◘ ◘ ◘ Un monde déchiré par les guerres, un combat entre le bien et le mal, quel camp sera le votre ? ◘ ◘ ◘
 
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 La Princesse des Cerisiers est là !

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Atsuko Nelka
Correctrice / Protect Cherry
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Messages : 5
Date d'inscription : 06/06/2012
Age : 22

MessageSujet: La Princesse des Cerisiers est là !   Mer 6 Juin - 18:30



Nelka Atsuko





IDENTITE




Nom ♦ | Nelka

Prénom ♦ | Atsuko

Age ♦ | 16 ans

Nationalité ♦ | Japonaise

Groupe ♦ | Humaine

Talent/Métier ♦ | Chipeuse de cerise professionnelle ~

Pouvoir/Arme ♦ | Deux poignards qu'Alyss lui a offert.
(s'il s'agit d'une innocence, précisez son Type)

PHYSIQUE




« Tu devrais être flattée que Jonathan Swift se soit inspiré de toi pour décrire ses lilliputiens. »


La balançoire allait et venait, bercé par le vent irrégulier. Elle grinçait légèrement à la lueur d’un lampadaire. Le square était désert à une heure aussi tardive. Seule, une enfant était encore là. Vraiment ? Les apparences sont parfois trompeuses. Quelques fois, il est difficile de distinguer l’illusion de la réalité. Illusion d’optique ? C’est bien là le problème. Ce n’était pas une enfant mais bel et bien une jeune adolescente s’ennuyant, tuant le temps qu’elle trouvait long comme elle pouvait. Petite. Oui, c’était le mot qui convenait parfaitement. Un chiffre ? Mieux vaut éviter de divulguer une telle donnée lorsque cette fille est dans les parages. Elle n’apprécierait guère. Immobile, elle semble une statue. Pourtant, elle est bien vivante, faîte de chairs et d’os comme tous les humains. Humaine : le mot est faible pour désigner ce qu’elle est réellement. Sa peau pâle la fait ressembler à un spectre. Un fantôme de la civilisation, peut-être.
Les jambes se balançant dans le vide, l’impression d’être confronté à une enfant ne cesse de se renforcer. Tant par sa taille que par son visage. Des traits nets, impeccables, mettant en valeur tantôt ses yeux, tantôt son nez fin, à peine esquissé, semblable à une esquisse. Loin de l’aspect sévère et vulgaire que renvoie bon nombre d’adolescents, la jeune fille, elle, semble ailleurs. À mi-chemin entre ce monde-ci et un autre, encore inconnu pour la plupart. Un sourire. Bref. À peine apparut, il disparaît aussitôt, laissant place à ce visage de marbre où aucune véritable émotion ne peut se lire. Aucun bouton, aucun points noirs ne parent sa peau claire. Est-ce lié au peu de lumière ? Elle est tout simplement ainsi. Des grains de beauté tachent son dos, cependant. Par dizaines, peut-être plus. De toutes tailles, bien entendu. Son menton légèrement arrondi ainsi que sa bouille contribuent à lui donner l’apparence d’une enfant. Mais les comparaisons s’arrêtent là.

Deux prunelles rouges transpercent l’obscurité. Un démon, voilà ce que l’on pourrait penser d’une telle couleur d’iris aussi étrange que la sienne. Serait-ce la raison pour laquelle le parc ne soit pas en train de trembler sous les cris et les rires d’enfants de tous âges ? La nuit a son rôle à jouer, mais pas seulement. Les rubis semblent briller dans la nuit, visible à des mètres à la ronde. Peut-être n’est-ce pas seulement une idée reçue. Des yeux grands, démontrant ainsi la naïveté de la jeune fille ainsi que l’innocence pétillant encore dans ses prunelles. Il faut croire que l’innocence et la naïveté propres aux enfants sont toujours de mise. Un léger coup de crayon souligne la couleur vermillon de ses pupilles. Juste ce qu’il fallait pour que cela ne soit pas trop voyant mais suffisant pour qu’on lui prête attention. Quant à ses iris, profonds et semblables à des rubis, donnant ainsi l’impression que cette personne peur lire en vous comme dans un livre ouvert. Deux billes, deux pierres précieuses semblant mettre à nu la moindre de vos intentions, la moindre de vos états d’âme. D’ailleurs, ne dit-on pas que les yeux sont le miroir de l’âme ? Ceux-ci plongent en chacun pour découvrir ce que certains ont de plus noir en eux. Un véritable tremplin pour contempler la nature humaine.

La chevelure de la jeune fille vole au grès du vent. Un noir de jais se fondant à merveille dans la nuit environnante. Une crinière lui tombant jusque sur sa poitrine en une cascade douce et soyeuse au toucher. Quelques mèches éparses prennent plaisir à s’envoler selon les bons plaisirs de la brise du soir. La petite remit alors bien vite ses cheveux en place, recoiffant par la même occasion la frange lui barrant le front.

Ses habits du jour étaient des plus banales, communs même. Un simple haut mauve par-dessus lequel elle avait cru bon de se couvrir les épaules grâce à une veste noire. Elle trembla lorsqu’une autre brise vint s’engouffrer entre ses jambes. La jupe qu’elle portait voleta quelques instants avant que chacun des plis ne reprennent place. De temps en temps, il lui arrivait de s’habiller grâce à l’un des costumes traditionnels du Japon, les kimonos entre autre. Un vêtement important aux couleurs tantôt vives, tantôt sombres, le plus souvent parsemé de fleurs multicolores. Mais pas aujourd’hui.


MENTAL




« Tu crois que c'est un hasard si l'une des significations de ton prénom est "enfant aux sentiments profonds" ? »


Mais n’est-ce pas rédhibitoire que de vouloir décrire la personnalité d’un personnage en à peine quelques lignes ? N’est-ce pas plus merveilleux que de suivre l’évolution de ce même personnage au fil de l’écriture ? Difficile de tout dire en quelques phrases. Il faut aller à l’essentiel tout en détaillant certains aspect de sa personnalité.

Tomber le masque. Voilà une phrase qu’Atsuko avait très souvent entendu. Que voulait-ils dire par là ? Elle ne comprenait jamais rien à ces expressions ! Assise sur son siège, elle assistait à l’une des répétitions du cours de théâtre. Tout en observant le jeu des acteurs, elle gobait des cerises sous les réprimandes de l’autre furie de professeur. Etait-ce sa faute si elle ne pouvait se passer de ces fruits rouges et sucrées ? De toute façon, elle faisait attention alors où était le problème ? Ce qui dérangeait la vieille était sans doute le fait qu’elle essaye de viser les acteurs répétant sur scène à l’aide des noyaux de cerises qu’elle leur crachait. Mais la précision n’était pas son fort. Ill y avaient énormément de choses dans lesquelles elle excellait. Notamment dans l’art de grimper aux arbres, un véritable ouistiti. Remarquez, les cerises poussent en hauteur, sans doute est-ce pour cela qu’elle est aussi douée en escalade. Grandir au milieu d’une végétation importante devait aider aussi. La petite avait passé la plupart de son temps en hauteur, à essayer de poursuivre les oiseaux ou les écureuils. Un jeu comme un autre, quand on y réfléchit. Un jeu original, certes.

Froide. Oui, c’était ainsi que la plupart des gens qualifiaient Atsuko. Peut-être était-ce parce qu’ils ne la connaissent pas réellement. Qui sait ce que cette carapace de fer peut bien dissimuler ? Certains se plaisaient à utiliser le mot « réservée ». Sans doute n’avaient-ils pas tout à fait tort. La vérité ? Inutile de la conter dans un tel lieu. La vision des autres est différente pour chacun, non ?

Ses peurs, ses craintes, quelles sont-elles ? Pas grand chose à vrai dire. L’eau, pour commencer. Une phobie complète liée à cet élément. La raison ? Rien de bien intéressant à raconter. Toujours est-il qu’elle a une peur bleue de ce liquide. Il est donc tout bonnement logique qu’elle ne sache pas non plus nager. Une araignée montait le long de sa jambe. Lorsqu’elle la remarqua enfin, elle faillit s’étrangler de peur et dérangea la répétition en hurlant devant cet insecte. Les insectes. Une autre de ses phobies. Tout est laid dans une telle bête. Les pattes, l’abdomen, les ailes. Tout. Les araignées sont sans aucun doutes les plus effrayantes. Le corps velue et sombre, les pattes innombrables, des yeux à faire froid dans le dos. Voilà de quoi en faire crier plus d’un, surtout Atsuko ! Seules les fourmis ne l’effraient pas. N’est-ce pas une civilisation à l’état microscopique que ces insectes aux longues antennes, aux six pattes et au thorax noir ? L’observation d’une fourmilière n’est-elle pas le reflet meêm de notre propre société à un niveau bien plus petit, bien entendu.
Elle se leva de son siège et alla observer le temps qui faisait dehors. De la neige. Elle en avait tout simplement horreur. Elle ne supportait pas ces flocons blancs tombant en rafale. Pas que cela soit laid, juste terriblement froid.

Elle retourna s’asseoir, observant le jeu des acteurs – des plus pitoyables – tout en baillant sans aucune retenue. Avec son franc-parler, Atsuko faisait peur à plus d’un. Elle avait pour habitude de toujours dire la vérité en face, même si cela relevait de blesser les personnes concernées. Il n’y a que la vérité qui blesse, de toute façon. De toute façon, lorsque la petite prenait la parole – chose qui était des plus rares – ce n’était jamais pour épargner la personne. En véritable critique, elle exposait toujours son avis, qu’il soit positif ou négatif. D’ailleurs, elle ne donnait pas cher de cette minable pièce de théâtre.

Naïve. Rêveuse. Innocente. Ces mots pouvaient tout aussi convenir pour la décrire. Naïve d’abord car elle croyait à tout et n’importe quoi. Elle boit la plupart du temps les paroles des autres et leur accorde le bénéfice du doute. Quelques fois, ces petits malins ont cru bon de lui raconter n’importe quoi pour s’amuser. Ils ont payé le prix d’une telle farce, d’un tel jeu qu’ils avaient livré dans le but de la manipuler. Rêveuse ensuite car elle a souvent l’esprit ailleurs. Difficile pour elle de se focaliser sur un point en particulier, elle ne cesse de s’évader vers d’autres mondes imaginaires qu’elle se plait à inventer. Rien de bien sérieux pour une adolescente. Croyez-vous que cela soit un hasard si elle aime affubler des surnoms tous plus stupides les uns que les autres aux personnes qu’elle rencontre ? Innocente enfin car elle ne cesse de s’émerveiller pour un rien. Dès qu’elle aperçoit quelque chose de nouveau, elle s’emballe et n’a plus qu’une idée en tête : voir la chose en question de ses propres yeux. Une enfant, une gamine, voilà ce que l’on pourrait penser de cette petite. Et si la réalité était toute autre ? Et si au fond, cette jeune fille était pleine de sagesse ?

Un personnage complexe, je vous l’accorde. Peut-être serait-il temps de faire tomber le masque ?



HISTOIRE




« Le rossignol, qui du haut
d'une branche se regarde dedans,
croit être tombé dans la rivière.
Il est au sommet d'un chêne,
et toutefois il a peur de se noyer. »


Cyrano de Bergerac


La petite s’amusait dans les arbres. Elle coursait les écureuils et essayait d’attraper les oiseaux. Pleins de fois, elle avait agité ses bras et s’était élancée du haut d’une branche. Sa mère l’avait toujours rattrapée. Atsuko était certaine qu’elle aussi pouvait voler. Elle se disait que c’était dans la nature de tout être humain que de savoir battre des ailes. Alors chaque jour, elle essayait encore et encore, de toucher les nuages. Elle riait toujours. Il ne se passait pas un seul jour sans qu’un sourire n’éclaire son visage. Elle était ainsi. Sa jovialité faisait partie d’elle.
Lorsqu’elle s’élança du haut de la cime, sa mère fut là pour la rattraper. Elle n’avait jamais chuté d’une telle hauteur, elle n’était jamais tombée. Elles se serrèrent l’une contre l’autre mais leur étreinte fut vite brisée par un domestique. La mère d’Atsuko était censée se reposer, elle ne devait pas sortir. Ses cheveux commençaient tout juste à repousser, ses yeux étaient plus cernés que jamais. Son T-Shirt mal réajusté laissait voir la cicatrice de son ventre. Une marque jaune sale. Ce fut la première fois qu’Atsuko posa les yeux dessus, elle ne savait pas ce qu’était et ne souhaitait pas le savoir.
La femme rentra dans la demeure familiale, laissant la petite toute seule dans le jardin. Elle s’assit dans l’herbe et se mit à observer les nuages. Elle aimait inventer des formes à tous ces cumulus-nimbus. Ses seuls amis. Elle passait la plupart du temps à leur parler, à essayer de les apprivoiser aussi. Beaucoup diront que cette petite était folle. D’autres commenteront sur sa solitude. Mais la vérité, quelle était-elle ? Seule Atsuko le savait. Cette fillette ne parlait pas beaucoup. Elle n’adressait jamais un mot aux inconnus, discutait très peu avec les domestiques et était peu proche de ses parents. Sa mère ne pouvait jamais être avec elle, elle devait toujours se reposer. Et son père… Son père, elle ne le voyait quasiment jamais. Son précepteur lui avait dit que si elle étudiait énormément, son père serait fier d’elle, ainsi elle pourrait le voir. Mais depuis qu’elle savait lire, elle ne faisait que cela : apprendre. Elle passait la plupart du temps le nez dans ses bouquins, essentiellement la nuit, le jour elle ne cessait de vagabonder dans le jardin. Pourtant elle n’apercevait jamais l’ombre de son paternel. Il restait cloîtré dans son bureau, étudiant différents dossiers. Sa petite sœur, Lily, commençait tout juste à s’éveiller pour les études et avait un goût très prononcé pour la musique. Le violon, plus particulièrement.

Atsuko balaya l’air de la main. Elle souhaitait qu’un nuage à la forme étrange du Diable s’en aille le plus vite possible. Ce personnage lui faisait peur, elle le craignait. Elle se rappelait très bien les histoires que sa mère lui lisait étant petite. Elle ne cessait de lui répéter que si elle n’était pas sage, le Diable et ses sbires viendraient la punir. La petite n’avait jamais chassé cette image péjorative de sa tête. Elle revoyait encore ces cornes et cette queue fourchue qu’illustrait si bien son livre d’images.
Le verre de cerise à l’eau se renversa sur l’herbe fraîche. Un faux mouvement d’Atsuko lorsqu’elle avait vu cette allégorie du démon. Une brise vint s’engouffrer dans le kimono aux couleurs chatoyantes. Elle réprima un frisson mais resta allongée. La soirée s’installait petit à petit. La nuit approchait à grands pas. Elle rentrerait bientôt, elle souhaitait rester dans la lumière, être protégée des ombres. Elle prêtait des propriétés malfaisantes à l’obscurité, aux ténèbres aussi. C’était la nuit que le diable venait pour faire apprendre la politesse aux enfants mal élevés. D’ordinaire, Atsuko n’était pas crédule mais elle croyait dur comme fer à l’existence des Enfers. Chaque nuit, elle craignait de sombrer dans les bras de Morphée. Elle aurait aimé crier, pleurer. Pourtant elle se rappelait sans cesse que sa mère lui avait dit un jour qu’elle devait être forte. Pour elle. Pour eux tous. Elle ne devait pas craquer lorsque les démons de ses cauchemars ressurgissaient. Ses peurs enfouis au fond d’elle-même. Au fond du gouffre.

Elle se leva, les jambes engourdies et s’en alla d’un pas lent et lourd en direction de la salle à manger. Sa mère n’était pas attablée ce soir-là. Elle n’avait pas faim. Atsuko mangea donc en silence sa soupe puis prit la direction de sa chambre. Lorsqu’elle déambula dans le couloir, un violon retentit. Elle passa devant la porte de Lily sans se retourner.
Une fois dans sa chambre, elle jeta le livre qui se situait sur son lit et s’engouffra sous les draps. Là elle pleura à chaudes larmes. Elle ne savait pas pourquoi elle pleurait. Elle savait juste que c’était le seul moyen qu’elle avait pour se sentir mieux, pour exorciser sa peine, pour fuir la réalité aussi. Elle ne supportait plus tous ces mensonge au sein de sa propre famille. D’un côté, son père vivait dans le silence, n’accordant que très peu d’attentions à ses enfants et de l’autre, sa sœur l’ignorait. Elle ne savait plus quoi penser. Elle aurait aimé être comme tous les autres enfants, avoir deux parents sur lesquels compter et avoir une sœur qui soit là. Pour elle.
Elle pleurait pour sa mère qui affichait toujours ce sourire maudit. Si ses lèvres souriaient, ses yeux, eux, étaient vides de toute émotion. Atsuko n’était ni aveugle, ni stupide. Elle voyait très bien que la joie de sa mère était feinte. Elle ne savait pas pourquoi elle se comportait ainsi mais la petite en avait assez de tous ces secrets.
Son père ne voyait pas les deux filles qu’il possédait. Que demandait-il de plus ? Atsuko travaillait dur pour le satisfaire mais lui ne voyait que les mauvais côtés. Il ne l’encourageait jamais, ne la félicitait pas non plus. Atsuko avait conscience de donner tout ce qu’elle avait mais ce n’était pas assez. Il avait honte d’elle. Elle en était sûre désormais. Où étaient les paroles réconfortantes lorsqu’elle en avait besoin ? Où étaient les « je t’aime » ? Où étaient les étreintes affectives ? Il n y avait rien de tout cela dans le comportement de cet homme. De la haine, c’est tout ce qu’elle voyait en lui. De père, il n’en avait que le nom. Rien d’autre.
Lorsqu’elle réussit à trouver le sommeil, les lumières de la demeure étaient toutes éteintes. Seules les quelques lueurs de la Lune parvenaient jusqu’à la chambre d’Atsuko. Elle ferma les yeux et succomba aux doux bras de Morphée.

Lorsque les premiers chants des oiseaux la réveillèrent tôt le matin, Atsuko était encore plus fatiguée que la veille. Son sommeil avait été agité, elle n’avait cessé de crier devant tous ces cauchemars, ces visions d’horreur. Ses joues étaient humides. Elle les essuya, s’habilla d’un de ses traditionnels kimonos si atypiques puis sortit dans le jardin. Elle savait que sa mère venait tôt sur la terrasse, lorsque tous dormaient encore. Pourtant, personne n’y s’y trouvait aujourd’hui. Elle soupira mais se reprit bien vite. Sa mère n’allait pas tarder, elle en était certaine. Les quelques rayons du soleil la réchauffait. Les températures étaient assez fraîches et Atsuko ne put s’empêcher de frémir. Elle regarda le ciel. Un ciel bleu et limpide. Pas un nuage à l’horizon.
En ayant assez d’attendre, Atsuko s’en alla en direction des arbres. Son cerisier était magnifique. Elle le considérait comme étant le sien car elle aimait s’adosser sur son tronc et lui parler, encore et encore. Elle ne cessait de répéter que si ses fruits étaient si bons, c’était grâce à elle. Personne n’avait jamais voulu la vexer en lui affirmant le contraire. Elle commença à grimper sur l’arbre. Elle attrapa une branche, se hissa grâce à la force des bras et commença son ascension. D’en haut, elle avait une vue plongeante. Elle se sentait heureuse, une fois en hauteur. Rien ne pouvait la déloger de son perchoir. Elle aimait sentir le vent caressait son visage, elle aimait l’entendre lui parler, lui murmurer des mots doux dans le creux de l’oreille. Le vent était son ami. Elle se sentait proche de lui. Aussi libre qu’elle, peut-être plus. C’était sans doute cela qu’elle lui enviait. Elle se tenait à peine à la branche, elle n’avait pas peur de la chute. Elle ferma les yeux puis compta jusqu’à dix. Un décompte lent. Un oiseau vint se poser sur son épaule lorsqu’elle arriva à huit. Elle lui sourit. L’oiseau s’envola. Elle regarda le vol du volatile pendant quelques instants puis reprit son décompte.
Dix.
Des coups de feu retentirent.
Elle rouvrit les yeux.
Une domestique arriva, des larmes roulaient sur ses joues, ses habits étaient ensanglantés.

Savez-vous ce qui se passe à la fin d’Un Roi sans Divertissement ? Après tout, ce n’est pas grave si vous ne le savez pas, ce qui nous intéresse pour une fois est la forme et non le fond. Hé bien pour faire simple, notre cher Langlois se suicide. Le rapport avec ce passage ? Comme à son habitude, Giono ne nous dit que ce qu’il souhaite, au plus grand dam de son lecteur. Mais, pour une fois, Giono avait décidé d’éclairer un minimum notre lanterne qui, je dois l’avouer, commencer à s’éteindre depuis tout le long du roman, en nous révélant les circonstances de la mort de Langlois. Le lecteur, seul, ne peut deviner que sa mort n’est autre qu’un suicide même le spectacle affligeant que Langlois nous offre devant Langlois nous permettait de nous interroger sur les raisons exactes d’un tel comportement. Alors à mon tour, je vais vous conter exactement ce qui s’est déroulé dans les moindres détails en essayant de ne rien omettre.

Le combat fut des plus violents. Exorciste contre Akuma. Malheureusement, la fatalité ferait en sorte que seul l’un des deux survivrait. Innocence contre pouvoir maléfique. Cela pourrait presque prêter à sourire si tout ceci n’était pas le quotidien des apôtres de Dieu. Mais voilà, cette sombre guerre en laquelle le monde est plongé n’a rien d’un jeu. Ainsi, la mère d’Atsuko et un Akuma de niveau 2 se faisaient face. Pour une maréchale aussi douée que Franny, l’emporter aurait été une tâche des plus banales. Mais Franny en question souffrait à ce moment d’une maladie qui venait petit à petit à bout de son système immunitaire. Ainsi, un rien aurait suffi pour l’envoyer rejoindre les autres âmes dans l’Au-delà. Et ce rien, ce fut cet Akuma en question.
Toujours est-il que Franny a combattu jusqu’au bout et, alors que l’Akuma avait le dessus, elle a utilisé le peu d’énergie qui lui restait pour achever cette bête infâme. Malheureusement, cela fut de trop. L’Akuma fut détruit, certes mais elle, elle y avait laissé la vie. N’est-ce pas le pain quotidien dans cette guerre sans fin ?




« London Bridge is falling down,
Falling down, Falling down.
London Bridge is falling down,
My fair lady. »


Un livre était entrouvert, posé sur son lit. Un livre que la petite n’aurait jamais dû ouvrir. Elle s’était éprise d’amour pour les lettres ainsi que pour les livres. Elle avait bien l’intention de dévorer tout ceux qu’elle trouverait. À commencer par ceux de la bibliothèque familiale. Elle aimait beaucoup la poésie, notamment Arthur Rimbaud sans oublier bon nombre de romans classiques. Elle avait plus de réticence quant au théâtre, ces tragédies éponymes comme Médée, Antigone ou encore Iphigénie.

Atsuko était en train d’écrire lorsque la mélodie d’un violon retentit. Une mélopée lente, presque triste. Elle en avait assez de cette ambiance mortuaire. Elle se leva et partit en direction de la chambre de Lily. Elle ouvrit la porte d’un coup sec. Le bruit cessa aussitôt. Les yeux sombres de Lily fusillaient du regard son aînée. Mais Atsuko n’y fit pas attention. Cet air que jouait Lily, elle l'avait tout de suite reconnu. Elle s’en alla vers le fond, cherchant du regard cette boîte à musique que sa mère avait offerte à Lily. Elle souleva des piles de vêtements sales, chercha sous le lit mais ne trouva rien. Au bout de plusieurs minutes, la cadette arriva, exhibant fièrement une boîte en satin noir :

- C’est cela que tu cherches ?

Un regard noir anima les pupilles d’Atsuko. Tôt ou tard elle lui ferait regretter son arrogance. Le temps était son ami. Elle patienterait. La vengeance n’est-elle pas un plat qui se mange froid ? Glacial, même.
Deux années plus tôt, la relation des deux sœurs n’était pas aussi critique. Elle ne s’adressait que très peu la parole mais au moins n’en venaient-elles pas aux menaces. Aujourd’hui, la fraternité entre ces deux filles n’existait plus. L’ignorance avait petit à petit cédé sa place à la haine. Une haine qui les consumait toutes deux de l’intérieur. Elle les dévorait. Elle rongeait petit à petit l’humanité qui était en elles. Atsuko était sans aucun doute celle qui était la plus touchée. Qu’était-il advenu de cette petite qui souriait et aimait la vie ? Seules des bribes subsistaient encore. Mais pour combien de temps ? Bientôt toutes ces poussières seraient balayées, cédant la place à une autre.

Tout avait commencé le jour où Atsuko avait vu cette domestique sortir en hurlant de la demeure. Les larmes qui avaient coulées et les cris qui avaient retentis n’étaient pas les siens. Ses yeux n’étaient pas flous, elle avait mal mais se retenait de crier. Tôt ce matin, une domestique était sortie, les yeux humides, les vêtements imbibés de sang et avait trouvé Atsuko suspendue à une branche, inconsciente du drame qui venait de se dérouler. Lorsqu’elle apprit la nouvelle de sa mort - que l'on avait pris soin d'arranger de façon à ce qu'elle meurt de par sa maladie et non tuée par un Akuma - Atsuko ne réagit pas d’abord, ne versa pas une larme. Elle refusait d’y croire. Elle pensait que sa mère avait fait semblant, qu’elle allait se réveiller. Mais cela n’était pas un conte de fée mais bel et bien la réalité. Quelques jours plus tard, elle vit son père parler avec un homme vêtu de noir. Elle ne savait pas qui il était mais devina qu’il était important. Elle ne demanda rien et passa devant comme si de rien n’était. Son père ne lui avait pas adressé un seul regard. Elle s’était alors réfugiée vers les livres, n’avait cessé d’étudier la littérature et passait son temps à écrire toutes sortes de choses. Lorsque la nuit tombait, elle rêvait qu’elle aussi révolutionnait le monde grâce à ses textes comme Hugo ou Voltaire. Elle s’endormait avec l’envie de devenir un jour écrivain.
Sa sœur, elle, s’était davantage axée sur la musique. Elle s’était enfermée dans un silence religieux que seul brisait les notes que jouait son violon. Elle n’ouvrait presque plus la bouche. Elle avait commencé à chérir cette boîte à musique que sa mère lui avait offerte. L’avait veillée et y tenait comme à la prunelle de ses yeux. Il ne passait pas un jour sans qu’elle ne l’ouvre pour écouter la mélodie qui s’en échappait. Elle connaissait par cœur les paroles de cette comptine.

Atsuko ressortit de la chambre, un dernier regard haineux posé sur la boîte à musique. Elle s’en alla en direction de la cuisine.
Elle sortit de la salle et bifurqua en direction de la cuisine. La simple vue de Lily près de cette stupide boîte à musique avait suffi pour l'énerver. Elle se servit une bonne rasade de cerise à l’eau. Et, il faut le dire, il y avait davantage de sirop que d’eau. Elle se désaltéra puis entendit des pas. Elle se retourna et vit son père qui allait chercher un café. Cela faisait tellement longtemps que ces deux-là ne s’étaient pas adressés la parole. Peut-être devait-elle faire le premier pas ? Mais comment réagirait-il ? Devait-elle s’excuser ? Oui, mais de quoi ? Que lui reprochait-il ? Elle décida que la meilleure solution était de demander, ainsi elle pourrait être fixée. Elle n’était plus une gamine désormais, elle avait l’âge de comprendre. Si autrefois les discutions de grands lui étaient interdites, ce n’était plus pareil maintenant. Elle avait grandi, plus mature aussi.

- Dis, Papa…

Sa phrase resta en suspens. Son père n’avait même pas cillé lorsqu’elle l’avait apostrophé. Elle s’obligea tout de même à poursuivre.

- Dis Papa, pourquoi me hais-tu à ce point ?

Silence.
Les mots étaient sortis d’eux-mêmes. À peine furent-il prononcés qu’elle les regretta aussitôt. Il était trop tard maintenant, le mal était fait. Mais au fond, Atsuko n’avait peut-être pas tord. Une ignorance répétée ne pouvait que conduire à une haine profonde, inimaginable aussi.

- Tu n’es rien pour moi.

La petite faillit s’étrangler avec son sirop. Elle s’était déjà imaginée plusieurs fois poser ce genre de question à son père. Mais jamais elle n’avait envisagé cette possibilité. Rien ? Que voulait-il dire par là ? Elle ne savait plus quoi penser. Elle avait envie de hurler, de crier sa rage mais rien ne sortit. Pas un mot, pas un son.
Son père s’en alla, son expression était toujours neutre. Rien n’avait changé en lui. Il avait prononcé cette phrase avec un calme déconcertant. Avec un naturel qui n’était propre qu’à cet homme. Il l’avait dit, et c’était tout.
Une boule coincée au fond de la gorge, Atsuko remonta. Les escaliers grincèrent sous son poids. Le violon avait recommencé à jouer. Si Atsuko était parano, elle aurait pu jurer que les cordes grinçaient d’une étrange façon. Un peu à la manière d’un rire. Un rire sec et noir qui n’avait rien de plaisant.




« Il était une fois deux êtres destinés à s’aimer pour toujours. Malheureusement, suite au mauvais sort d’une sorcière, le prince de la jeune damoiselle s’éteignit du jour au lendemain. Laissant la jeune et belle princesse seule, la jeune fille n’eut pas d’autres choix que d’avancer pour surmonter cette épreuve. Entourée de ses semblables, elle réussit à faire preuve de courage et cessa une bonne fois pour toute de pleurer son prince. Elle mit énormément de temps à s’en remettre mais lorsque le moment fut venu, elle était prête. Elle ne cessa jamais d’oublier son passé mais réussit à entrevoir son futur. L’avenir est effrayant, c’est pour cela qu’il est coutume aux Hommes de se réfugier dans leurs souvenirs, aussi douloureux soient-ils. Voilà quel serait le conte de fée que j’écrirais si il m’en était permis. »


L’air était un délicieux mélange d’odeur de pop-corn, de barbe à papa, de gaufres, de crêpes et de pommes d’amour. Alyss ne tenait pas en place et courait partout, traînant Atsuko par la main. Lily elle, était loin derrière, elle avait, pour une fois, lâché son violon et était partie s’amuser, comme tous les enfants de son âge. Atsuko ne cessait de râler, ce qui amusait davantage Alyss. Les deux fillettes allaient d’un manège à l’autre. Dire qu’il y a encore six ans, la ville était si peu prospère que pour Pâques il n’y avait qu’un misérable carrousel sur la grand-place. Aujourd’hui, c’était une immense fête fontaine joyeuse et criarde qui divertissait les petits et les grands. Alyss avait des étoiles plein les yeux lorsqu’elle mangea pour la première fois une barbe à papa. Elle avait dû insister pour qu’Atsuko accepte de venir avec elle.
Non loin, Lindsay, la sœur jumelle d’Alyss s’amusait elle aussi. La seule qui trouvait cela terriblement ennuyeux était Atsuko. Ces couleurs étaient aveuglantes, ces musiques bruyantes et les odeurs nauséabondes. Non, il n’y avait vraiment rien d’intéressant à voir ou à faire à une fête foraine. Elle croqua à pleine dent dans la crème glacée de sa glace italienne à la cerise. Le froid la fit tressaillir d’abord mais elle renouvela l’expérience. Elle aurait tout aussi bien pu passer son week-end dans les bouquins que ça en aurait été aussi, voire plus intéressant. Elle soupira.
Ses yeux se posèrent alors sur Alyss. Elle était un peu plus grande qu’Atsuko et ça, Atsuko n’aimait pas cela. Alyss faisait carrément une tête de plus qu’elle ! Ses cheveux étaient blonds et ses pupilles bleues. C’était à croire qu’Alyss avait honte de son corps car elle dissimulait toujours ses formes sous des vêtements noirs et disgracieux. Pourtant Atsuko la trouvait très jolie. Mais bon, ce défaut était peut-être de famille car Lindsay, elle, n’arborait que des habits du style « militaire », c’est à dire des vêtements amples et de couleur kakis. Atsuko soupira à nouveau, cette fois-ci devant les ressemblances qui unissaient Alyss et Lindsay. Lily et elle ne se ressemblaient en rien. Leurs goûts étaient différents, leurs opinions, leurs façons de s’exprimer et leurs caractères aussi. Seuls subsistaient les traits du visage et les longs cheveux noirs. Lily faisait la même taille qu’Atsuko, ce qui rappelait à l’aînée à quel point elle était petite.
Alyss entraîna Atsuko vers un carrousel proche. L’une s’assit sur un cheval en bois et l’autre prit place dans un carrosse. Elles essayèrent d’attraper le pompon qui se balançait d’avant en arrière. Finalement ce fut Alyss qui réussit à l’attraper la première. Elles rigolèrent longuement avant de s’éloigner du manège. Alyss offrit le pompon noir à Atsuko, qui l’accepta volontiers.
Lily retrouva bien vite sa grande sœur, qu’elle croyait avoir perdue et ne la lâcha plus d’une semelle. Atsuko soupira à nouveau. Si elle devait compter le nombre de fois où elle soupirait en une journée, le résultat serait forcément élevé.
Alyss lui hurla une phrase dans les oreilles qu’elle ne comprit pas. Ce n’était pas à cause de la musique environnante qu’elle n’avait pas saisi les propos d’Alyss mais plutôt à cause des pensées qui vagabondaient dans son esprit. Les yeux des deux fillettes se croisèrent et le souvenir de sa rencontre avec cette jeune excentrique ressurgit alors dans son esprit, un peu à la manière d’un flash.

Atsuko avait six ans. Elle jouait tranquillement dans le parc de la ville, sa gouvernante non loin l’observait du coin de l’œil. Elle tenait par la main sa petite sœur, Lily, qui s’amusait dans le bac à sable, en renversant des poignées entières sur Atsuko. Mais la fillette en kimono ne bronchait pas. Elle souriait juste. Sa petite sœur avait bien le droit de s’amuser un peu, même si c’était au dam de son aînée. Elles riaient bruyamment lorsqu’un autre rire se joint aux leurs, puis encore un autre.
Deux fillettes du même âge qu’Atsuko leur faisaient face. Elles s’observèrent longuement. Intimidée, Lily détourna le regard et s’en alla vers la gouvernante, timide et apeurée.
Atsuko détailla les deux filles qui avaient pris place dans le bac à sable. Elle ne souriait plus maintenant. Elle les observait juste. Intimidée, une des deux jumelles s’en alla faire un tour de toboggan.
Sur ce, elle l’abandonna avec Atsuko.
Atsuko et l’autre se toisèrent. L’une bougea ses mains. Atsuko plongea ses yeux dans ceux de l’individu, grandes flaques placides, et se demanda ce à quoi elle pouvait bien songer. L’autre fillette la regardait avec douceur. Ni l’une ni l’autre ne cillaient. Ni l’une ni l’autre ne prononçaient un mot.
Une heure plus tard, quand elle revint accompagnée de la gouvernante, Lily les découvrit dans cette posture.

Elles se revirent plusieurs fois et apprirent à se connaître. Le plus souvent, c’était surtout Alyss qui parlait, Atsuko, elle, se contentant d’écouter ce que sa nouvelle amie lui racontait.
Une personne ne connaissant pas Atsuko aurait pu penser que cette dernière se fichait d’Alyss mais ce n’était pas du tout le cas. Atsuko y tenait comme à la prunelle de ses yeux. Et Alyss le savait. À la différence des autres, Atsuko ne montrait jamais ce qu’elle ressentait réellement, on ne pouvait être sûr de rien avec elle. Pourtant Alyss savait toujours quand son amie avait des problèmes et savait ne pas se montrer indiscrète. La curiosité était un défaut dont Atsuko avait en horreur. Son amie l’avait très bien compris.
Une fois, Lily était restée avec Atsuko et Alyss, les observant. Les deux amies ne faisaient que de se fixer.
Comme deux chiens de faïences.
De temps à autre, l’une d’elle ouvrait la bouche, mais jamais pour parler longuement, souvent quelque chose de court.
Après cette expérience troublante, Lily n’avait plus jamais insisté pour pouvoir aller avec Atsuko voir Alyss.

Les hurlements des mômes près des manèges firent sortir Atsuko de sa rêverie. Elle n’oublierait jamais sa rencontre avec sa meilleure amie. Le moindre détail était gravé dans sa mémoire.
Elles mangèrent des glaces à l’italienne, Lily toujours sur leurs talons puis s’en allèrent faire une dernière fois un tour de carrousel. Atsuko affectionnait beaucoup ce manège-ci. Elle se souvenait très bien que lors de leur première rencontre, un vieux carrousel était positionné dans le parc. Elle l’avait vu de loin mais se rappelait encore précisément la musique qui en émanait. Un air étrangement similaire à celui sur lequel Atsuko et Lily étaient en ce moment même.

- Tsu… Il fallait que je te dise quelque chose. Je vais partir d’ici.

Atsuko releva la tête à cette phrase. Alyss partir ? Impossible ! Elle avait l’impression que son univers s’écroulait petit à petit. Pourquoi Lys voulait-elle la laisser toute seule ici ? Hors de question de rester dans cette ville si Alyss partait.

- Tu t’en vas ? demanda-t-elle d’une petite voix, mais pour aller où ? C’est chez nous ici.

Alyss ne daigna pas répondre de suite, cherchant ses mots. Au bout de ce qui sembla durer une éternité pour Atsuko, sa meilleure amie ouvrit enfin la bouche :

- Je suis une exorciste, Tsu. Je le sais depuis peu. Je dois donc rejoindre les autres exorcistes pour lutter à leurs côtés contre le mal, si tu préfères.

Elle tendit l’oreille. Elle ne comprenait rien à tout ce charabia. Exorciste, c’était quoi ? Pourquoi Alyss ne prenait-elle pas le temps de tout lui expliquer en détails ? Cela serait tellement plus simple. Elle baissa la tête, confuse. Elle ne voulait pas perdre sa meilleure amie. Pas maintenant, pas si soudainement. C’était tellement injuste. Qui donc décider de qui devait devenir exorciste ou non ? Qui dit lutte veut dire combat et qui veut dire combat signifie mort, c’est indéniable. Ainsi, son amie allait au front pour combattre, tuer peut-être. Quelles étaient ses chances d’en ressortir indemne ? Quel était donc ce mal dont elle venait de parler ? Ici, à Portland, le seul souci que les habitants semblaient avoir était de veiller au bon soin de son jardin. La guerre avait épargné les Etats-Unis mais faisait nombre de dégâts en Europe et en une partie de l’Asie.
Atsuko s’agrippa au cou d’Alyss pour lui faire un câlin. Elle ne voulait pas que cette dernière s’en aille mais elle connaissait sa meilleure amie, peu importe ce qu’elle dirait, elle ne changerait pas d’avis. Alors que pouvait-elle espérer si ce n’est de revoir un jour Alyss saine et sauve ? À douze ans, ce n’est pas censé de laisser une enfant combattre pour telle ou telle raison. Aucune guerre ne devait se payer par le sacrifice de sa meilleure amie. Sacrifice, il y avait bien. Les principaux acteurs de cette guerre portaient le sombre nom d’Akuma, voilà tout ce qu’Atsuko savait. Elle n’avait guère compris si ces êtres étaient des humains, des morts, voire des machines, elle savait juste que ces monstres étaient difficiles à tuer. Elle avait bien essayé d’en apprendre un peu plus sur ce sujet-ci mais les articles qu’elle avait trouvé les mentionnant dans l’immense bibliothèque étaient tous plus flous les uns que les autres. Mais elle avait foi en Alyss, elle savait que cette dernière réussirait à vaincre ces maudits Akuma, dussent-ils être des créatures effroyables, elle les vaincrait.

- Je m’en vais ce soir. Veille sur Lindsay pour moi.

Ce soir ? À peine apprenait-elle la nouvelle que déjà, son amie lui était retirée ! Etait-il vraiment nécessaire de se hâter en direction de la mort ? Sans doute Alyss n’avait-elle pas compris toute la situation. Peut-être prenait-elle tout cela pour un simple jeu ? Ekke n’avait pas conscience qu’elle était en grand danger sur le champ de bataille. Il fallait la ramener à la raison.

- Tu ne peux pas partir comme ça du jour au lendemain ! Je veux pas que tu me laisses toute seule ici !

Alyss câlina longuement Atsuko jusqu’à ce qu’elle se taise enfin.
La nuit était tombée désormais. Il était l’heure de rentrer.
Lily poussa un bâillement légèrement exagéré.
Son aînée la fusilla du regard.
Atsuko attrapa la main de sa petite sœur puis dit au revoir à Lindsay et à Alyss.
Atsuko serait bien restée encore un peu mais sa gouvernante avait dit de rentrer dès que Lily serait fatiguée et, de préférence, avant qu’il ne soit trop tard. Elle savait très bien que sa cadette était plus morte d’ennui que de fatigue mais ne daigna pas en faire la remarque. Elle avait déjà assez d’ennuis avec elle, pas la peine d’en rajouter en se disputant avec la petite.
Elles arrivèrent à la maison, Lily fonça dans le frigo chercher quelques carrés de chocolat.
Atsuko, elle, resta sur le pas de la porte.
Elle soupira une nouvelle fois avant de franchir le seuil. Toute cette richesse ne l’avait en aucun cas manqué durant sa journée. Elle enviait tellement Lindsay et sa famille. Si tout était à refaire, elle n’hésiterait pas et irait vivre avec eux ou bien choisirait d’avoir des parents ni riches ni pauvres. Juste corrects.




« Qui a dit : "Un roi sans divertissement est un homme plein de misères" ? »
Un Roi sans Divertissement ; Jean Giono

Atsuko observa la boîte à musique qu’elle tenait entre les mains – elle l’avait chipée à Lily lorsque cette dernière avait eu le dos tourné – et ne cessait de l’observer sous tous les angles. Alors c’était ça, une innocence ? Alyss lui avait dit qu’une innocence pouvait arborer différentes formes mais la plupart du temps les exorcistes s’en servaient sous forme d’armes. Enfin, ça, c’était pour tous les exorcistes dits « équipements ». Pour le reste, elle n’avait pas très bien saisi tout ce que Alyss avait daigné lui expliquer. Elle avait hoché la tête à chacune de ses phrases mais elle n’en avait pas écouté les trois quart tant elle avait été heureuse de revoir sa meilleure amie saine et sauve.
Comment se faisait-il qu’une innocence traîne chez elle ? N’étaient-ce pas des objets précieux que les exorcistes se devaient de rapporter à elle ne savait quel crétin de leur organisation secrète ? Elle reposa la boîte avec précaution sur son dessus de lit.

Elle se dirigea vers la fenêtre et observa la ville de Londres qui s’étendait sous ses yeux ébahis. C’était autre chose que Portland, Londres ! Cette ville était magnifique ! L’architecture avait su la séduire ici. Et comment oublier l’Angleterre, pays de Shakespeare ? Dommage qu’elle ne soit pas à Stratford. Au moins aurait-elle pu visiter sa maison natale. Mais bon, elle n’avait pas à se plaindre. Londres était une belle ville qui recelait de ses monuments et de ses éléments cultures qui lui étaient propres.
Dans un sens, heureusement qu’elle était partie. Elle ne supportait plus le calme de l’Oregon. L’Angleterre lui correspondait bien plus. Portland sans Alyss n’avait plus rien de Portland. Tout était devenu si sombre et vide depuis qu’elle était partie. Un peu comme si la ville elle-même se refusait à accepter le départ d’un de ses habitants. Avec Alyss, c’était une part de joie qui s’en était allée.

Elle reporta son attention sur la pseudo innocence. Pourquoi les exorcistes n’étaient-ils toujours pas venus chercher cette stupide boîte à musique si elle leur était si précieuse ? Depuis le temps, Alyss aurait dû leur dire qu’une innocence traîner par ici. Après tout, cela ne la regardait pas. Les exorcistes savaient mieux qu’elle ce qu’il fallait faire ou non en matière d’innocence. Alyss lui avait bien dit que c’était l’innocence et l’innocence seule qui choisissait son compatible. Vu la façon dont Lily se comporte avec cette simple boîte, il ne serait guère étonnant que sa sœur devienne exorciste d’ici peu. Elle ouvrit la fenêtre, se pencha légèrement et cracha un noyau de cerise sur un passant un poil trop pressé à son goût. Touché.


SIGNE PARTICULIER




« Si tu avales un noyau de cerise et que tu l'arroses avec de l'eau, est-ce qu'un arbre va pousser ? »


~ Il n'est pas rare de voir Tsu manger des cerises ou même cracher des noyaux sur les gens tout comme si vous la cherchez, levez les yeux vers le ciel ~
~ Elle est souvent affublée de kimonos, peu importe les saisons ~
~ Elle aime trouver des surnoms totalement stupides aux personnes qu'elle rencontre ~
~ Il lui arrive de s'exprimer par monosyllabe comme "Tss" ou "Kyaaa" (me demandez pas ce que cha veut dire, je ne suis pas un dico) ~


H.R.P



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Pu-bli-ci-té !!!


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Dernière édition par Atsuko Nelka le Mar 12 Juin - 13:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La Princesse des Cerisiers est là !   Lun 11 Juin - 17:51

Magnifique pub, comme toujours xD *fier*

Ma foi, rien à redire, mais bon, pas étonnant xD Plus qu'à attendre que mistinguette de colle ta couleur et roule ma poule ! ~ ♪
(ce sera pas avant demain ou après demain au mieux par contre)

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MessageSujet: Re: La Princesse des Cerisiers est là !   Sam 16 Juin - 14:33

Les images ♥ ! Les citations ♥ !! Et ton vava ♥♥♥ !

Bienvenue ma petite fille des enfers adorée. Ne manges pas toutes nos cerises et prends bien soin de nos koalas.



♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦


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MessageSujet: Re: La Princesse des Cerisiers est là !   

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