle avait dégringolé les pierriers dans la montagne, ni les fois où elle avait failli chuter dans des fossés, se retenant de justesse aux épaisses racines des arbres les bordant... pour le coup, elle n'avait pas pu se rattraper au carrelage, mais seulement aux épaules de Lavi. Sortant lui aussi de la douche probablement, sa peau était agréablement chaude et douce... à l'inverse du sol qui l'avait recueilli à sa première chute. Ce qu'elle pouvait être casse-gueule... les joues toujours rouges, Rei présenta de nouveaux ses excuses au rouquin. Comme quoi, jamais deux ans trois...


Dernière édition par Reiko Hazuki le Mer 21 Nov - 17:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une autre réalité [Lavi & Reiko]   Mer 21 Nov - 17:15

Lavi avait toujours été très bavard. Même lorsqu'il n'était pas dans ce rôle qu'il jouait, il restait assez volubile, appréciant principalement de parler de son travail de Bookman. Pourtant, c'était paradoxal car c'était censé rester confidentiel, cela ne regardant pas ceux qui ne faisaient pas parti du clan. Mais il était tellement fier de ce qu'il faisait qu'il ne pouvait s'empêcher d'étaler un minimum ce qu'il faisait et savait faire. Cela le rendait parfois un peu orgueilleux mais cela ne durait jamais très longtemps, heureusement. Et pour cause, Bookman avait tendance à le faire rapidement taire, le frappant la plupart du temps. Pendant le voyage en compagnie de Reiko et de son maître, le rouquin avait tenu sa langue à ce sujet, n'évoquant que des sujets liés à la Congrégation ou bien blaguant pour détendre l'atmosphère. Mais depuis que le vieil homme ne le surveillait plus, Lavi s'autorisa à parler un peu de son réel travail. Bien qu'il en parlait d'un ton enthousiaste, il n'en restait pas moins très sérieux. Sa fierté se retrouva gonflée lorsque l'italiano-japonaise avoua être impressionnée.

« Surtout en ce qui concerne l'histoire en fait. Mais ce n'est pas toujours très positif. J'te fais confiance pour ça ! » affirma t-il avec un hochement de tête avant de prendre un sourire taquin « Hé bien ça me donnerait une raison supplémentaire de déserter ma chambre... En fait le ménage attendra je crois ! » ajouta t-il avec un rire

Lavi se doutait bien que Reiko plaisantait, ne lui disant ça que sur le moment et que si cela arrivait, elle partagerait certes son lit avec lui mais qu'il resterait tout de même une distance de sécurité. Quoi de plus normal après tout ? Même si le rouquin aimait les femmes, il ne se faisait pas vraiment d'illusions non plus. Malgré ses tendances à tomber en admiration devant toutes les femmes qu'il croisait ou presque, il savait très bien que la grande majorité des femmes étaient réservées et timides, surtout à ce sujet là. Et puisque le but n'était pas de mettre mal à l'aise Reiko, il préférait rester sur le ton de la plaisanterie même s'il ne changeait pas de sujet pour autant.

Cependant, ils eurent largement le temps de poursuivre leur discussion ailleurs maintenant qu'ils avaient atteint la nouvelle chambre de Reiko. Toutefois, ils n'avaient pas eu l'opportunité de la quitter comme prévu à cause de la chute de la jeune femme. Finalement allongés l'un contre l'autre, ils passèrent la soirée à discuter, parfois sérieusement sur certains sujets épineux et parfois avec plus de légèreté comme ils le faisaient en comparant Lavi à un coussin. La plaisanterie se poursuivie par un bisou sur sa joue, le faisant rougir mais ne protestant pas contre. A vrai dire il appréciait plutôt le traitement. Une jolie fille l'embrassait, il n'allait certainement pas râler ! Mais il n'était pas non plus suffisamment à l'aise pour s'afficher plein d'assurance, comme en témoignait son rougissement. Reiko en rajouta une couche, ce qui amusa autant le rouquin que cela le fit davantage rougir.


« Hé bien n'te prive pas, mais ne va pas t'étonner si je reviens amoché de temps à autre ! » prévint-il en riant légèrement

Mais malgré cette bonne humeur ambiante, Lavi fit revenir un sujet plus sérieux sur la table. Puisque Reiko était enfin à son nouvel chez elle, il était temps qu'elle laisse un minimum son passé derrière elle. Tout ça était certes encore bien récent, mais l'infirmière devait se libérer un minimum de ce qui la pesait. C'était essentiel si elle voulait pouvoir avancer avec plus de sérénité. Il l'encouragea donc à se confier un peu, à mettre un mot sur ses craintes et à évacuer sa peine, la tenant dans ses bras d'un geste rassurant. Le résultat fut si éprouvant qu'elle ne tarda donc pas à s'endormir contre lui, l'obligeant lui aussi à dormir là même si ce n'était pas pour lui déplaire.

Le réveil du lendemain fut assez agité mais partait du bon pied. Lavi préférait voir les choses en plaisantant, comme toujours, assurant à Reiko que tout allait bien. Aujourd'hui ils allaient enfin pouvoir faire cette visite promise la veille et il était temps qu'elle rencontre d'autres membres de la Congrégation. Mais avant toute chose, le rouquin lui proposa de commencer la journée par se mettre à son aise. Soit en mangeant, soit en se douchant ou même les deux si elle le désirait. Ce fut la douche qui emporta le suffrage pour commencer et les deux exorcistes prirent la direction de l'étage des salles d'eau une fois que l'apprenti bookman eut fait une halte à sa chambre pour prendre ce dont il avait besoin. Reiko plaisanta à nouveau à propos de l'état de la chambre
.

« Une boussole c'est une bonne idée ! Ca va que la chambre est plutôt petite... Sinon je crois qu'on en entasserait davantage ! »

La seconde question de la jeune femme le laissa songeur. Komui semblait intéresser Reiko, sans doute impressionné par les talents de l'homme que le rouquin venait de citer. Seulement lui ne voyait pas de quoi s'extasier, au contraire. Il était certes intelligent mais cela se soldait bien souvent par une catastrophe qui mettait à mal les membres de la Congrégation. Sur le coup, Lavi eut envie de répondre quelque chose du genre "Spécialisé dans la démolition massive et les potions foireuses. Il est même possiblement envoyé par le Comte Millénaire pour nous jouer de mauvais tours." Mais il s'abstint. Après tout, il restait un bon leader. Bordélique, parfois tyrannique, gamin, capricieux, mais on pouvait compter sur lui.

« Scientifique, oui. Alchimiste aussi. Il... créé des robots, entre autre. Censés nous faciliter les choses. Et parfois quelques potions. C'est un peu un apprenti sorcier... Heureusement qu'il y a sa soeur pour compenser. D'ailleurs tu vas sans doute rapidement la voir, c'est une exorciste. »

Arrivés à l'étage adéquat, ils se séparèrent, chacun entrant dans une cabine de douche différente le temps de se laver. Seulement, un cri alerta Lavi que Reiko s'était probablement blessé. Ignorant ce qu'elle pouvait bien avoir, il attrapa une simple serviette, la calant autour de sa taille le temps d'aller voir ce qui lui arrivait. Une fois dans sa cabine de douche, il pu remarquer qu'elle avait chuté. Et surtout qu'elle était nue. Faisant difficilement fi de cette vision après un petit temps de flottement, il l'aida à se redresser, s'inquiétant de son état. Heureusement, elle affirmait aller bien même si elle semblait vraiment troublée. Sans doute avait-elle honte d'avoir chuté de nouveau... dans cette tenue. Lavi n'eut même pas le temps de dire quoique ce soit que la jeune femme glissa à nouveau et s'écrasa contre lui qui la réceptionna comme il pu. Elle s'excusa aussitôt et le rouquin l'entoura de son bras pour qu'elle ne chute pas à nouveau, la conservant contre lui.

« Pas d'souci, tant que tu t'es pas fait mal, ça va. Ca glisse, hein ? J'crois que tes jambes ont besoin de re... Ouaaaaah ! » s'interrompit-il, glissant à son tour alors qu'il effectuait un pas pour se séparer d'elle

Le pied dans une flaque d'eau mêlée de savon eut raison de l'équilibre de l'apprenti bookman. Chutant, il se rattrapa instinctivement à ce qu'il avait sous la main... c'est à dire Reiko, qu'il entraina dans sa chute. Tombant en arrière sur le sol, il évita cependant que l'infirmière se fasse mal en amortissant sa chute de son corps. Le choc avait fait un bruit sourd mais il ne s'était pas trop fait mal heureusement. Se frottant la tête, légèrement cognée, il rouvrit l'oeil pour regarder si l'italino-japonaise allait bien elle aussi, se redressant assis
.

« Ouille... Décidément, la prochaine fois, j'garde mes bo... » s'interrompit-il à nouveau en découvrant le spectacle qu'il avait sous les yeux

La serviette ayant décidé de fuir sa propriétaire était donc absente du corps de l'exorciste. Assise sur lui, elle ne portait plus rien et le fait d'avoir sa peau collée à la sienne n'aidait en rien cette sensation qui s'emparait de l'apprenti bookman. Il réalisa alors seulement à ce moment là à quel point elle était jolie. Lorsqu'il l'avait rencontrée, il n'avait pas vraiment eu le temps de le constater, trop occuper à s'occuper de l'Akuma qui en avait après elle. Même après tout le temps qu'ils avaient passés ensemble, il n'avait pas eu cette évidence sous le nez. Ce n'était pas sa nudité qui la rendait belle, elle l'était tout simplement. Et Lavi avait eu l'esprit trop occupé à essayer de lui changer les idées qu'il n'avait pas pris la peine de le réaliser plus tôt. Mais maintenant qu'elle était collée contre lui, il devait reconnaitre qu'elle était très attirante. Vraiment attirante. Ne réfléchissant plus tellement à la situation dans laquelle ils étaient, le rouquin posa ses deux mains sur les joues de Reiko et rapprocha son visage du sien pour capturer ses lèvres des siennes.

Alors qu'il l'embrassait d'un geste soudain et fougueux, ses mains se détachaient de ses joues et glissaient le long de son cou puis de ses bras, s'aventurant sans gêne sur son buste, dans son dos puis ses jambes, caressant sa peau. Faisant durer le baiser un moment, il détacha finalement ses lèvres pour les glisser le long de son cou, y semant de nombreux autres baisers. Il avait oublié où il était. Tout ce qu'il savait, c'était qu'il avait envie d'elle.

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MessageSujet: Re: Une autre réalité [Lavi & Reiko]   Ven 23 Nov - 20:31

La petite infirmière était d'ordinaire une personne assez taciturne, préférant écouter les autres parler plutôt que de prendre elle-même la parole. Autant dire qu'avec Lavi, elle était plutôt comblée. En effet le rouquin n'était pas avare de propos, prenant plaisir même à raconter telle ou telle chose. Spectatrice attentive, Reiko l'écoutait et le regardait en souriant, admirative de son rôle d'apprenti Bookman et surtout de ses capacités, à savoir qu'il possédait une mémoire phénoménale qui lui permettait de retenir beaucoup de choses sans devoir relire tous les livres qu'il avait déjà lus... un véritable prodige, de l'avis de la jeune femme.

    « Ah, l'histoire... évidemment, elle n'a pas toujours été rose, au contraire... mais comme on dit, il faut connaître le passé pour comprendre le présent. Pas de souci, dit-elle avec un sourire, qui se changea bientôt en rire léger. Hé bien si je peux avoir le plaisir de ta compagnie plus tôt encore, j'en serais ravie ! Ce sera quand tu voudras. »


La plaisanterie se poursuivait, néanmoins la japonaise avait glissé de la sincérité dans ses derniers propos. Elle appréciait vraiment la compagnie de Lavi, discuter avec lui de choses et d'autres lui faisait très plaisir. Quant à lui laisser une place dans son lit, Reiko n'y voyait pas d'inconvénient. N'avaient-ils pas déjà partagé le même matelas il y a de cela quelques semaines ? Il n'y avait aucune raison que cela se passe mal si ça devait finir par arriver. Pour le moment en tout cas ils étaient assis dessus, continuant leur discussion avant de décider de visiter la Congrégation. Sauf que ce plan ne put être exécuté puisque Rei, après un geste maladroit, les fit tomber sur la couche et que Lavi la conserva dans ses bras, poursuivant la conversation dans cette position. Ce n'était pas pour déplaire à aucun des deux, la jeune fille fit même une nouvelle plaisanterie, comparant le rouquin à un oreiller pour le moins confortable, lui faisant même un bisou en guise de réparation pour sa chute. Cela fit rougir l'apprenti Bookman, qui cependant ne protesta pas. Aussi Reiko ne renouvela pas son geste, mais ne se priva pas de lui dire qu'il aurait droit à l'avenir à de semblables traitements. Pour la jeune fille, cela ne représentait que de simples témoignages d'amitié. Elle aimait beaucoup ces petites blagues avec son camarade, qui rougit encore plus d'ailleurs en entendant les propos de la japonaise.

    « Fais attention à toi tout de même, hein ? C'est noté en tout cas, je ne m'en priverais donc pas. » fit-elle avec un sourire.


Dans le métier qu'elle exerçait, Reiko était très souvent confrontée aux émotions. Joie, peur, peine, colère... elle devait être à l'écoute de ses patients, afin de pouvoir leur venir en aide du mieux possible. C'était pour cette raison sans doute que la jeune fille avait pris peu à peu l'habitude de faire taire ses propres sentiments, afin qu'ils n'interfèrent pas lors d'un entretien avec un soigné, et qu'elle avait à présent autant de mal à verbaliser son angoisse à Lavi – bien qu'elle lui fasse entièrement confiance. Mais le rouquin, aussi bavard qu'il était à l'écoute, réussit à la faire s'exprimer sur ses émotions, et l'infirmière avait finit par dire ce qu'elle avait sur le cœur, rassurée par les bras de l'exorciste autour d'elle. Il ne lui fallut ensuite plus beaucoup de temps avant de plonger dans le sommeil, s'endormant dans les bras de Lavi.

Reiko se réveilla assez brusquement le lendemain mais se calma bien vite, se remémorant ce qui s'était passé la veille et son camarade roux la rassurant. Ils allaient enfin pouvoir faire la visite de la Congrégation, et surtout, la jeune femme sentait que son angoisse s'était dissipée. Elle espérait maintenant qu'elle n'allait pas resurgir du plus profond de ses entrailles durant l'exploration du quartier général des exorcistes et surtout lors des rencontres qu'elle ferait... mais pour le moment, elle préféra suivre la proposition de Lavi, à savoir aller prendre une douche ou un bain. L'infirmière récupéra ses affaires et suivit le rouquin qui alla chercher les siennes dans sa chambre chaotique. Cette vision faisait toujours sourire un peu Reiko, qui relança la plaisanterie à laquelle prit part le rouquin.

    « Heureusement oui... vous comptez aller jusqu'au plafond ? Si ce n'est pas déjà fait... » dit-elle avec un rire léger.


La japonaise eut ensuite envie d'en apprendre un peu plus sur le dirigeant de la Congrégation, Komui. À entendre Lavi, il s'agissait d'un scientifique et d'un inventeur aux innovations un peu tordues. Elle lui demanda le genre de choses qu'il créait, ce qui s'avéra être des robots et des potions étranges, puisqu'il était également alchimiste. Elle n'avait encore jamais vu d'alchimiste ni même de robot, aussi ne pouvait-elle dissimuler sa curiosité.

    « Oh... ''censés'' ? Ce n'est donc pas le cas ? À vrai dire je n'ai jamais vu de robot... ni même de potions d'alchimie. Oh, après tout c'est en se trompant qu'on apprend. Ah vraiment ? J'espère que je la rencontrerais vite en ce cas. »


Quelques instants plus tard ils étaient arrivés à l'étage des bains et chacun partit de son côté pour entrer dans une cabine de douche. Reiko profita longuement du jet d'eau chaude mais pas trop non plus, ne voulant pas faire attendre Lavi trop longtemps. Seulement, à l'issu de sa douche, elle glissa sur le sol mouillé, criant de surprise et de douleur, ce qui eut pour effet de rameuter son camarade exorciste, vêtu simplement d'une serviette autour de la taille, tandis que la jeune femme... n'avait plus rien sur elle. Honteuse de sa maladresse mal venue, elle tâcha de se recouvrir, aidée du rouquin qui na tarda pas à la remettre sur pieds. Elle l'assura qu'elle allait suffisamment bien pour ne pas se rendre à l'infirmerie, lorsqu'elle glissa une nouvelle fois et atterrit contre Lavi, à nouveau dénudée. Ça ne s'arrêterait donc jamais ? L'apprenti Bookman la retint et la redressa tandis qu'elle se répandait en excuses, ne sachant plus où se mettre. Heureusement il ne semblait pas s'être fait mal... jusqu'à ce qu'il chute à son tour.

    « Oui, ça ira... désolée quand même... attentio-aaaah !! »


Tout comme elle l'avait fait, le rouquin s'était rattrapé à la jeune femme pour se retenir de chuter, mais le résultat fut tout à fait le contraire de ce qu'il devait attendre puisque Reiko tomba avec lui. Néanmoins, il fit en sorte d'atterrir sur le sol, épargnant la jeune qui elle retomba sur le corps du rouquin.

    « Lavi !! Est-ce que ça va ? Tu t'es cogné la tête ? » lança-t-elle avec inquiétude, regardant le rouquin.


Son ami ne tarda pas à se redresser en se frottant la tête, aucune trace de sang sur le carrelage, ce qui fit pousser un soupir de soulagement à l'infirmière. C'était dangereux de tomber sur la tête, en tout cas il semblait y avoir eu plus de peur que de mal, comme il se contentait de se frotter l'arrière du crâne et de commenter sa chute... sauf qu'il s'interrompit dans ses propos, ayant l'air d'avoir découvert quelque chose. Reiko ne tarda pas à comprendre de quoi il s'agissait : elle était nue, assise sur lui, sa serviette traînant lamentablement sur le sol et ayant épongé l'eau des alentours. Le visage de la jeune femme vira de nouveau au rouge, mais n'eut le temps de ne rien dire ni de rien faire, seulement de remarquer le regard étrange de Lavi, avant qu'il ne prenne son visage entre ses mains pour l'embrasser soudainement.

La jeune femme se figea un instant, ne s'étant absolument pas attendue à cette réaction de la part du rouquin. Ses pensées cependant tombaient une à une dans le néant, captivée par ce nouvel échange qu'elle avait avec Lavi... un échange qui quelques secondes avant lui était totalement inconnu. Oui, il s'agissait bien là de son premier baiser. Et le moins qu'elle puisse penser – la seule chose, aussi – c'était qu'elle trouvait cela... très agréable. Rei abandonna alors peu à peu sa position figée pour prendre doucement le rouquin dans ses bras, répondant ainsi à son baiser, sentant sa peau agréablement chaude contre la sienne. La différence de température était déconcertante ; autant sa propre chair paraissait fraîche au contact du corps de Lavi, autant elle se sentait bouillir intérieurement. Cela ne s'arrangea pas le moins du monde quand les mains de l'apprenti Bookman migrèrent de ses joues pour se déplacer sur les reste de son corps, lui prodiguant des caresses au point de la faire frissonner, si fort qu'elle crut un instant perdre toute lucidité. Ce n'était pas encore le cas...

    « Hmn... L-Lavi-kun... »


Ce gémissement lui échappa quand le rouquin quitta ses lèvres pour déposer les siennes sur son cou et l'y embrasser. Reiko n'osait pas tellement bouger, pourtant, peu à peu, les gestes lui vinrent presque naturellement. Ses bras noués autour du cou de Lavi finirent par se détacher, une de ses mains s'aventurant dans sa nuque et ses cheveux, tandis que l'autre descendait le long de son dos, lentement. Envahie par ces sensations nouvelles, la japonaise se laissait complètement aller, découvrant l'envie de l'autre, le désir... sentiment apparemment partagé par le rouquin. Obéissant à une pulsion, la jeune femme ramena son visage au sien et l'embrassa à son tour, avec un passion qu'elle n'avait jamais éprouvé auparavant. Elle ne s'en sépara que pour lui chuchoter quelques mots dans sa langue d'origine.

    « Lavi-kun... a-anata ga hoshii... watashi wa shojo desu... »


Reiko était partagée. Avait-elle bien fait de lui dire cela ? D'un autre côté, elle avait seulement voulu être honnête avec lui... doucement, elle se rapprocha davantage de lui pour l'embrasser une nouvelle fois, voulant sentir encore son corps contre le sien. Elle attendit de voir sa réaction avant d'aller plus loin dans ses caresses... pour peu qu'elle sache lui en prodiguer de telle façon à lui faire plaisir à son tour. La jeune femme entrait dans là dans un monde qui lui était inconnu...


Dernière édition par Reiko Hazuki le Dim 25 Nov - 14:21, édité 2 fois
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